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Échange d’amabilités entre Ould Abbes et Khaldoun

La purge a-t-elle commencé au FLN ?

Djamel Ould Abbes, SG du FLN. ©D. R.

La sortie médiatique du désormais ex-porte-parole du parti peut être mise sur le compte des résistances, prévisibles, au demeurant, des cadres et militants restés fidèles à l’ancienne direction menée par Amar Saâdani.

Alors que l’on pensait que l’arrivée de Djamel Ould Abbes à la tête du Front de libération nationale en remplacement du tintamarresque Amar Saâdani serait le début d’une nouvelle ère au sein du parti faite d’apaisement et de détente, la démission, avec fracas, de Hocine Khaldoun, membre du Bureau politique et responsable de la communication, vient rappeler à tout un chacun que la maison FLN n’est pas encore sortie du bourbier. Loin s’en faut. L’échange d’amabilités, par presse interposée, entre le secrétaire général Djamel Ould Abbes et Hocine Khaldoun, peut constituer un signe qui ne trompe pas sur la guerre larvée que se livrent les instances du parti, acquises à l’ex-direction du parti sous la conduite de Saâdani, et le tout nouveau patron du parti qui tente de placer ses hommes pour mieux dompter le colosse.
La démission du porte-parole du parti de son poste et de l’instance exécutive du parti aurait pu passer inaperçue n’avait été le tumulte provoqué par les graves accusations lancées à la figure d’Ould Abbes par M. Khaldoun. Ce dernier reproche en effet au premier une gestion autoritaire et l’absence de consultation des instances du parti dans la prise de décisions d’importance organique. Mais selon toute vraisemblance, ce qui a déclenché ce remue-ménage au sein de l’ex-parti unique, c’est le changement opéré par le nouveau secrétaire général à la tête du service de communication du parti qui sera, désormais, géré par l’ancien ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Moussa Benhamadi, en remplacement de Hocine Khaldoun. Ce dernier n’a, visiblement, pas digéré sa mise à l’écart au profit d’une personnalité qui n’est pas pour autant membre de la direction du parti. Mais par rapport à cela, Ould Abbes s’en défend et rappelle ses prérogatives de secrétaire général du parti qui lui permettent de nommer des conseillers en cas de besoin, dans différents domaines.  
Quoi qu’il en soit, la sortie médiatique de Hocine Khaldoun est à mettre sur le compte des résistances, prévisibles au demeurant, des cadres et militants restés fidèles à l’ancienne direction menée par Amar Saâdani. L’arrivée impromptue de Djamel Ould Abbes à la tête de la formation, au moment où le comité central renouvelait la confiance à son prédécesseur, constituait un signe que la tâche du nouveau SG n’allait pas être de tout repos. En plus des nombreux courants de redresseurs qui continuent de s’agiter, Ould Abbes doit, en effet, composer avec des instances du parti élues ou désignées du temps d’Amar Saâdani. Certains parmi les membres du comité central ou du bureau politique sont des fidèles de l’ex-SG, et ils lui doivent tout, y compris ceux qui ont bénéficié de poste ministériel ou de haute responsabilité.
Djamel Ould Abbes nommé à la tête du parti sur instigation de la présidence de la République n’était pas sans ignorer cet état de fait. Il savait sans aucun doute que le terrain restait terriblement miné dans un parti où les clans sont aussi nombreux que les courants idéologiques qui le traversent. Certes, le nouveau SG, qui se prévaut du soutien des hautes autorités, dispose des outils lui permettant de prendre les décisions à même de ramener la sérénité dans la maison FLN, en prévision, notamment, des prochaines échéances électorales. Mais le contexte ne fait, en réalité, qu’exacerber les tensions au sein de cette formation, en raison des ambitions des uns et des autres de figurer sur les listes électorales, surtout pour ce qui est de la bataille des législatives.
Pour mener à bien sa feuille de route, Ould Abbes sait pertinemment qu’il a d’abord besoin de placer ses hommes de confiance aux postes-clés au sein du parti. Cependant, tout changement qu’il est tenté d’opérer peut être perçu par ses adversaires comme entrant dans le cadre d’une purge qui ne dit pas son nom. Le cas Khaldoun en est, d’ailleurs, un exemple des plus éloquents.

Hamid Saïdani


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