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Alors que les initiatives se multiplient

Dialogue politique : ce qui rassemble et ce qui divise

Réunion du Forum national pour le dialogue organisée samedi dernier à Aïn Benian. © Yahia Magha/. Liberté

Alors que les Forces du changement acceptent d’aller “le plus rapidement possible” vers une élection présidentielle, les partis de l’Alternative démocratique veulent une période de transition durant laquelle “tout sera remis à plat”.

Près d’une semaine après le message d’Abdelkader Bensalah pour l’ouverture d’un “dialogue inclusif”, le pouvoir peine à vendre ses idées. En face, deux autres initiatives sont portées par une opposition divisée. Le consensus s’éloigne. Après avoir été boycottée par les partis de l’Alternative démocratique, la réunion d’Aïn Benian, tenue par les Forces du changement, a juste le mérite d’exister. Si elle est à l’opposé de la proposition des partis démocrates, elle contrarie également les visées du pouvoir ; la plateforme, laissée ouverte malgré une adoption unanime des présents à la rencontre de samedi dernier, place la barre très haut avant d’accepter une offre de dialogue venant des autorités. Les conditions qui y sont énumérées, à commencer par l’exclusion des partis du pouvoir et surtout le départ des dirigeants actuels, compliquent un peu plus la situation. C’est un nouveau grain de sable dans la machine déjà grippée du pouvoir. 
En revanche, malgré une réelle divergence, les deux propositions de l’opposition, à savoir celle des démocrates et celle des Forces du changement, se rejoignent sur un point important : les deux blocs réclament la libération des détenus d’opinion et l’arrêt des poursuites judiciaires avant d’envisager un vrai dialogue avec le pouvoir. Il est vrai que depuis la semaine dernière les brutalités policières et les arrestations ont sensiblement diminué, malgré la diffusion d’une vidéo montrant des policiers agressant un manifestant. Fait inédit depuis le début des manifestations, la police puis la justice ont annoncé l’ouverture d’enquêtes sur les faits. Cela semble donc faire partie de ces mesures d’apaisement que réclame la classe politique. Sauf qu’entre-temps, des personnes sont toujours en prison pour avoir exprimé leur opinion ou pour avoir brandi l’emblème amazigh. Ce qui a mené des acteurs politiques à réclamer la libération des détenus d’opinion. C’est le seul point qui semble unir les deux blocs. Hormis ce point précis, les deux initiatives de l’opposition ne se rejoignent que rarement. 
Alors que les Forces du changement acceptent d’aller “le plus rapidement possible” vers une élection présidentielle, les partis de  l’Alternative démocratique veulent une période de transition durant laquelle “tout sera remis à plat”. L’idée d’une Assemblée constituante ne devient pas une exigence fondamentale pour ce groupe. Mais ces formations politiques, rejointes sur beaucoup de points par l’initiative des organisations de la société civile, ne veulent pas faire de l’élection présidentielle “une fin en soi”. 
Outre ces lignes de fracture, le choix des personnalités qui devront “mener le dialogue” risque de constituer un casus belli entre le pouvoir, l’opposition et surtout le mouvement populaire qui ne semble donner du crédit à aucune initiative venant du pouvoir. Malgré ces couacs, des tractations se poursuivent dans la discrétion pour tenter de rapprocher des points de vue. 
Au sein des deux blocs de l’opposition, les contacts sont maintenus. Mais pour l’heure, les divergences sont tellement importantes qu’il est difficile de trouver un terrain d’entente. Les partis réunis dans l’Alternative démocratique accusent les partis des Forces du changement de vouloir “tendre une perche pour sauver le système”, estiment, entre autres, Mohcine Belabbas et Fethi Gharès. Ce qui ne décourage pas Abdelaziz Rahabi, qui a servi de coordinateur à la Conférence nationale de dialogue, d’envisager d’autres rencontres à l’avenir. Mais cet avenir ne semble pas proche. “Nous ne sommes même pas à un début de dialogue”, a reconnu Abdelaziz Rahabi.
 

Ali Boukhlef



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