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Après Tizi Ouzou, il était hier à Aïn El-Hammam pour dédicacer son livre

Hugh Roberts : “Il faut élargir les principes d’une vraie démocratie en Algérie !”

©D. R.

Après avoir sillonné la Kabylie depuis les années 1970, l’anthropologue et chercheur britannique Hugh Roberts est revenu cette semaine dans la région pour dédicacer son dernier livre intitulé “Algérie-Kabylie, études et interventions”,  paru aux éditions Barzakh.

Après Tizi Ouzou, il a été l’hôte d’Aïn El-Hammam. Devant un parterre de jeunes et de moins jeunes, lycéens, étudiants et enseignants, le chercheur a animé une conférence-débat autour des questions d’ordre historique et politique portant sur l’évolution des idées politiques émanant essentiellement de la vie sociale en Kabylie.
Connaissant bien la Kabylie pour y avoir exercé pendant les années 1970 en tant qu’enseignant d’anglais au lycée Abderahmane-Mira de Bouira, Hugh Roberts est revenu cette fois pour exposer ses études et ses interventions réunies dans un bel ouvrage. En tant qu’enseignant d’histoire, spécialiste de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à l’université de Tufts (États-Unis), il nous livre des analyses plus ou moins objectives quant aux événements assez critiques de l’histoire de l’Algérie, en relation avec le mode de gestion et de pensée inspiré des structures sociales archaïques, avec leur contenu de traditions ancestrales.
“Écrivant depuis très longtemps en anglais, je me suis rendu compte, avoue Hugh Roberts, que je n’étais pratiquement pas lu par les premiers concernés, les Algériens, ce qui me poussa à écrire dans la langue de Voltaire”, dira d’emblée l’hôte de l’ex-Michelet qui étalera longuement ses réflexions sur “Le drame algérien des années 1990”.
Tout en se basant sur des questionnements autour des enjeux que le 1er Novembre 1954 suscite chez la nouvelle génération blasée qui, selon lui, “regrettera jusqu’au choix des hommes et remettra en cause l’option audacieuse de cette date charnière du déclenchement de la lutte de Libération nationale”.
Par ailleurs, l’anthropologue remet en question quelques recherches tendancieuses telles que l’étude d’Ernest Gellner ou celle de Luis Martinez qui ont tenté d’expliquer les affres de la décennie noire par l’appel à la guerre sainte. “Les observateurs étrangers doivent impérativement se référer aux traditions algériennes, aux traditions particulières de la Kabylie, cœur du pays dont l’influence est manifeste depuis la Régence d’Alger au mouvement national”, avertit l’auteur. Il s’étalera dans l’un de ses derniers articles relatifs à la refonte politique en Algérie dans le sillage des “révolutions arabes”, ce qui est entaché, selon lui, de l’aspect très violent de la colonisation qui laissera émerger le caractère radical dans les revendications, comme il le sera indiqué clairement dans le mouvement islamique et le mouvement citoyen, quoique ce dernier laisse entendre des projets ambitieux mais non moins dangereux contenus dans la plateforme d’El-Kseur. Le débat relève un intérêt particulier à l’histoire du particularisme kabyle prôné par l’école coloniale avec son armada d’anthropologues et “les effets positifs de la colonisation”, de la Kabylie précoloniale à l’Algérie postindépendance. À ce propos, Hugh Roberts dira en substance : “Je m’insurge contre ceux qui pensent qu’avant la colonisation, il n’y a pas eu d’histoire et de civilisation en Algérie”, tout en estimant qu’“il y a des ingrédients pour une véritable démocratie en Algérie, la presse et le pluralisme en sont un exemple, je pense que vous y parviendrez un jour, je l’espère et c’est mon souhait le plus cher !”
Enfin, l’auteur dédicacera son livre devant une importante assistance avant d’effectuer une belle ascension en haute montagne au lieu saint Azro n’Thor pour se recueillir plus tard sur la tombe de Silhafid Yaha, ancien officier de l’ALN et membre fondateur du Front des forces socialistes (FFS), mort en janvier 2016.

LIMARA B.


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