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A la une / Actualité

Dr Rachid Ghebbi, expert en industrie pharmaceutique

“La réglementation doit être actualisée”

©D. R.

La production locale de médicaments a représenté plus de 50% de l’offre en 2016 alors que les autorités ont fixé pour objectif un taux de couverture de 70%. Qu’est-ce qui bloque la progression de ce secteur ? Le docteur Rachid Ghebbi nous livre quelques éclairages.

Liberté : Quelle est la taille du marché national du médicament et quel est le taux de couverture de la production locale ?
Le Dr Rachid Ghebbi :
Il s’élève à plus de 3,5 milliards de dollars pour 2016, soit 0,35% du marché mondial, alors que la population compte pour 0,55% de la population mondiale. La consommation par habitant est donc inférieure à la moyenne mondiale. La taille en volume du marché global est d’environ 800 millions d’unités de vente modèle officine. Il est attendu une croissance du marché algérien à près de 5 milliards de dollars en 2019. La production locale a représenté plus de 50% de l’offre en 2016. Sur ce montant, 85% revient au secteur privé et 15% au secteur public. Pour autant, la demande en médicaments pour les maladies chroniques n’est toujours pas suffisamment assurée.

Quel est le potentiel actuel de production ?
Le potentiel de production pharmaceutique du secteur privé, de capital local et étranger, est passé d’une dizaine d’unités en l’an 2000, à 45 unités en 2010 et à 75 unités en 2015. À ce jour, il y a une quarantaine de laboratoires privés présents régulièrement sur le marché. La part de la production nationale est passée de 27% en 2008, à 46% en valeur et 51% en quantité pour l’année 2016. Plus de 80 projets sont, en outre, enregistrés au ministère de la Santé. Actuellement, le nombre de présentations fabriquées dépasse largement les 2 000 sur les 5 400 que compte la nomenclature nationale.

Les autorités avaient fixé pour objectif un taux de couverture de 70%. Où en est-on par rapport à cet objectif ?  
L’objectif de couverture de 70% des besoins par la production locale était fixé pour l’année 2014. Présentement il n’est toujours pas atteint. Cependant, on note des surcapacités de production notamment pour les produits présentés en comprimés et en gélules. L’industrie pharmaceutique est, faut-il le préciser, parmi celles qui se sont le plus développées au cours des quinze dernières années dans notre pays. L’activité est encadrée par un fort outil réglementaire, qui couvre les aspects essentiels de l’activité et qui fonctionne bien mais doit, bien sûr, être actualisé, car datant de plus de 25 années et doit s’adapter aux évolutions techniques.

Quels sont alors les moyens à mettre en œuvre ?
En fait, les opérateurs rencontrent beaucoup de contraintes bureaucratiques qui freinent au quotidien leur activité. Une avancée importante, en revanche, a été la mise en fonctionnement de l’Agence du médicament, prévue par un texte officiel datant de 2008. Rien ne peut justifier ce retard de près d’une décennie. Aujourd’hui, cette Agence fonctionne correctement et remplit progressivement ses missions. Toutefois, elle ne dispose pas encore suffisamment de personnels qualifiés. Parmi les initiatives récentes, il y a cette obligation imposée aux fournisseurs étrangers de reprendre leurs produits périmés. Outre que cela donne une piètre idée sur nos capacités de gestion et de prévision des commandes, le problème est censé être réglé en amont, puisqu’aucune importation ne se fait sans autorisation administrative préalable. D’autres retards importants sont signalés, dont l’approbation des prix à l’importation et à la production. Plusieurs autorisations sont nécessaires et à chaque fois l’opérateur doit déposer un dossier. Pourquoi ne pas regrouper tout en une seule demande, laquelle suivra un circuit à optimiser.

Quelles sont les conséquences de ces problèmes sur le marché national ?
La plus importante est celle des manques. Plus d’une centaine de produits sont en pénurie grave. Ce sont, souvent, des produits pour maladies chroniques. Cela amène des conséquences fâcheuses : errance des malades souvent âgés vers des dizaines d’officines à la recherche de leur traitement et retournant bredouilles chez le médecin pour changer le produit. À noter l’apparition d’un marché d’importation illégale, dit “cabas”, avec tous les risques de contrefaçon. Les initiateurs n’hésitent plus à s’afficher sur les réseaux sociaux avec des prix (exorbitants) et des listes avec photos ! Le Syndicat des pharmaciens d’officine avait publié récemment à l’attention de ses adhérents, une liste de produits contrefaits en circulation.
En outre, l’on voit apparaître des comportements immoraux et contraires à l’éthique : rabattage d’ordonnances par des comparses non qualifiés vers certaines officines, ventes sous le manteau dans des magasins non habilités de médicaments probablement volés, vente sur Internet de produis interdits et retirés du marché, compérage entre médecins et pharmaciens. Même si ces comportements restent marginaux, ils doivent être combattus et surtout rendus inutiles par un approvisionnement régulier du marché. Aujourd’hui, le pharmacien d’officine, au lieu de se consacrer à ses vraies tâches, le conseil au malade et l’analyse des ordonnances, est suspendu à son téléphone à la quête d’un produit introuvable.

Entretien réalisé par :  B. K.

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