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Agressions contre les manifestants vendredi dans certaines wilayas

À qui profite la “baltaguia” ?

La non-violence, substrat du mouvement populaire du 22 février. © Yahia Magha/Liberté

“Il y avait des gens armés de couteaux, d’épées, de barres de fer et de bâtons qui nous attendaient.” Ce témoignage est celui d’un jeune Bordjien dont les propos ont été rapportés hier par “Liberté”.

Pour la première fois depuis le début du mouvement en février, des individus affublés du vocable “baltagui”, mot égyptien désignant un homme de main, payé par le pouvoir en place pour lutter contre l’opposition politique, ont tenté de  perturber  la  marche  hebdomadaire  de  Bordj Bou-Arrérridj.  Selon ce témoignage, il aura fallu l’interposition des forces de sécurité et l’intervention de certains sages pour éviter une bataille rangée entre les manifestants et ces individus hostiles à la manifestation. 

L’incident aurait pu être catalogué de marginal, n’eût été la survenue de cas similaires dans plusieurs villes du pays. C’est le cas notamment à Oran, à Annaba, à Constantine ou encore à Batna. Dans la Ville des Ponts, moins d’une trentaine d’individus ont tenté par tous les moyens d’“interrompre la marche de milliers de citoyens sous l’œil passif du service d’ordre qui a laissé faire une poignée de ‘baltaguia’ surchauffés et vraisemblablement missionnés pour embarrasser des marcheurs pacifiques à même d’engendrer des dérapages”, rapportent les mêmes sources.

“N’était la sagesse dont ont fait preuve les hirakistes, des violences auraient pu se produire tant les provocations étaient outrancières (…)”, précisent-elles. Dans la capitale de l’Ouest, autant au début de la marche qu’à la fin, certains participants ont même été agressés et insultés.

Des images similaires ont  été également  rapporteés  d’Annaba  où  les quelques marcheurs qui se sont regroupés sur le Cours de la Révolution ont non seulement été empêchés d’entamer leur procession, mais ont également essuyé insultes et menaces d’une centaine de citoyens qui les avaient devancés sur l’esplanade du théâtre régional Azzedine-Medjoubi, selon notre correspondant sur place.

De  vifs  échanges  et  de  chaudes  empoignades  ont eu  lieu  entre  les protagonistes  avant que des éléments  des  services  de  sécurité n’interviennent en usant de bombes lacrymogènes. Conséquence : plusieurs arrestations et des blessés. Des médias ont aussi rapporté des scènes qui ont eu pour théâtre la ville de Batna.

Si pour l’heure, ces “dérives” sont circonscrites à quelques wilayas, il reste que leur simultanéité suscite de légitimes interrogations. Qui a intérêt à semer la discorde alors que le mouvement populaire a fait preuve jusque-là d’un pacifisme exemplaire ? Ces dérapages sont-ils l’œuvre d’individus excités, contrariés par la mobilisation populaire ? 

Ou sont-ils missionnés pour provoquer des troubles à même de justifier des interdictions à venir ? Peu avant l’apparition de ce phénomène éprouvé sous d’autres latitudes comme en Égypte, des marches populaires, après avoir été tolérées des mois durant, ont été interdites dans de nombreuses villes, particulièrement dans l’ouest du pays, comme à Aïn Témouchent, à Sidi Bel-Abbès, à Relizane ou encore à Tiaret. 

Ce week-end, l’apparition des baltaguia a concerné principalement des villes de l’est du pays. C’est à croire, qu’on est, de façon confuse, face à une stratégie inspirée visant à égarer le mouvement populaire, dont la poursuite de la mobilisation semble donner du fil à retordre aux tenants du pouvoir. 
 

K. K.

 

 



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