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A la une / Actualité

Ils lui rappellent ses engagements sur la guerre d’Algérie

Des militants anticolonialistes écrivent à Macron

Des historiens et des militants anticolonialistes  et contre le racisme
ont adressé hier une lettre ouverte à Emmanuel Macron, à l’occasion de la commémoration dans quelques jours du 56e anniversaire des massacres du 17 Octobre 1961, à Paris. Ce courrier sert, en quelque sorte, de prétexte pour rappeler au président français les engagements qu’il avait pris lorsqu’il était candidat à la présidentielle, à propos de la guerre d’Algérie. “Il avait eu à ce sujet des déclarations assez courageuses, en affirmant notamment que des crimes contre l’humanité ont été commis en Algérie”, rappelle Henri Pouillot qui a rédigé la missive. Ce militant anticolonialiste, qui a consacré une grande partie de sa vie à combattre la culture de déni qui exonère l’État français de sa responsabilité dans les crimes de guerre qui ont été commis durant l’occupation de l’Algérie, se souvient aussi que lors de son passage à la rédaction du site d’information Mediapart, quelques jours avant les élections, M. Macron avait promis de porter un discours fort sur cette période sombre de l’histoire. “Mais il n’a rien fait depuis”, regrette M. Pouillot qui poursuit néanmoins avec courage sa quête de la vérité mémorielle.
Ce n’est pas la première fois d’ailleurs que Macron est interpellé. En juin dernier, Henri Pouillot et l’historien Gilles Manceron ont relayé auprès du président les appels de nombreuses personnalités qui lui ont demandé de faire la lumière sur les circonstances de la disparition et de l’assassinat de Maurice Audin. M. Macron avait même été convié à prendre part au rassemblement organisé à Paris à la mémoire du mathématicien et militant pour l’indépendance de l’Algérie, en présence de sa veuve. Mais il n’est finalement pas venu.
Henri Pouillot évoque à ce propos le contenu laconique de la réponse de la présidence de la République. “Je puis vous indiquer que le sujet est connu du chef de l’État et des membres de son cabinet qui ont été attentifs à votre démarche”, ont tout simplement dit les services de l’Élysée. Dans un appel téléphonique à Josette Audin, Emmanuel Macron s’est également contenté d’exprimer sa compassion, disant que le 11 juin (marquant le jour de la disparition du mathématicien) est une date à retenir.
Son prédécesseur avait fait mieux en levant un pan du voile qui entoure l’affaire. François Hollande a confirmé en 2014 que Maurice Audin ne s’est pas évadé, mais qu’il est mort en détention. L’ex-président avait, par ailleurs, révélé avoir ordonné des recherches dans les archives du ministère de la Défense “afin de découvrir si des documents pouvaient éclairer de façon définitive les circonstances de la disparition d’Audin”, dont le corps n’a jamais été retrouvé.
Aujourd’hui, Henri Pouillot et bien d’autres souhaitent savoir ce qu’il est advenu de cette “opération de recherches de preuves”. De la même façon, ils réclament une pleine reconnaissance des massacres du 17 Octobre 1961. Hollande avait dénoncé “une répression sanglante”, mais s’est abstenu de qualifier la tuerie de crime d’État. Macron aura-t-il le courage d’aller plus loin et de se conformer sur ce point à ses engagements de campagne ? Dans la lettre qui vient de lui être adressée, Pouillot et les autres signataires lui demandent de les recevoir en audience afin de leur faire connaître sa position. Le collectif espère recevoir des engagements francs qu’ils communiqueront aux manifestants attendus lors du rassemblement commémoratif qui se tiendra le 17 octobre sur le pont Saint-Michel, là où beaucoup d’Algériens ont été jetés dans la Seine par la police, il y a 56 ans.

De Paris : Samia Lokmane-Khelil


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