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Médecins généralistes comptabilisant 5 ans au sud

Accès au résidanat sans concours


Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohammed Miraoui, a signé avec son homologue de l’Enseignement supérieur une convention permettant aux médecins généralistes ayant accompli les cinq années de service civil dans les régions du Sud d'accéder à la formation en médecine spécialisée sans passer par le concours d’admission. Cette décision pose un problème d’éthique. En effet, si l’on décide d’instaurer aux médecins généralistes un concours national pour l’accès à des spécialités, cela suppose que le nombre de places à pourvoir est limité faute de postes budgétaires suffisants. L’autre argument qui pourrait être mis en avant est que par définition, un concours est une compétition organisée afin de sélectionner les meilleurs candidats. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique voudra, de ce fait, choisir les meilleurs parmi les postulants qui mettront leur capacité intellectuelle et leurs compétences au service des hôpitaux vers lesquels ils seront affectés. Dans pareil cas, la chance est donnée à tous les médecins qui remplissent les conditions de participation à cet examen.
L’accès au résidanat accordé aux médecins ayant exercé pendant 5 années au Sud sans passer le concours est un privilège qui n’a pas de justificatif pédagogique. Car, les futurs heureux élus bénéficieront des postes au détriment de ceux qui passeront le test en dépit des résultats qu’ils obtiendront. Cela ne peut être qu’une iniquité entre candidats censés, en principe, avoir les mêmes chances de réussite ou, du moins, de participation à une même épreuve. Le concours d’accès au résidanat est une étape très importante et déterminante pour la plupart des étudiants en médecine et des médecins généralistes, et pour certains, ils commencent à y penser dès l’externat. 

Quand bien même les généralistes auraient assuré 5 ans de service au Sud dans des conditions certainement difficiles, cela ne peut aucunement constituer une raison pour justifier cette faveur que l’on accorde à une partie des candidats et non pas à une autre. “C’est une décision régalienne prise par le ministère de la Santé en espérant repeupler des aires médicales de spécialistes à travers un certain nombre de mesures”, estime le Dr Bekkat Berkani Mohamed, président du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnoa). “Sur le fond, cette mesure ne résoudra pas le problème entièrement”, déclare-t-il. C’est plutôt un “traitement palliatif”, schématise-t-il. Des spécialistes existent en Algérie, mais leur dispatching sur les régions du pays constitue une sérieuse problématique. “Les spécialistes qui font déjà le service civil conçoivent celui-ci comme une contrainte car les conditions socioprofessionnelles y sont déplorables”, relève le Dr Bekkat, qui affirme que ces médecins se dépêchent de quitter le Sud dès la fin du service civil pour s’installer au Nord ou dans les Hauts-Plateaux. La solution pour le président du Cnoa, c’est d’affecter des spécialistes dans ces régions dépourvues en spécialités en leur assurant de meilleures conditions de travail et socioéconomiques à la hauteur de l’éloignement. 
 

B. K.



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