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A la une / Actualité

Assassinat de Mohamed Boudiaf

Ghlamallah accuse “ceux qui l’ont ramené”

©Liberté

L’intérêt de la déclaration tonitruante du président du HCI se trouve justement dans le fait qu’elle tranche complètement avec la version officielle d’acte isolé, ressassée jusque-là.

Le président du Haut conseil islamique (HCI), Bouabdellah Ghlamallah, a fait mardi une déclaration des plus étranges pour le haut fonctionnaire qu’il est, lui qui a, en sus, occupé, par le passé, des responsabilités ministérielles. L’ancien ministre des Affaires religieuses n’y va pas par tente-six chemins pour déclarer, publiquement, que le président Mohamed Boudiaf a été assassiné “par ceux-là mêmes qui l’avaient ramené”. Invité au Forum du journal gouvernemental arabophone Echaâb, M. Ghlamallah, sans prendre de gants ni de pincettes, lâche ce qui apparaît comme une véritable bombe, tant le cadavre de Tayeb El-Watani continue de hanter le système algérien, 25 ans après la terrible tragédie de sa liquidation à Annaba, en direct à la télévision publique.
“L’école fondamentale commençait à porter ses fruits. Vous n’avez qu’à voir ceux qui ont passé le bac 2008 et 2009, s’il y en a un qui a échoué qu’on me le ramène. Et au moment où l’école était réellement nationale et contribuait à la construction nationale, ceux qui ont ramené le président Boudiaf lui ont fait dire que l’école était sinistrée, moins d’une semaine après, ils l’ont tué”, a lâché Bouabdellah Ghlamallah devant une assistance médusée et restée sans voix.
L’intérêt de la déclaration tonitruante du président du HCI se trouve justement dans le fait qu’elle tranche complètement avec la version officielle ressassée, jusque-là, par les tenants du pouvoir par rapport à ce crime politique qui a fait vaciller l’Algérie.
La déclaration du président du HCI peut constituer une révélation en la matière, tant la version officielle s’est toujours basée sur les conclusions de la commission d’enquête présidée par le moudjahid Ahmed Bouchaïb, pour expliquer qu’il s’agissait d’un acte isolé commis par illuminé obnubilé par le discours religieux à la mode à l’époque des faits. L’affirmation est d’autant plus curieuse qu’elle a été exprimée au détour d’une phrase contenue dans une réponse à une question sur la situation de l’école algérienne. Invité à donner son avis sur ce sujet d’une sensibilité extrême, Bouabdellah Ghlamallah a, en effet, lié directement l’état actuel de l’école algérienne à l’assassinat de Boudiaf.
Pour lui, il n’y a pas de doute : ceux qui ont tué Boudiaf sont ceux-là mêmes qui l’ont ramené et intronisé et lui ont fait dire que cette école-là était sinistrée. L’autre curiosité dans la déclaration du président du HCI est qu’elle intervient quelques jours seulement après la commémoration du 25e anniversaire du retour au pays de Mohamed Boudiaf, le 16 janvier 1992, après trente ans d’exil forcé. Pourquoi une telle déclaration en ce moment précis ? Pourquoi avoir évoqué l’assassinat de Boudiaf alors que la question qui lui a été posée concernait la situation de l’école algérienne ? Autant de questions auxquelles seul Ghlamallah peut répondre.
Certains peuvent considérer que Bouabdellah Ghlamallah n’a fait que défoncer, avec sa sortie médiatique, des portes déjà ouvertes, mais, faut-il nuancer, jamais, jusqu’ici, un officiel ne s’était risqué à évoquer ce sujet de manière publique et aussi tranchée.   

H. Saïdani


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7 réactions
meliani le 19/01/2017 à 12h59

Tous les Algériens SAVENT que le Président Mohamed Boudiaf a été exécuté par un groupuscule qui a fomenté et prémédité le mortel traquenard qui a réduit a néant l'espoir de tout un peuple !! l'acte " isolé " clamé par les " autorités de l'époque ? ils voulaientfaire croire au peuple qui a atteint sa maturité depuis des siècles en combattant pour la liberté de son pays qu'ils étaient " innocents " bien entendu personne ne les a cru et toute l'Algérie a pleuré et a fait son deuil!qui dure encore

afalkou le 19/01/2017 à 13h03

Où était-il ce sieur avant pour venir aujourd’hui 25 ans après lâcher ce .que tous les algériens savaient ? Il avait cautionné toutes les tares du pouvoir quand il était à la mangeoire. La « sinistrosité »de l’école Algérienne ne date pas des années 90 bien avant, c’est vers la fin des années 70 « mystère » Ghouleme, quand Boumedien avait commencé à caresser les islamistes dans le sens du poil, la dérive avait commencé en ce moment précis, en lâchant les brides à ses fous de Dieu ! Tu veux te

népourêtrelibre le 19/01/2017 à 13h36

Ce discours nous l'avons déjà entendu par plusieurs personnes qui faisaient ou qui font encore partie du sérail mafieux. Moi je dis que l'assassinat de Boudiaf nous le saurons jamais comme d'autres aussi tels que l'assassinat de Matoub, de Mécelli, du fils de Mehenni, de Krim, de Abane, de Khider et même ceux qui ont fomenté la décennie noire. Le régime de Bouteflika dépasse la mafia Russe et Italienne. La France doit le savoir sur ce qui arrive à notre pays, l'Algérie. La France est notre mal

népourêtrelibre le 19/01/2017 à 13h47

Je dis que tous ceux qui ont collaboré de prés ou de loin avec le régime totalitaire, sanguinaire, tortueux, putschiste, oppresseur, opprime, comprime, conformiste nourrissent le mensonge. Ne peux les croire. Oui et je le confirme l'école avec l'arabisation est sinistre. Je dirai oui l'école d'Avant avant l'introduction de l'arabisation était meilleure. Certainement ce vieillot islamiste après avoir fait son beurre aujourd'hui vient nous dire ce que nous avons déjà entendu par le fis de Boudiaf.

népourêtrelibre le 19/01/2017 à 16h28

(...)Aujourd'hui, Il sort de sa réserve après avoir été limogé ou mis à l'écart par ceux qui ont ramené l'assassiné. Pourquoi n'a t-il pas évoqué du moins l'assassinat de Lounès Matoub peut-être qu'il est au courant aussi n'Est-ce pas. Nous sommes tous victimes.

népourêtrelibre le 20/01/2017 à 14h53

Vous savez ce pseudo président du Haut conseil islamique (HCI), B. Ghlamallah, aujourd'hui limogé ou mis en retraite, s'il était ailleurs par exemple au Canada la justice l'aurait convoqué illico presto pour de tels propos. Vous savez qu'au Canada le mensonge est condamné, l'harcèlement, violence, répression et oppression. L'État fédéral du Canada punit toute forme de dictature. Nous on les tolère c'est pour cela n'importe qui peut lancer un scoop dès qu'il met son pied à terre à son réveil.

Fraternity le 20/01/2017 à 15h29

Les propos de M. Ghoulam posent avec véhémence le problème de l'impunité dans ce pays. Tous les crimes d'Etat et de ses agents n'ont trouvé aucune suite judiciaire; il y a une forme de délinquance étatique. L'Etat encourage et ferme les yeux sur les crimes et les atteintes portées aux personnes et aux biens. le dernier crime concerne le journaliste M. TAMALT arrêté arbitrairement, emprisonné et torturé jusqu'à sa mort, des ministres soupçonnées de détournements d'argent public qui exercent...

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