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Actualité Mercredi, 13 Juin 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Marquée par des dysfonctionnements

L’offre d’emploi reste insuffisante en Algérie

Par : Meziane Rabhi

Les programmes de relance de la croissance ont permis de ramener le taux de chômage autour de 10% en 2011, relève le rapport sur les perspectives économiques en Afrique pour 2012. Ce taux varie selon le genre, la classe d’âge et le niveau d’instruction. Il s’établit à 8,1% chez les hommes et 19,1% chez les femmes. Le taux d’activité des jeunes de 15 ans et plus s’établit à 41,7% avec  68,9% pour les hommes et 14,2% pour les femmes. Sur une population active de 9,73 millions de personnes, on compte 1,47 million de femmes (15,1% du total). Deux actifs sur trois travaillent dans le secteur privé ou mixte. Le salariat constitue le statut d’occupation dominant et représente 65,8% de la population active (avec 33,4% de salariés permanents).
Les secteurs de l’agriculture, des services et du BTP contribuent pour 54,8% à la création nette d’emplois. L’emploi privé domine, sauf dans les services. “Le chômage touche principalement les jeunes, notamment les 15-24 ans, avec un taux de 21,5%, soit un actif sur cinq. La proportion des filles au chômage est de   37,5% et celle des garçons de 18,7%. L’emploi, et singulièrement celui des jeunes, se trouve donc au cœur des priorités des pouvoirs publics. Le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur a atteint 21,4% (11,1% chez les hommes et 33,6% chez les femmes)”, souligne le rapport. En revanche, la population n’ayant aucun diplôme enregistre un taux de chômage de seulement 7,3%.  Parmi les outils de lutte contre le chômage figurent les emplois temporaires, la retraite anticipée, le microcrédit et la microentreprise. Cependant, l’offre d’emploi reste insuffisante et marquée par des dysfonctionnements. Selon une enquête sur l'emploi auprès des ménages, l’accès à un poste passe dans 40,6% des cas par des relations personnelles ou familiales, 15,7% par concours ou examen et 14,2% par contact de l’employeur. Seulement 9,1% des postes sont pourvus par le biais d’une réponse à une annonce, 7,1% par le biais de l’Agence nationale pour l’emploi (Anem) et 3,8% par les établissements de formation. Au final, seulement un tiers de l’offre de travail transite par le marché de l’emploi. Les programmes pour l’emploi lancés en 1988 ont été renforcés par le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (Daip), créé en 2008. Ce programme accompagne, place les jeunes et les aide à obtenir un contrat de travail. Il a contribué à la création de 169 296 emplois en 2011. Par ailleurs, l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) s’occupe des jeunes promoteurs de 19 à 35 ans pour la création et l’extension d’activités de production de biens et de services. Quant à l’Agence nationale de gestion du microcrédit (Angem), elle est destinée aux travailleurs indépendants, aux travailleurs à domicile et aux personnes exerçant de petits métiers dans l’artisanat, la production de biens ou la fourniture de services. La Caisse nationale d’assurance-chômage (Cnac) encadre les travailleurs licenciés pour des raisons économiques appartenant à la classe d’âge des 30-50 ans. Enfin, le dispositif du contrat de pré-emploi (CPE) destiné aux populations affectées par la pauvreté, le chômage et l’exclusion est articulé autour de sous-programmes tels que l’emploi salarié d’initiative locale (Esil), les travaux d’utilité public à haute intensité de main-d’œuvre (Tuphimo) et les indemnités d’activité d’intérêt général (IAIG). Tous ces dispositifs ont contribué à atténuer le chômage. Les données disponibles révèlent que 660 810 demandeurs d’emploi ont bénéficié du dispositif d’aide à l’emploi en 2011. Quelque 50 000 personnes ont fait l’objet d’un contrat de travail aidé (CTA) et 50 000 emplois ont été créés dans le secteur privé. Les jeunes chercheurs d’emploi ont la possibilité, pour bénéficier d’un contrat de travail, de s’inscrire auprès des institutions publiques, dans les différents dispositifs d’emploi ou auprès des agences privées. “Les relations entre les universités, les grandes écoles et le monde du travail existent, mais doivent être renforcées. Certaines entreprises ne perçoivent pas encore l’apport de l’innovation et de l’intelligence économique dans le développement de la production et surtout de la productivité. Pour la plupart des jeunes qui bénéficient de différents types de contrats de pré-emploi, la question de leur régularisation reste encore posée”, constate le rapport. La démocratisation et l’élargissement de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur sont des priorités nationales, en vue d'une meilleure adéquation avec le marché du travail. Le rapport indique qu’à cause de l’intensité du chômage, les jeunes acceptent des emplois sous-qualifiés et parfois sous-payés pourtant dans le cadre des incitations au recrutement les cotisations sociales et les charges patronales imputables à l’emploi des jeunes sont prises en charge par les pouvoirs publics. Les jeunes montrent une attitude flexible en matière d’emploi et de mobilité géographique. En revanche, les employeurs sont réticents à l’embauche des demandeurs d’emploi sans expérience. “Face à un environnement évolutif sur le plan des métiers et des qualifications, seules des politiques de promotion des compétences, de réhabilitation des savoirs et de recyclage pourront atténuer durablement le chômage”, conclut le rapport.


M. R.

 

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