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Actualité Samedi, 07 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Un anniversaire sans éclat ni panache

Chronique d’un 5 Juillet presque ordinaire

Par : Omar Ouali

Au lieu d’une fête grandiose à la mesure de ce que représente cet anniversaire comme charge patriotique, émotionnelle, mémorielle, symbolique, les Algériens ont eu droit à une opérette insipide tout droit sortie des années soixante-dix.

Dans les colonnes de ce même journal, nous écrivions la semaine dernière à propos des préparatifs du Cinquantenaire : “Chronique d’un fiasco annoncé.” Depuis jeudi, nous pouvons le dire avec certitude, hélas, mais avec regret bien sûr, que le fiasco est désormais consommé. Car, c’est le sentiment général des Algériens qui ont d’ailleurs préféré vaquer à leurs occupations quotidiennes en profitant du long week-end. Pour la fête attendue, c’est râpé ! Rendez-vous pour le centenaire. Pour ceux qui seront de ce monde. Une commémoration à minima. Il faut dire que l’affaire est mal engagée dès le départ avec cette polémique  au parfum de scandale politico-médiatique  avec le journal Le Monde. Comme entrée en matière pour une commémoration d’une date aussi prestigieuse, c’est le meilleur du pire. Mercredi, veille du 5 Juillet, c’est l’alerte dans les rédactions. Un discours du chef de l’État enregistré est attendu pour 20h. À l’heure dite, point d’adresse à la nation sur l’inénarrable ENTV qui décline un sommaire ordinaire. Sauf peut-être l’annonce des remises de peines en faveur de dizaines d’heureux détenus. Le soir, rendez-vous au Casif de Sidi-Fredj pour une comédie musicale dont on ne sait pas si elle est dédiée au Cinquantenaire ou aux treize ans de Bouteflika à la présidence. Cette comédie musicale, signée Caracalla, il faut en dire un mot : elle est d’une naïveté primesautière, d’un patriotisme facile. En la regardant, on ne peut s’empêcher de penser aux fameuses opérettes des années 70 déclinées sur l’air de “Khoudh el-meftah ya fellah” de Rabah Driassa. Minuit passé, c’est le clou de la soirée : feu d’artifice géant orchestré par nos amis chinois. Jeudi, le président Bouteflika s’est rendu au carré des Martyrs à Riadh El-Feth pour la traditionnelle  cérémonie de recueillement. Puis un détour  par le MDN pour la remise des grades aux militaires promus. Et c’est le point final des célébrations officielles du Cinquantenaire. Pas même la “garden party” au Palais du peuple que les déclassés du système attendaient fiévreusement pour se voir le soir au JT de l’Unique. Si peu pour un événement aussi grandiose ! Un anniversaire folklorisé. Un anniversaire, finalement escamoté. Encore un rendez-vous raté pour le pouvoir qui avait l’opportunité de se mettre en phase, en communion avec le peuple, le temps de cette célébration. Pourquoi les Algériens sont privés d’un défilé militaire, comme le font les grandes nations qui ne rechignent pas à déployer les grands fastes de la République ? Pourquoi le Président s’est ainsi débiné alors que l’occasion était propice pour un grand discours à la nation en attente d’un message, d’une parole forte ? Depuis les législatives, les institutions de l’État sont entrées dans un coma profond qui ne saurait être dissimulé par le zèle de l’Unique qui croit pouvoir continuer indéfiniment à faire prendre impunément aux Algériens les vessies pour des lanternes. Une adresse à la nation s’impose pour indiquer le cap. Visiblement, le président Bouteflika a choisi le silence pour s’adresser aux Algériens. Cette commémoration en profil bas est d’autant plus incompréhensible que le régime a de tout temps squatté les dates anniversaires pour rabibocher sa légitimité. C’est encore plus incompréhensible en sachant qu’une Commission nationale pour la célébration du Cinquantenaire avait été installée il y a presque une année. Et c’est Ahmed Ouyahia qui en est le président. Pourquoi elle n’a pas fonctionné ? Pourquoi elle n’a pas été en mesure de rendre une copie à la dimension de l’événement ? Autant de questions qui viennent conforter cette impression de cacophonie au sommet de l’État. Au lieu d’être les guest-star d’une fête grandiose dédiée à la gloire des cinquante ans de l’Indépendance, comble de fierté nationale, les Algériens sont conviés finalement à un bide monumental et intemporel. C’est bien “l’Indépendance confisquée”, comme disait le grand Ferhat Abbas.


O. O.

 

Commentaires 

 
#3 platonien 08-07-2012 07:54
Merci O. pour l'article. Il n’y avait pas que l’opérette qu'on a sorti du grenier! J'ai vu comme beaucoup de gens les "cérémonies". Quel gâchis! Un concentré d'incompétence ou le ridicule se confondait avec la tahmourit. On nous a pas confisqué l'indépendance et la fierté uniquement mais aussi le sens de la beauté et de l’esthétique..........et bien sûr, avant et après tout 6 milliards (le cout de cette mascarade)
 
 
#2 il etait une fois 08-07-2012 04:24
Des célébrations en sourdine étaient de mise, vu les réalisations dérisoires des premiers 50 ans d'une Algérie indépendante. Nous avons tout betement raté le train du développement, malgré l'argent du pétrole qui coulait á flots (je parle de l'argent). L'indépendance n'est pas une fin en soi. Le pays avait les moyens de se transformer en "Chëne" , on en a fait un "Bonsai", a l'image du nain qui le préside.
 
 
#1 Local 07-07-2012 20:03
"Les Algériens n’étaient pas préparés à la guerre. Leur pays était sous domination turque.
Il leur fallait partir de zéro" et y demeurèrent même 182 ans après.
(les notions Algérie et Algérien n'existaient pas en 1830)
 
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