Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Il a procédé à un mini-remaniement ministériel jeudI

Bouteflika limoge Benyounès et recale Kadi

Amara Benyounès. - Abdelkader Kadi. ©Louiza/Archives Liberté - ©Zehani/Archives Liberté

Le soutien zélé et les dithyrambes récurrents d’Amara Benyounès à l’endroit de Bouteflika ne lui ont pas évité la terrible sanction.  

Après avoir opéré mercredi un vaste mouvement dans le corps des walis et présidé, le même jour, un Conseil des ministres, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a  enchaîné jeudi avec un mini-remaniement ministériel.
Trois portefeuilles ministériels ont, en effet, changé de titulaire, suite à ce mouvement inattendu et qui présente les relents de la sanction politique.
Du moins à l’encontre des désormais ex-ministres du Commerce et de l’Agriculture, Amara Benyounès et Abdelkader  Kadi, remplacés respectivement par Bakhti Belaïb, qui avait déjà à charge le département du Commerce entre 1996 et 1997, et Sid-Ahmed Ferroukhi, le ministre de la Pêche, qui gérera ainsi un superministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche.
Car le changement dans le département de la Jeunesse et des Sports et le remplacement d’Abdelkader Khomri par Ould Ali l’Hadi, qui jusqu’ici occupait les fonctions cumulées de directeur de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou et de directeur de la maison de la culture Mouloud-Mammeri dans la même wilaya, relèverait plutôt d’une raison médicale. Abdelkader Khomri, qui a hérité du ministère des Sports, rattaché à celui de la Jeunesse suite au renvoi de Mohamed Tahmi lors du remaniement partiel du 14 mai dernier, séjourne depuis plusieurs semaines en France pour des soins médicaux.

Les fautes politiques
Si le limogeage d’Amara Benyounès, un peu trop zélé dans son soutien au président Bouteflika, peut paraître surprenant, il ne reste pas moins que l’observateur politique perspicace pourra aisément cerner les causes les plus vraisemblables. Amara Benyounès, qui, entre 1999 et juillet 2015, aura fait la tournée de 5 ministères, Santé, Travaux publics, Aménagement du territoire, de l’Environnement et de la Ville, Développement industriel et de la Promotion de l’investissement et enfin Commerce, a commis,  de l’avis de nombreux observateurs, trois fautes politiques qui lui ont été fatales. Il y eut d’abord sa communication autour de l’histoire de la fameuse circulaire qu’il prit relativement à la vente de gros de boissons alcoolisées et qui lui valut, on s’en souvient, d’être désavoué par le Premier ministre Abdelmalek Sellal. Ce dernier a annulé l’instruction de Benyounès qui n’a pas manqué d’avoir agi sans le consulter. Réagissant à ce désaveu public, le ministre du Commerce, qui n’aura pas eu l’audace de rendre son tablier, comme d’autres ministres l’auraient fait ailleurs, a accusé les lobbies de l’importation et les islamistes d’avoir obligé le gouvernement à la reculade.
Une telle déclaration n’est pas faite pour plaire au gouvernement, accusé indirectement d’avoir manqué d’autorité face à des groupes d’intérêts économiques et face au chantage islamiste. De surcroît lorsque celle-ci est l’œuvre d’un membre de l’Exécutif.
Pensant que ses dithyrambes à l’endroit du président de la République le placent hors de portée de la sanction politique, Amara Benyounès, plutôt que de se ranger à la discipline de groupe nécessaire à la cohésion du gouvernement, commettra juste après deux autres déclarations dont il n’a visiblement pas mesuré la gêne qu’elles peuvent occasionner à l’Exécutif. Il aura commis le péché mignon d’aider à l’étalage public du peu d’orthodoxie commerciale chez Peugeot Algérie et Renault Algérie. L’APS a diffusé, on se rappelle, un rapport accablant du ministère du Commerce. Mal en pris également au même Benyounès qui affirmera, après l’annonce de François Hollande à l’aéroport d’Alger, qu’à sa connaissance, il n’y a aucun projet Peugeot pour l’Algérie. Le ministre de l’Industrie, Abdessalem Bouchouareb, s’est fait un devoir de lui confirmer illico l’entame de négociations. À ses trois fautes politiques, Amara Benyounès aura manqué de résultats à la tête des trois ministères qu’il dirigea sous l’autorité de Sellal depuis son rappel à l’Exécutif en 2012.
D’après des sources internes au ministère du Commerce, il a appris la nouvelle de son limogeage alors qu’il était toute alacrité après le Conseil des ministres de la veille. Contrairement à lui, Abdelkader Kadi savait la veille déjà qu’il devait faire ses valises. Il était sur la liste des nouveaux walis, tout comme Mme Zerhouni.
Des sources dignes de foi affirment qu’ils ont refusé leur nomination, notamment Mme Zerhouni. C’est pour cela que leur nomination est intervenue le lendemain. La nomination d’Ould Ali l’Hadi, qui est de la même daïra que Benyounès, en tant que ministre de la Jeunesse et des Sports, procède du besoin de maintenir en l’état l’échafaudage régional en vigueur au sein de l’Exécutif.

S. A. I.



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
1 réactions
afalkou le 25/07/2015 à 19h35

Il mérite ce qu'il lui arrive. S'il avait "akhenfouf"il aurait démissionné après son désaveu.Il est d'une servilité extraordinaire.

Commentaires
1 réactions