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GaÏd Salah maintient un agenda politique déconnecté de la réalité

La fausse solution à une vraie crise

Le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah. © D. R.

“Il nous incombe d’œuvrer à réunir les conditions idoines pour l’organisation de l’élection présidentielle le plus tôt possible”, a souligné le chef d’état-major de l’ANP. 

Le chef d’état-major de l’ANP, vice-ministre de la Défense nationale, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a satisfait, mardi, au rituel hebdomadaire qu’il observe avec assiduité depuis l’éclosion de la révolution du peuple le 22 février dernier. En effet, il a, de nouveau, discouru sur la crise politique dans laquelle le pays se débat depuis plusieurs semaines. Et, comme attendu, sa nouvelle prise de parole s’est articulée sur deux éléments essentiels : le maintien de la feuille de route pour une transition dans le cadre de la Constitution et une nouvelle explication de texte concernant le traitement des affaires de corruption présumée par la justice (voir article ci-desous). Ahmed Gaïd Salah, qui est dans un rôle que la Constitution ne lui confère pourtant pas, a insisté, une fois de plus, sur le mécanisme constitutionnel comme unique voie de sortie de crise, renouvelant ainsi son refus de la revendication populaire d’une transition politique en dehors et sans les figures du système. Il insiste sur ce mécanisme même si tout montre que la voie en question mène droit dans l’impasse et est sans issue.

L’élection présidentielle programmée pour le 4 juillet prochain est sérieusement compromise à la fois par son rejet par les millions d’Algériens et par les défections significatives dans les rangs des élus et parmi les personnels dont l’implication dans la conduite du processus électoral est indispensable. “Dans cette optique, et dans le respect de la Constitution et des institutions de l’État, il nous incombe d’œuvrer à réunir les conditions idoines pour l’organisation de l’élection présidentielle le plus tôt possible, du fait qu’elles constituent la solution idéale pour sortir de la crise, pour faire face à toutes les menaces et les dangers qui guettent notre pays et pour déjouer les desseins hostiles visant à nous mener vers le vide constitutionnel et enraciner le pays dans les spirales de l’anarchie et la déstabilisation”, a-t-il affirmé, ajoutant que “ce mécanisme constitutionnel permettra d’élire un président de la République ayant la légitimité et les prérogatives pour concrétiser le reste des revendications populaires légitimes (…)” En parlant d’une présidentielle le plus tôt possible, le chef d’état-major penserait à l’évidence à l’échéance du 4 juillet. Mais pourquoi a-t-il choisi cette formule de spectre ouvert à l’affirmation précise ? On comprendra que ce n’est pas par méprise à la lecture du paragraphe manquant au discours publié mardi. Les services de la communication du MDN, qui ne sont pas à leur premier “rattrapage”, ont diffusé hier un complément au discours de la veille de Gaïd Salah dans lequel est évoquée l’idée du dialogue pour “des solutions disponibles”.

C’est, pour sûr, pour entretenir l’espoir d’une adhésion à ce dialogue qu’il a été fait le choix de ne pas mentionner la date de l’élection présidentielle. “Je demeure entièrement convaincu qu’adopter le dialogue constructif avec les institutions de l’État, est l’unique moyen pour sortir de la crise étant conscient que le dialogue est l’un des moyens les plus civilisés et les plus nobles dans les relations humaines et la voie la plus judicieuse pour présenter des propositions constructives, rapprocher les points de vue et atteindre un consensus autour des solutions disponibles”, a souligné Gaïd Salah. Par solutions disponibles, le chef d’état-major de l’ANP n’entend surtout pas la solution préconisée par le peuple, soutenu par l’opposition politique. 

Gaïd Salah n’a pas manqué de rappeler qu’il n’entrevoit pas de sortie de crise en dehors de l’élection présidentielle, avertissant, une fois de plus, contre “les desseins hostiles visant à mener vers le vide constitutionnel”. Les auteurs de ces desseins, il ne les cherche pas loin. Ils se recrutent, selon lui, parmi ceux qui ont “inventé” la crise “dans le but de semer les graines de la déstabilisation en Algérie, en créant un environnement propice au vide constitutionnel”. 
 

Sofiane AÏt Iflis



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