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Selon une note politique du Washington Institute pour l’administration Trump

Algérie : “Le régime menacé dans ses fondements”

La Maison-Blanche, la résidence officielle et le bureau du Président des états-Unis. ©D. R.

Selon les auteurs du document, l’incertitude économique et celle entourant la succession du président Abdelaziz Bouteflika risquent, à court et à moyen termes, d’entraîner le pays dans un nouveau cycle d’instabilité.

Le régime algérien pourrait s’effondrer à tout moment, a indiqué The Washington Institute for Near East Policy (Winep), dans une note politique qu’il a adressée à la nouvelle administration américaine de Donald Trump et traitant de la politique que les États-Unis devraient adopter avec les trois principaux pays d’Afrique du Nord : l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.
Dans un contexte régional et international, marqué par une menace terroriste, de plus en plus importante, les auteurs de la note, Robert Satloff et Sarah Fauer, expliquent dans ce document de dix pages que, “au cours des dernières années, les problèmes de santé de Bouteflika, conjugués à une série de restructurations au sein des services de sécurité de l'État et entre ceux-ci, ont soulevé des inquiétudes quant à la stabilité du pays en cas de plan de succession peu clair”.
Pour le Winep, “les appareils politiques et de sécurité en Algérie demeurent opaques, mais le pouvoir est généralement présumé détenu par les groupes de chefs militaires, d'agents de renseignement, d'hommes d'affaires et de politiciens collectivement appelés le pouvoir”. Ce qui n’offre aucune visibilité sur l’avenir d’un pays où la contestation sociale avait gagné en 2014 les rangs de la police, “pilier clé de la sécurité du régime”, comme le qualifie le Winep, soulignant que “très probablement, les militaires et les services de sécurité choisiront, ou auraient déjà choisi, le successeur de Bouteflika, bien qu'une succession contestée ou difficile reste une possibilité”. Et d’ajouter que “même avec une succession harmonieuse, la probabilité d'une baisse persistante des prix du pétrole signifie que le prochain président algérien héritera d'une perspective économique de plus en plus critique”.
Autrement dit, “si les recettes en baisse de l'État limitent sa capacité à répondre au mécontentement populaire, les protestations croissantes pourraient ébranler les fondements du régime”, résume la note dans son chapitre consacré à l’Algérie, concluant que cette “instabilité croissante éloignerait les services de sécurité de l'État de leurs opérations antiterroristes, dans les régions frontalières et augmenterait le risque d'un événement majeur de
déstabilisation”.

Contexte régional explosif
Le document transmis à Donald Trump s’appuie, dans son analyse, sur les développements sécuritaires dans la région de l’Afrique du Nord, mais aussi au Sahel et en Libye, où la perspective d’une solution politique du conflit semble s’éloigner de jour en jour.  En plus des défis internes, l’Algérie est, en effet, confrontée à de fortes tensions externes liées à la situation sécuritaire au Mali et en Libye, ainsi qu’à la fragilité de la Tunisie. “Avec l'insurrection libyenne (de 2011, ndlr) et la guerre civile qui a suivi, les réseaux d'armes et de terroristes se sont rapidement propagés dans toute l'Afrique du Nord et dans l'espace du Sahel (principalement les États du Mali, du Niger et du Tchad)”.
L’attaque de Marrakech (Maroc) en avril 2011, l’occupation par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) d’une partie du nord du Mali, lors de la rébellion targuie en 2012, puis la meurtrière attaque de la base gazière de Tiguentourine, à In Amenas début 2013, ainsi que la tentative avortée de l’autoproclamé État islamique (Daech) de s’implanter à Ben Guerdane, dans le sud de la Tunisie, sont autant d’exemples qui devraient être pris au sérieux quant au risque d’une expansion des foyers d’instabilité en Algérie, tout comme chez ses voisins marocain et tunisien. “En outre, les trois pays sont confrontés à un sérieux défi de radicalisation à l'intérieur de leurs frontières”, estiment les auteurs du document, rappelant qu’“après sa propre expérience sanglante avec le terrorisme djihadiste et la répression du régime dans la guerre civile qui ont tué plus de 100 000 personnes dans les années 1990, l'Algérie a connu ces dernières années une résurgence du salafisme radical et plusieurs centaines d'Algériens auraient rejoint des groupes djihadistes en Irak et en Syrie”.
Et, même si le chaos régnant en Libye, en Syrie et au Yémen, dans le sillage de ce qui est communément appelé le “Printemps arabe”, a eu “un effet de démonstration inverse” sur l’Algérie, cela ne la prémunit pas contre tout danger d’instabilité. “La frustration populaire à l'égard du rythme des réformes politiques et économiques et la colère face à l'omniprésence de la corruption élevée et petite, reste répandue” dans un pays où la réaction du gouvernement ne va pas au-delà du discours politique.
Les mouvements de contestation en Algérie, “conservent le potentiel de déclencher une réelle instabilité”, avertissent Robert Satloff et Sarah Fauer. Un constat valable aussi pour le Maroc et la Tunisie.

Relations américano-algériennes
Dans cette note qui dresse un tableau noir sur la situation politique, économique et sécuritaire dans les trois pays d’Afrique du Nord, mais surtout l’Algérie, le Winep recommande à l’administration Trump un certain nombre d’actions pour préserver les intérêts des États-Unis dans une région où plusieurs puissances se livrent une guerre sans merci pour asseoir leur influence. “L’administration Trump devrait poursuivre un certain nombre d'initiatives tant au niveau bilatéral que régional”, parce que “l'indifférence ouvrira presque certainement la porte à des tendances et à des développements négatifs pour se transformer en problèmes plus grands et, éventuellement, en crises”, explique le Winep. Concernant l’Algérie, “la chute spectaculaire des cours mondiaux du pétrole a stimulé les initiatives visant à diversifier l'économie afin de réduire la dépendance du pays à la vente d'hydrocarbures”, rappelle cet institut, notant que “combiné à la disparition de la génération fondatrice de combattants de l'indépendance du pays, il peut exister des possibilités d'élargir la relation bilatérale pour répondre aux préoccupations communes”.
Mais, comment faire ? Trump est conseillé de traiter avec l’Algérie comme un “partenaire” et non comme “un bénéficiaire” de l’aide américaine ou un “suppléant”. Aussi, “même si la relation reste axée sur la défense, la sécurité et la lutte contre le terrorisme, Washington devrait envisager d'inviter l'Algérie dans des partenariats connexes”, estiment les deux experts qui insistent sur un partenariat gagnant-gagnant, avertissant au passage le nouveau président contre une Russie de plus en plus présente dans l’espace méditerranéen et dont les relations historiques avec l’Algérie, du temps de l’ancien bloc soviétique, incommodent toujours Washington. Il faut “jeter les bases d'une plus grande implication commerciale” entre les deux pays et encourager des investissements américains jusque-là limités à quelques secteurs d’activité.
En dépit de certains obstacles, il existe un “consensus” à ouvrir l’économie algérienne à l’investissement étranger, ajoute la note de Washington Institute. “L'administration entrante devrait encourager et, si possible, faciliter des engagements réguliers entre les intérêts commerciaux américains et algériens afin de s'assurer que les entreprises américaines sont bien placées pour profiter de cette ouverture lorsqu'elle se produit”, conclut la note de l’institut américain.

Lyès Menacer


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1 réactions
yalaoui07 le 06/02/2017 à 12h13

les américains (et l'Europe) pensent de l'Algérie ce que pensent les algériens de leurs''dirigeants'' et surtout de la corruption à grande échelle devenue une banalité!

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