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Quel agenda politique pour la rentrée ?

Bouteflika : le choix du silence


Dans son message à la nation, à l’occasion de la commémoration du double anniversaire du 20 Août, date de la grande offensive de l’ALN dans le Nord constantinois en 1955 et de la tenue, une année plus tard, du Congrès de la Soummam, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, s’est employé à minimiser la crise, laissant sur sa faim une opinion nationale qui s’attendait sinon à l’entendre décliner son agenda politique, du moins à en livrer quelques esquisses. Le chef de l’État ne semble pas avoir considéré opportun de réaffirmer ne serait-ce quelques-uns des engagements intégrants les fameuses réformes politiques qu’il avait promises en avril 2011 et qui s’en sont trouvées continuellement différées. Même la proximité d’une rentrée politique, qui s’annonce difficile au regard de la difficulté éprouvée à déterminer et à structurer les compromis, ne l’a pas convaincu de l’intérêt à se rendre à des annonces.
En effet, le message présidentiel, auquel le ministre de la Culture a donné lecture jeudi, a soigneusement éludé les actualités qui interpellent le plus, quand bien même il aurait prôné le front uni contre le terrorisme et le sous-développement. Il ne trahit aucune perspective politique, même pas au titre de l’allusion. Cela alors que Bouteflika affirmait solennellement au mois de juillet dernier, dans un autre message à l’occasion de la double fête de l’Indépendance nationale et de la Jeunesse, que la mouture du projet de la nouvelle Constitution est en voie d’être finalisée.
Ce silence observé par rapport  aux chantiers politiques en rade procède-t-il d’un choix délibéré ou cache-t-il quelques contrariétés à situer clairement les caps ? Difficile d’y répondre. Seulement, il n’est pas sans intérêt que de relever que les “structurations”, souvent problématiques, mettent à mal la cohésion entre les institutions de l’État. Les restructurations au sein de l’institution militaire que le chef de l’État poursuit de mener sont perçues par les observateurs les plus avertis comme l’expression d’un conflit entre la présidence de la République et le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), entendre entre le président Bouteflika et le général de corps d’armée, Mohamed Medienne, dit Toufik. Le conflit relève même du secret de Polichinelle, dès lors que même des officiers supérieurs à la retraite, à l’instar du colonel Khalfaoui du DRS, l’attestent publiquement. Le président Bouteflika n’a pas jugé utile de s’exprimer sur la question,  source d’inquiétudes pour les citoyens qui appréhendent un avenir politique incertain, étant vrai, par ailleurs, qu’il n’a pas pour habitude de discourir sur les “querelles” au sommet de l’État.
Le chef de l’État, qui, dans le même message de juillet, rendait hommage à l’opposition politique qu’il avait vouée aux gémonies au mois de mars, a manqué l’opportunité de préciser son attitude par rapport à la revendication d’une transition démocratique négociée, certainement non convaincu par une telle proposition. À ce propos, le silence pourrait être synonyme de refus. Ce qui voudrait dire que les rapports entre le pouvoir et l’opposition resteront en l’état, sinon tendront vers une relation plus délétère. Une situation qui rendrait caduc l’appel lancé pour la constitution d’un front intérieur uni, lequel passe nécessairement par des compromis.

S .A. I.



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2 réactions
zouzou le 29/08/2015 à 17h13

Un Etat de compromis ne connait et ne connaîtra jamais la paix;malheureusement c'est le cas de l'Algerie;

zouzou le 29/08/2015 à 17h13

Un Etat de compromis ne connait et ne connaîtra jamais la paix;malheureusement c'est le cas de l'Algerie;

Commentaires
2 réactions