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Il fait l'objet d'une campagne de diabolisation

Ferhat Mehenni : ange ou démon ?

©D. R.

Ferhat Mehenni a le droit de défendre le programme qu’il veut, et ce, indépendamment de ce que nous pouvons en penser. “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire”, dit une célèbre citation qu’on attribue faussement à Voltaire. C’est au peuple d’adhérer ou de désapprouver. Le dernier mot lui revient et de droit.

C’était un peu un défi à relever. Aller voir Ferhat Mehenni et l’interviewer. Lui, c'est le président de l’Anavad. On l’a bien rencontré, à Paris, et on en est revenu sain et sauf ! Finalement, la campagne de diabolisation dont il fait l’objet était trop foireuse ! C’est un bonhomme affable et jovial que nous avons rencontré, au Xe arrondissement.
Il souriait même ! Tout en étant dubitatif. Il devait certainement se dire : que peut bien me vouloir ce journaliste de Liberté ?
Tout d’abord, c’était une lubie un peu personnelle que d’entretenir le légendaire Ferhat Imazighen Imoula de toutes les questions qui pouvaient nous effleurer l’esprit. “Le maquisard de la chanson”, comme aimait à l’appeler Kateb Yacine, avait bel et bien bercé de ses chansons contestataires et révolutionnaires des générations de militants. Des textes comme “Idurar tsidets chevhen” (Les montagnes sont certainement belles) ou encore “Tazmart u xedam” (la force du travailleur) sont carrément des topos de formation politique marxiste. Ils le sont toujours.
Ce qui avait valu à Ferhat Mehenni à l’époque déjà l’interdiction, les arrestations et la prison. La chanson engagée de cette époque scandait le vrai socialisme à la face des fossoyeurs de la révolution algérienne et de ses espoirs. “Anved af tizi bwassa” était le cri de ralliement des manifestants contre le pouvoir du parti unique.
C’était une époque et Ferhat en était l’un des symboles. Prendre un pot, halal ou haram, peut importe, avec ce gars était important à nos yeux. Pour l’anecdote, un sénateur algérien (oui ! oui !), l’ayant reconnu, est venu à sa table pour lui faire l’accolade ! Une accolade bien chaleureuse ! Passées les présentations, il a dû nous supplier de ne pas le citer car il ne voudrait pas que ça se sache ! On ne peut apprécier Ferhat Imazighen Imoula publiquement !  
Ensuite, faire parler Ferhat Mehenni est pour nous une question d’ordre démocratique. Il y va de la liberté d’expression.
A-t-il le droit d’exprimer ses idées, fussent-elles séparatistes ? Oui. Ferhat Mehenni a le droit de défendre le programme qu’il veut, et ce, indépendamment de ce que nous pouvons en penser. “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire”, dit une célèbre citation qu’on attribue faussement à Voltaire. C’est au peuple d’adhérer ou de désapprouver. Le dernier mot lui revient.
Désolé pour le ton professoral, mais c’est ce qu’on appelle le “verdict populaire” !
Et ce n’est surtout pas au ministère de l’Intérieur de décider des idées et des programmes qui seraient bons à faire circuler. Encore moins à Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND et non moins chef de cabinet de la présidence de la République. Lui qui n’avait pas hésité à consulter Madani Mezrag sur le projet de révision de la Constitution algérienne. “Yentayi ousamid d’agoul” (le froid m’a piqué au cœur), chantait justement Ferhat dans les années 1990, lorsque les hordes terroristes égorgeaient les derniers espoirs d’Octobre 88.  Mais Ferhat Mehenni défend des idées séparatistes et indépendantistes ? Oui et alors ? Ferhat se bat pour un idéal, un projet de société et un État, dont la finalité est, pour le moins, l'espoir de libérer l'être humain, fût-il kabyle, du joug de l'oppression sociale, culturelle, économique et politique ! Il se trompe ? Peut-être que oui. Et alors ? Madani Mezrag et sa mouvance, eux, ont pris les armes pour instaurer leur “dawla islamiya”, l’ancêtre de Daech, n'hésitant pas à liquider hommes, femmes et enfants !
Mais enfin qui a peur de Ferhat Mehenni et pourquoi toute cette diabolisation ? Est-ce une façon de venir à bout du MAK, devenu depuis au moins deux ans, une donnée politique en Kabylie ? Certainement pas. La répression et les persécutions n’ont jamais réglé les problèmes politiques. Ferhat Mehenni : ange ou démon ? À une question sur ses projets, il nous fait part, en effet, de... son intention d’enregistrer des musiques “de type classique, à la manière de Beethoven, Mozart, Brahms ou Tchaïkovski” ! C’est humain ! Humaniste ! C’est tout un programme.

M. F.

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5 réactions
meliani le 14/12/2016 à 13h27

Vous dites qu'il se bat !! quel combat mène cet individu ? celui de la discorde entre Algériens de toutes régions ! un "idéal" qui n'a que de nom !une revendication STUPIDE !et insensée !je suis stupéfait quand je lit dans votre article"un joug l’oppression sociale,culturelle,politique et économique !n'importe quoi !proféré par n'importe qui! ou si un individu,malsain qui prêche une révolte fratricide à dégager !! je dis encore au risque de me répéter l'ALGERIE EST INDIVISIBLE l'Armée veille

Yiwen le 15/12/2016 à 8h36

Rien qu'en lisant ce commentaire de Melianie, on a tout de suite envie de se séparer de l'Algérie.

Yassirem le 14/12/2016 à 14h35

La question n’est pas de savoir si monsieur Ferhat Mehenni a le droit d’exprimer ses idées ou pas. Je crois que poser cette question en ces termes nous fait reculer d’au moins 28 ans. La liberté d’expression doit être non négociable. Mais cette liberté ne doit pas inclure le droit de mentir, de diffamer et de calomnier. Domaines dans lesquels excelle monsieur Mehenni.

Meziane Amokrane le 15/12/2016 à 10h10

M. Yassirem, faut-il vous rappeler que M. Bentchicou patron de l'ex journal la matin a été emprisonné à El -Harrach pour avoir publié un livre sur Boutef.....et plus récemment il y'a une vingtaine de mozabite dont M. Fekhar pourrissent en prison dans le silence assourdissant....et plus grave, M.Tamalt, un blogueur vient de mourir en prison pour s'être attaqué à sa majesté ...vous dites reculer de 28 ans !! Vous faites de l'enfumage. Quant aux calomnies vous êtes dedans. avez vous des preuves ?

meliani le 15/12/2016 à 12h38

Yiwen justement c'est ce que tout Algérien ne le souhaite pas !ce qui me révolte ce sont les interventions de ces individus qui font la différence !! car personne n'a mis en cause les langues et les cultures ni de la Kabylie,ni des Aurès,ni du M'zab,ni des Touareghts et autre régions de notre Pays Tous continuent de vivre selon leurs traditions et leurs coutumes et personne ne pourra leur ôter l'héritage de leurs origines alors pas d'amalgames je vous prie ! je suis sincère.

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