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Renégociation des contrats à long terme qui expirent en 2018 et 2019

Gaz : grosse pression sur Sonatrach

Siège de la compagnie nationale des hydrocarbures. ©D. R.

Certains devinent derrière cette mini-crise, entre deux opérateurs qui se connaissent depuis longtemps, un rapport de causalité entre les renégociations des contrats à long terme, dont une partie arrivera à échéance en 2018 et 2019, et les prix du gaz.

L’approvisionnement en gaz du sud-ouest de la France par Sonatrach fait polémique. Le gestionnaire français du réseau de transport de gaz GRTgaz, une filiale à 75% d’Engie (Engie, anciennement GDF-Suez), a présenté, dans une première passe d’armes, il y a dix jours, un tableau fait de ruptures de l’approvisionnement en gaz et de difficultés dans la liquéfaction.
Vrai ou faux ? Sonatrach s’en défend, en affirmant qu’elle n’a pas failli à ses engagements contractuels en matière d’approvisionnement en gaz naturel de la France. Et d’expliquer que les quantités contractuelles acheminées vers le sud-ouest de l’Hexagone avaient été “totalement épuisées” par l’opérateur Engie, en raison de la hausse de la consommation suite notamment à la persistance des mauvaises conditions climatiques dans le pays. De fait, pareille situation a contraint GRT gaz à solliciter Sonatrach pour l’approvisionner en quantités supplémentaires de gaz. Le groupe pétroler, ayant des engagements avec d’autres clients, n’a pas satisfait à la demande française. Cela ne semble pas plaire à la filiale d’Engie.
Ce pourquoi, certains devinent dans cette mini-crise, entre deux opérateurs qui se connaissent depuis longtemps, un rapport de causalité entre les renégociations des contrats à long terme, dont une partie arrivera à échéance en 2018 et en 2019, et les prix du gaz. Il y a sûrement une part de vrai là-dessous ? La compagnie nationale d’hydrocarbures, dans une déclaration récente, a esquissé une réponse à ces questions, relevant, entre autres, que le recours d’Engie à Sonatrach pour augmenter ses livraisons gazières s’explique, en fait, par le retour à la hausse des prix de gaz sur le marché spot puisqu’il est indexé sur les cours du pétrole brut. Et d’ajouter : “La compagnie algérienne avait subi des pressions de la part des sociétés françaises et européennes pour réviser les prix contractuels de gaz dans le sillage de la chute des prix de pétrole. La partie française voulait renégocier en réalité les contrats gaziers à long terme avec Sonatrach lorsque les prix du gaz étaient bas. Ils (les Français, NDLR) voulaient faire pression sur Sonatrach pour renégocier ces contrats.” Engie ainsi que sa filiale n’ont pas réagi à ces arguments. Ce qui est sûr, cependant, c’est que le marché gazier européen, terrain de prédilection de Sonatrach, se complique à mesure qu’augmente le nombre de fournisseurs gaziers. Aussi, il serait difficile pour la compagnie nationale de vendre son gaz à qui mieux-mieux et de renégocier les termes, et les conditions de l’entente expirée. Ali Kefaïfi, un ancien cadre au ministère de l’Énergie et par ailleurs expert en énergie, explique que l’analyse des prix contractuels (hors spot) du GNL de ces deux  dernières années montre “une relative convergence” des trois marchés mondiaux (Asie, Europe et États-Unis), même s’il reste quelques différences liées au transport ou à l’éloignement entre producteurs et consommateurs.
De même, dit-il, les prix du gaz ne seront plus liés au prix du pétrole, d’où les baisses de prix des contrats gaziers, notamment ceux conclus entre Sonatrach et ses clients (italiens, français, espagnols, etc.). Pour lui, “Engie fait pression” sur Sonatrach avec des comportements “surannés”, en utilisant de faux subterfuges qui avaient marché, il y a quelques années (histoire de bras de chargement de GNL…). Tout comme pour le pétrole cartellisé, le marché gazier change, rappelle-t-il. Cependant, note l’expert, le prix du pétrole dépend du marché.
Et de recommander : “Il faut que les dirigeants algériens pensent à adopter une nouvelle politique gazière, endogène, plus dynamique et moins irrationnelle : passer à la récupération tertiaire du pétrole et disposer de ces gigantesques quantités de gaz associé (près de 90 milliards de m3/an), arrêter les pertes de fonctionnement des anciennes usines de GNL (passer aux turbines à gaz au lieu de vapeur), transformer industriellement le gaz (pétrochimie, engrais, aluminium, réduction directe, etc.).” Et en ces années de vache maigre, il faut, préconise-t-il, faire le bilan économique de notre chaîne gazière, probablement structurellement déficitaire depuis 1998, voire avant.

Youcef Salami


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