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A la une / Actu-Alger

Les petits métiers d’antan

Profession matelassier

Matelassier, un métier en voie de disparition. ©D. R.

L’un se nomme O. Noureddine et l’autre s’appelle S. Kamel. Ils sont issus tous les deux du quartier du Ruisseau, où ils ont été à l’école de B. Azzouaou dit “âmmi” H’cène, chez qui ils ont apprit l’abécédaire du parfait ouvrier-matelassier. C’est qu’ils font partie à présent de l’ameublement urbain du square de poche de Kouba, où depuis 1978 le duo de “tarrahine” exerce à la place Mohamed-Laïchaoui (1929-1959), contiguë au siège de la mairie de Kouba. Debout au pied de leurs tréteaux qui soutiennent le lit conçu de baguettes de 2 m de long et sur lequel est posé “m’darba” (matelas), l’un et l’autre manient avec dextérité la grosse aiguille au chas de laquelle pend une pelote de gros fil. D’ailleurs, pour peu qu’il fasse soleil, nos “tarrahine” sont là, à côté de l’amas de laine que le bourrelier effile d’un geste ordonné. “Il en est ainsi depuis 1973, où j’ai quitté l’ancienne école Mirabeau du Ruisseau pour intégrer l’atelier de âmmi H’cène, où j’ai appris le métier de matelassier”, a-t-on su de Noureddine qui n’a pas cessé d’encadrer à son tour d’autres apprentis qui lui doivent aujourd’hui le métier, à l’instar de Rachid à la rue Ferhat-Boussad (ex-Meissonnier), Fateh et Yahia à Hussein Dey et Rabah dit “Rougi” à Kouba. C’est donc à l’issue d’une carrière qui n’a rien à envier à celle d’un rond-de-cuir qu’il s’est heurté au refus de l’octroi d’une carte d’artisan. Dommage, ça aurait pu lui ouvrir l’horizon d’une retraite amplement méritée. Mais qu’à cela ne tienne, Noureddine continue de faire la joie des ménagères, puisqu’il démêle au jour le jour la laine pour redonner vie et confort aux matelas. Bien entendu, le lavage et le séchage de la laine est du ressort de la fée du logis, qu’il lui convient de convenir d’un rendez-vous au préalable avec le matelassier, pour redonner forme aux vieux matelas de famille. Du reste, le métier de “tarrah” a encore de beaux jours devant lui ! En témoigne le matelassier H. Achour de la rue Abdelkader-Dziri (ex-Viviani) à El-Biar qui fait de la résistance aux côtés d’autres de ses collègues qui ont choisi le mode à la criée et qui écument Télemly jusqu’à Aïn Naâdja. Au demeurant, c’est le retour des petits métiers et c’est tant mieux pour le patrimoine.

N. L.


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