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élection présidentielle

Benflis et Makri en embuscade

Ali Benflis, président de Talaie El-Houriat. © Louiza Ammi/Liberté......Abderrezak Makri, président du MSP .©Liberté

Si rien ne justifie leur silence, il n’en reste pas moins que cette attitude n’est pas sans lien avec quelques calculs en perspective du scrutin présidentiel. 

Cinq jours après l’incarcération d’une des figures en vue de la scène politique ces derniers mois, en l’occurrence Karim Tabbou, force est de constater que certains politiques qui se plaignent en d’autres circonstances des entraves dans l’exercice politique se complaisent dans un silence pour le moins assourdissant. 
C’est le cas notamment du président de Talaie El-Houriat, Ali Benflis ou encore d’Abderrezak Makri, président du MSP. Alors que de nombreux partis, si l’on excepte naturellement les éternels soutiens du régime, ont dénoncé cette arrestation, perçue comme une escalade dangereuse et une grave dérive, Ali Benflis et Abderrezak Makri n’ont toujours pas jugé utile de réagir à l’incarcération d’un leader politique dont les droits ont été, pourtant et de l’avis de tous, bafoués. 
Cette attitude inexpliquée et inexplicable appelle dès lors des interrogations. Redoutent-ils quelques “représailles” maintenant qu’il apparaît à tous, notamment depuis l’incarcération de Louisa Hanoune, puis de Lakhdar Bouregâa et autres porteurs des emblèmes amazighs et depuis quelques jours de simples citoyens dont le seul tort et d’avoir participé à la manifestation, que nul n’est à l’abri de se retrouver derrière les barreaux ? 
Si rien ne justifie au demeurant leur silence, il reste que cette attitude n’est pas sans lien avec quelques calculs en perspective de la prochaine élection présidentielle. Critiqués par certains animateurs de la société civile qui les qualifient, en privé, d’“opposants occasionnels”, ces deux responsables ne cachent pas leur ambition, difficilement contenues, d’être de la partie. Dimanche, Ali Benflis, qui, une semaine plus tôt, rejetait plusieurs aspects des propositions formulées par le panel concernant notamment l’autorité indépendante pour les élections, a estimé que “les conditions institutionnelles et légales pour la tenue d’un scrutin présidentiel transparent, régulier et impartial, sont globalement réalisées”. “La création de l’autorité électorale et l’amendement du régime électoral constituent une avancée notable dans la pratique électorale nationale”, a-t-il relevé. Bien entendu, il a évoqué la nécessité de “réunir les conditions politiques”, “de créer un climat apaisé”, de “dissiper les doutes et la peur”, de “créer un environnement favorable à travers le respect des libertés”, mais sans pour autant citer nommément les détenus d’opinion, encore moins la nécessité de leur libération et la dénonciation de la répression. Invité, il y a une semaine, d’une émission d’une chaîne de télévision privée, Abderrezak Makri, de son côté, a affirmé qu’aller aux élections “dans les plus brefs délais” est une “affaire nécessaire”. “Nous, nous sommes prêts. Nous n’avons pas de problème de calendrier, l’important est que les Algériens participent ainsi que les partis. Mais nous n’irons pas à des élections qui nous renverront à la situation antérieure, à un président fabriqué et imposé”, a-t-il dit. Par bien des égards, Ali Benflis semble, tout comme Makri, tenir le bâton par le milieu, selon une formule populaire consacrée. Être dans les “bonnes grâces” du puissant du moment, sans pour autant s’aliéner la population. Il reste que leurs atermoiements quant aux préalables et aux arrestations à tour de bras ne leur facilitent guère la tâche. Et d’ores et déjà, ils semblent avoir perdu des “alliés” : certaines dynamiques de la société civile qui ont rejeté formellement la tenue des élections dans les conditions actuelles… sans compter le malaise qu’ils ne manqueront pas de provoquer parmi certains acteurs du Forum des forces pour le changement… 
 

Karim K.



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