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Le café littéraire de BéjaÏa condamne

“Exigeons le jugement du semeur de la mort !”

L’appel au meurtre proféré par un sinistre salafiste contre l’écrivain et journaliste Kamel Daoud, bien qu’ayant déjà fait l’objet d’une condamnation quasi unanime, ne doit pas rester impuni. La société civile, les partis, les intellectuels et artistes doivent se mobiliser avec force, constance, unitairement surtout, pour que ce fanatique moyenâgeux et barbare, bénéficiant tout comme ses acolytes des largesses du pouvoir, soit traduit en justice comme un malfrat.
Sans pression forte, les plus hautes autorités, civiles et militaires, n’en feraient rien, car elles (autorités) aussi ont grand intérêt qu’une voix comme celle de Kamel Daoud, auréolée d’une aura internationale suite à son obtention récente de plusieurs prix littéraires prestigieux, soit rapidement réduite au silence. L’enjeu réside à ce niveau-là justement, et le pouvoir a toujours utilisé des fanatiques religieux parmi les plus extrémistes, pour s’attaquer aux intellectuels qui lui sont ouvertement hostiles.
Bien plus que la condamnation morale, politique et judiciaire qui doit frapper ce semeur de la mort dressé contre tout libre penseur, il est impératif de se mobiliser aussi pour démystifier la stratégie de salafisation de la société menée inlassablement par le courant intégriste sous l’œil complaisant du pouvoir, lui-même utilisant l’islam comme instrument politique pour exercer un contrôle social sur les citoyens.
Dans le même sillage, il faut, sans plus attendre, instaurer un débat public national sur la place de la religion dans la société, sur la liberté de conscience, sur la diversité religieuse, sur le respect de l’autonomie de la conscience individuelle, sur l’égalité en droit et en devoir entre l’homme et la femme, afin que ces principes fondateurs de toute société moderne soient assimilés par nos concitoyens à leur juste signification… Il faudra aussi œuvrer à exiger une réforme totale de l’enseignement de la religion à l’école qui est transformée en terreau de l’intolérance religieuse, du rejet de l’autre, de la négation du droit à la différence, de la raison critique, du libre arbitre… Des millions d’enfants et adolescents, victimes d’un viol de conscience, sont ainsi profondément imprégnés de cet enseignement rétrograde, jetant une bonne partie de cette jeunesse dans les bras de l’intégrisme qui l’a déshumanisée.
Ne banalisons surtout pas cet appel au meurtre. Si nous devons nous replonger dans notre mémoire, il surgira un autre démon du même acabit,
dénommé Saci Lamouri, ancien ministre des Affaires religieuses, qui, en 1993, sous un climat de guerre civile, appela, via la très officielle Télévision algérienne, au meurtre d’intellectuels, dont l’écho résonna comme un mot d’ordre entendu et exécuté quelques mois plus tard par des assassins tirant sur des
intellectuels du plus haut sommet des minarets et de l’État.
Faudra-t-il encore que l’on assistât passivement au retour des liquidations physiques de nos libres penseurs, qui ont d’abord un grand mérite de vivre dans leur pays, pour que l’on réagisse contre l’obscurantisme ? Certainement pas. La contre-offensive doit être quotidienne, organisée et menée sur le terrain avec conviction et intelligence par l’élite intellectuelle, la société civile, des partis et personnalités, lui opposant un projet de société véhiculant des valeurs humanistes, de progrès et de liberté.

Le Café littéraire de Béjaïa


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