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Les mémoires de DahoU Ould Kablia en librairie le 25 octobre prochain

“Bouteflika avait un attrait morbide pour le pouvoir”

© D. R.

À  travers  ses  mémoires  “Boussouf  et  le  Malg : la  face  cachée  de  la  Révolution” - Casbah édition- Dahou Ould Kablia retrace  le parcours de la Révolution,  l’indépendance  confisquée  jusqu’à  la  dérive  du régime de Bouteflika.

Il  fait  partie  d’un  des  derniers  survivants  des  “Malgaches”. L’ancien ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia (87 ans), vient de publier ses  mémoires chez Casbah  Éditions  sous le titre Boussouf et le Malg/La  face  cachée de la Révolution. Le livre dont Liberté détient une copie en exclusivité, sortira en librairie le 25 octobre prochain.

En  retrait  de  la  vie  politique  nationale  depuis  2013  en  raison  de son “opposition” au quatrième mandat de Bouteflika, DOK nous replonge dans l’une des  séquences  les  plus  mystérieuses  de  la  guerre  de  Libération nationale. Mystérieuse parce que l’histoire concerne l’origine des services secrets algériens nés en pleine guerre contre l’occupation coloniale.

Jeune étudiant à Toulouse au déclenchement de la guerre, Ould Kablia rentre dans sa région  d’origine  (Mascara) — 1956 — pour  rejoindre  les  rangs de l’ALN, pour finir  dans  la  jeune  garde  des  militants qui  allait  constituer  la “garde  rapprochée”  d’Abdelhamid Boussouf  au  sein du ministère de l’Armement et des Liaisons générales (Malg), ancêtre de la redoutable Sécurité militaire.

En  première  ligne, Dahou  Ould  Kablia  était  au  cœur  du  “réacteur” malgache. De cette histoire, il garde en mémoire la création des réseaux de renseignement, de transmission et d’approvisionnement en armes. Il fait le récit d’“une véritable armée de l’ombre” qui va jouer un rôle important dans la lutte indépendantiste.

Dans  ses  mémoires, l’ancien  wali  de  Mascara  (1963)  raconte  avec beaucoup de détails les opérations montées par les réseaux clandestins du Malg, mais aussi les itinéraires de ces hommes de l’ombre qui évoluent dans un climat de guerre cruelle. Des histoires qui donnent à voir combien la lutte armée menée par des jeunes était une véritable “épopée meurtrière”.

Ould Kablia ne se limite  pas uniquement à  la  naissance  et  à  l’évolution du Malg. Il place cette “histoire malgache” dans la grande histoire de la guerre de Libération nationale.

Il revient essentiellement  sur  les conflits  qu’a connus la Révolution, ses antagonismes et ses luttes de leadership. Il n’esquive  pas  non  plus ses phases sombres qui ont conduit à des liquidations physiques dont la plus emblématique est celle d’Abane Ramdane.

Dans le chapitre qu’il lui consacre  sous  le  titre  “Un homme, une vision, une stratégie”, Ould Kablia dresse le portrait d’un personnage central dans la lutte du peuple algérien pour son indépendance.

“La  mort  abjecte  d’Abane  Ramdane  a  ébranlé  dangereusement  l’édifice encore fragile du pouvoir à la tête de la Révolution. Sa forte personnalité et le poids de ses idées novatrices et courageuses ont certainement marqué dans l’appréhension et le règlement des dysfonctionnements  et  des crises qui ont secoué le FLN par la suite…”, écrit-il.

À  propos  de son assassinat  au Maroc, l’auteur  ne disculpe  pas Boussouf, mais il assure qu’il n’était pas l’unique responsable du meurtre de l’architecte du Congrès de la Soummam. “Il ne fait  pas  de doute  que  la responsabilité matérielle de son assassinat est imputable au colonel Boussouf puisqu’il a eu lieu dans un territoire relevant de sa tutelle et a été exécuté par des hommes requis par ses soins.

Boussouf n’a jamais nié les faits ni tenté  de se dédouaner en évoquant des raisons qui auraient pu relativiser son rôle. Ceux qui le connaissent savent bien qu’il n’aurait jamais accompli un geste aussi  grave contre  un dirigeant de l’envergure d’Abane Ramdane, en la présence de deux membres du CCE, sans une décision collégiale qui s’est imposée à lui…”, défend Ould Kablia.

Ce dernier évoque également d’autres  épisodes  glorieux et peu glorieux de la Révolution. Le  tout  dans  une  démarche  qui  échappe  à  la  logique des règlements de comptes  et  procès  historiques. Ce qui est aussi intéressant dans les mémoires  de  Dahou Ould Kablia, c’est qu’il va jusqu’à aborder les faits récents liés  à  la gouvernance   de  Bouteflika.  Il  critique la décision de révision de la Constitution de 2008 “imprévue qui jette le trouble…”.

Il brocarde également le 3e mandat de Bouteflika en  écrivant qu’après “son élection au troisième mandat, aucun changement n’est perceptible dans son mode de gouvernance. Le champ politique est toujours fermé, les libertés et les droits des citoyens étouffés, la  représentation  populaire  et  le  syndicat officiel contraints à une servitude volontaire !”

Ces mots  sont  du  ministre  de  l’Intérieur que  fut  Ould Kablia  sous  le 3e mandat. Et pour achever Abdelaziz Bouteflika, l’auteur va jusqu’à affirmer que “son absence hors du pays  et  son  handicap  apparemment  irréversible ne l’empêchent  pas  d’actionner  ses  soutiens, tout  aussi  intéressés, pour  le proposer à un quatrième mandat en 2014, ce  qui  ne  fait que confirmer son attrait morbide pour le pouvoir”. Bouteflika appréciera ! 

Hassane O.

 

  Dahou Ould Kablia
Boussouf et le MALG

La face cachée de la Révolution
Casbah Éditions
446 pages - 1300 DA

 


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