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Alger-centre

La rue Tanger reconvertie en voie piétonnière

La rue Tanger, située au cœur d’Alger, constitue un véritable espace commercial. ©D. R.

Un registre est ouvert auprès du comité de quartier, exhortant les résidents à s’exprimer quant à la fermeture ou pas de la rue Tanger au trafic routier et sa reconversion en piétonnière.

L’exiguïté de la rue Ahmed-Chaïb, ex-rue Tanger, et l’étroitesse de ses venelles ont fait germer au sein de l’exécutif municipal d’Alger-Centre l’idée d’en faire une piétonnière, a-t-on su du maire Bettache Hakim : “Dans un proche avenir, l’ancienne rue Tanger sera reconvertie en voie piétonnière, et la conduite du projet s’esquissera à l’issue du programme de  modernisation du cadre bâti, où on inventorie un parc de 21 édifices en cours de rénovation qui a requis l’allocation de 1,5 milliard de DA”. À ce sujet, un registre est ouvert auprès du comité de quartier de la rue Chaïb-Ahmed, exhortant les résidents à s’exprimer quant à la fermeture ou pas de la rue Tanger au trafic routier et sa reconversion en piétonnière : “Plus qu’une enquête de commodo et d’incommodo, le recours à l’avis du voisinage se veut avant tout une enquête préalable diligentée par les services techniques de l’APC en vue de recueillir l’opinion de nos concitoyens. Mieux, la quête diversifiée d’avis est aussi l’occasion de cerner les besoins des riverains, dont nous devons tenir compte afin d’enrichir davantage l’aspect social de la maîtrise d’œuvre. Du reste, nous demeurons confiants quant à l’adhésion des habitants au projet d’une voie piétonnière, comme elle le fut en 1930, eu égard à l’arrêté préfectoral interdisant la circulation automobile et les charrettes entre la tranche matinale de 10h à 12h30 et de 16h jusqu’ à 20h”, a ajouté notre interlocuteur. 50 millions de dinars ! C’est l’enveloppe budgétaire allouée à la renaissance de la rue Tanger, où le cas de l’îlot sis à l’embouchure du passage des Frères-Merakza (ex-rue du Coq) et qui est perpendiculaire à la rue Larbi-Ben M’hidi illustre, si besoin était, l’ampleur de la tâche. S’il en est une preuve d’une besogne gigantesque, celle-ci est à découvrir dans les vestiges de l’ancien restaurant ouvert sur la terrasse de la salle de cinéma le Marivaux. En ce lieu-ci, où les murs vacillent, l’essentiel de l’estimation et de la quantification de la fiche technique du chantier dicte de remettre à neuf ce patrimoine de biens immeubles vidés de leurs habitants à l’issue de l’opération de relogement de la wilaya d’Alger durant l’exercice 2015. Outre cela, il y a l’autre axe pour accéder  à la rue Tanger du côté de la rue Ali-Boumendjel (ex-Durmont-d’Urville), où il est loisible au visiteur d’aller sur la voie de la mystique à la séculaire mosquée El-Âatiq de rite ibadite, vieille d’un siècle et demi, construite sur un terrain qui était un don d’une dame en 1810 au beylik, a-t-on appris de l’imam Abdelwahab. “Le quartier où s’était donné rendez-vous la corporation d’imprimeurs fut édifié sur un cimetière durant la première décade de la colonisation qui a suivi la conquête d’Alger le 14 juin 1830”, a tenu à préciser notre interlocuteur. Autre axe retenu dans la reconversion de la rue Tanger, la venelle des Frères-Amar et Hamoud-Ader aussi contiguë à l’ancienne rue d’Isly, où les travaux de rénovation de l’immeuble dit Eau, gaz et TSF vont cahin-caha, sinon à l’allure escargot. Au demeurant, il est enfin temps d’être au chevet de l’autre venelle baptisée Mohamed-Sidhoum qui menace ruine et où excellait derrière ses fourneaux, le défunt Ali Khelil Amar, alias Ali El-Moro, connu et apprécié sous le sobriquet du “Roi de la loubia” par les gourmets du tout-Alger. Autant dire que l’idée est généreuse de redorer le blason ô combien terni de ce lieu, où “Charlie Chaplin, Charlot pour les intimes, fut entouré en 1931 par les imprimeurs lorsqu’il quittait sa chambre à l’hôtel Aletti, l’actuel Safir, pour se dégourdir les jambes et manger un morceau”, écrivait mon ami et confrère Rachid Lourdjane, qui relate en 1937, l’incursion de Jean Gabin qui était l’hôte du musicologue Iguerbouchene à s’attabler au restaurant chic le Bosphore entre deux séquences de tournage du film Pépé le Moko de Julien Duvivier. Pour qui s’en souvient, l’ombre de la “Perle noire” qu’était la star du football Larbi Ben Barek hante le Bosphore, où se donnaient rendez-vous de talentueuses plumes de la presse nationale, dixit encore Rachid Lourdjane. C’est dire l’urgence qu’il y a à sauver la rue Tanger, où le philosophe Allemand Karl Marx se promenait jadis, lorsqu’il descendait à l’hôtel d’Angleterre. Et rien que pour ça, la rue Tanger mérite bien un programme de confortement à la dimension d’un plan Marshall. Certes, il y a place au scepticisme, lorsqu’on sait ce qu’il est advenu de l’expérience des piétonnières de Larbi-Ben-M’hidi et de Ferhat-Boussad (ex-Meissonnier), aménagées de concert en l’an 1982 pour être, on s’en souvient, au rendez-vous des festivités du vingtième anniversaire de l’indépendance, mais qui n’ont malheureusement pas fait long feu. Un horrible exemple de l’argent public jeté par les fenêtres, pour paraphraser l’animateur de l’émission : “Combien ça coûte ?”.

Louhal N.


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