Égypte: un général tué dans un attentat au Caire (police)Le bilan du naufrage d'un ferry en Corée du Sud s'élève à 150 morts (officiel)Venezuela: nouvelle rencontre entre gouvernement et opposition prévue jeudiLigue 1 de football : Un match à huis clos pour la JS Kabylie, Hannachi fait appelPour contacter la Rédaction Web de "Liberté" écrivez à cette adresse : redactionweb@liberte-algerie.comPour contacter la rédaction nationale (version papier)de "Liberté" écrivez à cette adresse : info@liberte-algerie.comSuivez-nous sur Twitter : @JournalLiberteDZ Suivez-nous sur Facebook:www.facebook.com/JournalLiberteOfficielChaque édition de la version papier (articles et PDF) est mise en ligne sur le site à 10h (GMT+1) et cela depuis le 05 octobre 2011
Actualité Jeudi, 28 Juin 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Hommage de Nacer Boudiaf

“Cher père, 20 ans déjà”

Par : Nacer Boudiaf

Voilà déjà vingt ans qu’habitué à frapper dans le dos, le système, par soldat interposé, un membre du Groupe d’intervention spéciale, nous dit-on, muni d’un ordre de mission isolé de son groupe, a été chargé d’exécuter ton lâche assassinat, le 29 juin 1992, qualifié d’“acte isolé”, par la justice algérienne.
Depuis lors, beaucoup d’encre et de sang ont coulé en Algérie. Avec de l’encre, je n’ai pas cessé d’interpeller, dans des lettres ouvertes publiées par nos quotidiens nationaux, tous les responsables algériens au sommet de l’État, au moment de “l’acte isolé”. Je leur ai écrit pour rejeter la théorie de “l’acte isolé” et pour revendiquer la vérité. Je n’ai jamais eu de réponse. J’ai même publié, en juin 2011, un livre sur la question. Je n’ai jamais eu de réponse. Mais depuis lors, certains ont tiré leur révérence.
Tout récemment, le premier président de l’Algérie indépendante est venu te rejoindre au cimetière d’El-Alia. Mais sa tombe a été creusée sur le côté opposé à celui de la tienne. C’est normal, dans toute ta vie, Ben Bella n’a jamais été de ton côté, mais toujours du côté opposé. N’a-t-il pas eu l’indécence de t’envoyer, en plein mois de juin 1963, dans un fourgon à Adrar, pour t’enterrer vivant dans une cave ? Alors que tu l’avais très décemment reçu à la présidence de la République.
Quelques mois avant sa mort, c’était au tour de feu le général Larbi Belkheir, ministre de l’Intérieur, le général Smaïl Lamari, le général-major Mohamed Lamari, tous les responsables et dirigeants influents, au moment de “l’acte isolé”, ont quitté ce monde. Ils sont certainement dans un monde où l’assassinat, l’injustice et l’acte isolé n’ont pas de place, ni de protecteur.
Sur un autre registre, notre Armée ne veut plus de l’appellation de “grande muette”. Mais elle ne parle jamais de ton assassinat. Sur ce sujet, elle demeure parfaitement muette. Mais pour faire exception, le général Khaled Nezzar a publié récemment un livre, dont un chapitre t’est consacré. Je t’en ai choisi ces passages : “Lorsque, le 29 juin 1992, le général Toufik me téléphona pour m’apprendre qu’on venait d’attenter aux jours de Mohamed Boudiaf, un grand froid me saisit, puis un vertige… Pourquoi aurions-nous tué Mohamed Boudiaf ?... Lorsque les prisonniers de Serkadji s'étaient révoltés, tous les responsables, je dis bien tous, n'eurent qu'un souci : préserver la vie de Lembarek Boumaârafi l’assassin. Et pour cause.”
Nous voilà donc édifiés. Ce passage nous informe que c’est le général Toufik qui téléphona au général Nezzar pour lui apprendre qu’on venait de commettre “l’acte isolé”. Aussi, le général Khaled Nezzar, au nom de l’Armée, s’interroge : “Pourquoi aurions-nous tué Mohamed Boudiaf ?” La question reste entière. Mais le plus terrible, dans ce passage, c’est qu’il nous apprend qu’à la mutinerie de Serkadji, tous les responsables — “je dis bien tous” — n’avaient qu’un souci : préserver la vie de ton présumé assassin.
