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Ils font partie des postulants à la députation en France

Ces candidats macroniens d’origine algérienne

Tassadit Houd aux côtés du président français Emmanuel Macron. ©D. R.

Ils sont l’exemple de l’intégration réussie sur laquelle le nouveau président français veut s’appuyer pour donner du sens à sa politique sur la diversité. Portraits.

Chose promise, chose due. Emmanuel Macron s’est engagé avant son élection à la présidence française à donner une place à la diversité de la société française dans les travées de l’Assemblé nationale, en sélectionnant parmi les prétendants de son mouvement, La République En Marche (LREM), à la députation, des profils qui proviennent de la population immigrée. Par souci d’équité, il s’est inspiré des chiffres de l’Institut national des statistiques pour parvenir à une représentation juste. Le nombre des aspirants issus de la diversité représentent 13% des candidatures de LREM aux législatives, soit à peu près le même taux que l’ensemble des étrangers et leurs descendants en France.
Parmi les participants aux élections qui auront lieu les 11 et 18 juin figurent des personnalités d’origine algérienne. La plus médiatique est Leila Aïchi, candidate de la 9e circonscription (Maghreb et Afrique de l’Ouest) des Français de l’étranger, qui fait face depuis son investiture à une levée de boucliers de lobbys marocains ameutés par ses positions prétendument pro-Sahara occidental. Officiellement, le mouvement d’Emmanuel Macron s’est abstenu de commenter cette affaire, préférant mettre dans la lumière d’autres prétendants à la députation qui ont des profils plus consensuels. À l’avant-scène figure, Tassadit Houd (voir interview ci-contre), 49 ans et tête de liste de LREM en Eure-et-Loir, dans l’ouest de la France. Cette fille d’éboueur, cinquième d’une fratrie de 9 enfants, est l’exemple de l’intégration réussie des immigrés. Bardée de diplômes, elle a travaillé pendant de nombreuses années pour des groupes internationaux (Pitney Bowes software, Siemens), en qualité de directrice des ressources humaines. Ses expériences à l’expatriation lui ont fait connaître l’Algérie, le pays de ses parents, où elle a travaillé pour le groupe Cevital. En 2015, la candidate a été frappée dans sa chair par les attentats du 13 novembre. Une de ses sœurs y a péri. Après le drame, elle s’est engagée à défendre une image confraternelle de la France en participant à la création du think thank “France positive”. Elle a également rejoint un collectif formé de personnalités issues de la diversité pour “la défense de la République”.
Comme la moitié des candidats LREM aux législatives, Tassadit Houd était jusque-là sans filiation politique. Ce n’est pas le cas d’autres prétendants d’origine algérienne, à l’instar de Sofiane Zemmouchi, un transfuge du parti socialiste qui a rejoint En Marche dès sa création en mars 2016. Faisant partie des jeunes cadres du mouvement qu’on appelle “les bébés Macron”, cet entrepreneur de 29 ans, qui représente LREM dans la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône (sud de la France), s’est fait connaître dans sa ville natale de Marseille en initiant des mouvements citoyens de sensibilisation civique et politique dans les cités. Lui-même est issu d’un quartier populaire. En 2015, il a claqué la porte du PS, désabusé par les pratiques électorales du parti au niveau local. Belkheir Belhadad a, lui aussi, rompu les ponts avec le parti socialiste. Cet ancien adjoint au maire de Metz (est de la France), chargé du sport, a rendu sa carte en 2016 pour contester le choix des candidats aux législatives. Peu de temps après, il a rejoint le mouvement En Marche, impressionné par l’audace et la détermination de son initiateur. “En Marche, c’est un véritable changement de paradigme. Une vraie révolution. Jamais un président de la Ve République n’a été aussi loin”, s’enthousiasmait-il encore, il y a quelques jours, dans une interview au journal régional Le Républicain Lorrain. Comme Tassadit Houd, Belkheir Blehadad est un modèle d’intégration et d’ascension sociale. Arrivé avec sa famille d’Algérie alors qu’il était jeune enfant, il est parvenu à briser le plafond de verre, en excellant dans ses études et en parvenant à avoir une vie professionnelle réussie. Le même parcours marque la vie de Mohand Hamoumou, maire de la ville de Volvic, qui a lui aussi opté pour une candidature aux législatives dans le Puy de Dôme (centre de la France), sous les couleurs de LRPM. Fils de harki, il a gagné la France à l’indépendance de l’Algérie. Diplômé de l’école normale, puis instituteur, il a poursuivi ses études pour devenir professeur de l’École de management de Grenoble. Actif dans le domaine associatif, le candidat crée le collectif “Agir pour l’intégration” et fait partie du Haut Conseil à l’Intégration. Son élection en indépendant à la tête de la municipalité de Volvic en 2008 en a surpris plus d’un. Ce mois de juin, il compte bien récidiver en obtenant son ticket d’entrée au Palais-Bourbon, siège de l’Assemblée nationale française.

S. L.-K.


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1 réactions
Brahms le 28/05/2017 à 15h25

De l'énergie inutile. Etre assis entre 02 chaises Algérie ou France est un mauvais choix. Le FLN gère son pétrole et son gaz pour ses oligarques et sa caste tandis que les enfants d'émigrés doivent constamment prouver leur attachement à l'une des patries France ou Algérie. Le FLN envoie ses populations à l'étranger car il est incapable de développer le pays comme le voulait Houari Boumédiène si bien que ça vient grossir le vivier des émigrés. Combien sont enfermés dans des prisons en France ?

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