J’espère que dans son prochain livre, il nous répondra à la question : pourquoi tant de soucis des responsables pour préserver la vie de ton présumé assassin et pas le moindre effort pour préserver celle du chef de l’État à Annaba. Quelques efforts auraient peut-être fait de t’éviter de subir une rafale d’une quarantaine de balles, dans le dos, à ton âge ; alors que tu n’avais jamais demandé à venir occuper le fauteuil tant convoité. Ou alors, comme il est ironiquement colporté dans les milieux populaires : “C’est un système qui protège l’assassin et non la victime.” Des éclaircissements à ce sujet seront les bienvenus car le peuple est avide de connaître la vérité.
D’autre part, une pétition-test vérité a été lancée par mes soins, sur Internet, en février dernier. Elle a eu plus d’un millier de signatures en quelques jours, malgré toutes les embûches savamment orchestrées par le système pour la bloquer.
Cependant, il y lieu de t’avouer que dans mon livre, je n’ai pas été “tendre” avec tes amis, notamment Ali Haroun et Ahmed Djebar. C’est Ali Haroun lui-même qui s’en est plaint, à l’un de nos médias. Alors, que l’année dernière, il a déclaré que ton assassinat est “un acte isolé”, il a même changé la date de la commémoration, quelle prouesse ! Il pensait, peut-être que les instigateurs de “l’acte isolé” ont été tendres avec toi en te fracassant le dos, le crâne, le thorax et les jambes avec des grenades et des rafales. Bien sûr, je ne m’attends pas à ce que Ali Haroun ait un cœur tendre pour avoir des remords de t’avoir livré à une fin aussi tragique qui ne fait que peser la suspicion sur les maîtres de Ali Haroun.
Pour sa part, M. Ghozali, Premier ministre au moment de “l’acte isolé”, quelques jours avant la campagne électorale du 10 mai, avait proposé ses services pour répondre, entre autres, de l’assassinat de Mohamed Boudiaf. Lui qui m’avait accusé de faire de ton sang, un fonds de commerce, je lui ai alors rappelé que le sang de Boudiaf n’est ni à vendre ni à acheter et que s’il était achetable, ses assassins ne lui auraient pas réservé toute une rafale — qui ne leur a rien coûté — mais coûté beaucoup aux Algériennes et Algériens qui avaient vu en toi l’espoir.
Par ailleurs, l’Algérie s’apprête à célébrer le 50e anniversaire de “l’Indépendance confisquée”, quelques jours après le 20e anniversaire du jour où le système a décidé de te confisquer la vie. On va danser et chanter. On va faire éclater des feux d’artifice pour avoir réussi à confisquer l’Indépendance au peuple et à confisquer la vie de l’Homme qui a rédigé l’Appel du 1er Novembre 1954, préparé la Réunion des 22 et coordonné les préparatifs du déclenchement de la Révolution.
Pour revenir au fameux livre du général Nezzar, il me semble opportun de te faire part de ce passage : “On a dit que l’assassinat de Mohamed Boudiaf a été commandité par une mafia politico-financière craignant les foudres de l’Incorruptible venu au pouvoir… Le président Boudiaf s’était rendu à l’évidence que la corruption n’était pas le fait de quelques ‘barons’ du système retranchés dans des redoutes inexpugnables, mais le résultat de la dévalorisation de la notion d’État et du désordre moral qui en a découlé.” Tels sont les propos du général Nezzar tels que produits dans son livre L’Armée algérienne face à la désinformation.
Je le remercie de t’avoir qualifié d’Incorruptible, avec un grand “I” majuscule. Il est regrettable, cependant, qu’un État, non seulement laisse son chef d’État Incorruptible tomber facilement devant un “acte isolé” mais ne fait rien pour rétablir la vérité sur son lâche assassinat.

 

Ajouter un Commentaire

Charte d'utilisation de
www.liberte-algerie.com

- L’espace des commentaires sur liberte-algerie.com est ouvert à toute personne s’engageant à respecter les présentes conditions générales d'utilisation par l’Internaute

- L’internaute est prié de prendre connaissance le plus régulièrement possible des conditions Générales d'utilisation du site. Il faut savoir que liberte-algerie.com est libre de les modifier à tout moment sans notification préalable afin de les adapter aux évolutions du site et des lois et règlements en vigueur.

- La citation de la marque liberte-algerie.com sur un site Internet tiers ne signifie pas que liberte-algerie.com assume une quelconque garantie et responsabilité quant au contenu du site Internet tiers ou de l'usage qui peut en être fait.

- Tout internaute peut réagir sur le contenu du site

- Les informations fournies à liberte-algerie.com par un Utilisateur lors l’envoi de son commentaire sont communiquées sous la seule responsabilité de cet Utilisateur.

- En envoyant ses commentaires à liberte-algerie.com, l’utilisateur :

- déclare être autorisé à envoyer ses commentaires ;

- autorise liberte-algerie.com à reproduire et représenter, intégralement ou partiellement et à adapter les commentaires sur les services de communication électroniques édités par liberte-algerie.com dans le monde entier.

- liberte-algerie.com a le droit de retirer ou d’interdire l’accès à tout Commentaire contrevenant ou risquant de contrevenir aux lois et règlements en vigueur ou qui ne serait pas conforme aux règles éditoriales du site.

- L'utilisateur est seul responsable de toute utilisation personnelle du contenu ou des commentaires publiés sur le Site.

- liberte-algerie.com n'exerce aucun contrôle quant au contenu des sites Internet tiers. L'existence d'un lien hypertexte entre le site et un site internet tiers ne signifie pas que liberte-algerie.com assume une quelconque garantie et responsabilité quant au contenu du site Internet tiers ou de l'usage qui peut en être fait.

- Dans l'hypothèse où l’utilisateur est une personne physique mineure, il déclare et reconnait avoir recueilli l'autorisation auprès de ses parents ou du (ou des) titulaire(s) de l'autorité parentale le concernant pour utiliser le site. Le (ou les) titulaire(s) de l'autorité parentale a (ont) accepté d'être garant(s) du respect de l'ensemble des dispositions de la charte.

- Les propos incitants à la haine raciale ou religieuse, les appels à la violence, l’utilisation de termes régionalistes, et tout message litigieux ne sont pas acceptés par liberte-algerie.com.

- Veuillez éviter l’excès de propos de type belliciste, morbide ou guerroyeur.

- Les commentaires où on y constate de l’agressivité, de la vulgarité ou de la violence excessive dans le ton, ne sont pas autorisées à être publiés sur le site. Egalement les insultes personnelles entre participants.

- Pas de pornographie, pédophilie, obscénités et grossièretés.

- La répétition de messages identiques ou très voisins n’est pas autorisée

- Tout lien dirigeant vers un site raciste, islamophobe, ou que la rédaction jugera non conforme, sera effacé.
- Les spéculations ou révélations à propos de l'identité de tel ou tel participant ne sont pas tolérées.

- Les tentatives d'usurpation d'un pseudonyme déjà employé ne sont pas tolérées.

- Les messages personnels échangés entre participants ou postés sur d’autres sites ne doivent pas être diffusés sur le site.

- L’usage normal pour publier les commentaires requiert un seul pseudonyme.
- Veuillez poster vos sujets dans les rubriques appropriées du site

- En cas de malentendu persistant avec le médiateur, vous êtes prié de le contacter par email (l’adresse : journal.liberte.dz@gmail.com)

DIlem
DILEM DU 23 AVRIL 2014
Galerie Agrandir

LE SCRUTIN EN IMAGES

CONTRECHAMP
video

Galerie photos
Vote à Nedroma (Tlemcen)
Vote à Nedroma (Tlemcen)
Galerie Agrandir
LIBAN
Bannière
Bannière
Bannière
LIBERTE MOBILE
Bannière

Élection Présidentielle

Voir toute La rubrique

Dernières infos