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Collecte de fonds dans les rues à Tizi Ouzou pour la prise en charge deS pathologies lourdes

La solidarité citoyenne au secours des malades

Des volontaires s’adonnant à la collecte de fonds pour les malades nécessiteux. © D. R.

Face à un système de santé obsolète et faute de pouvoir accéder à des prises en charge à l’étranger, généralement réservées à certains privilégiés, c’est, depuis quelques années, la solidarité citoyenne qui supplée l’État pour venir en aide à des malades, démunis, atteints de pathologies lourdes, qui nécessitent leur évacuation à l’étranger.     

Il n’est, en effet, pas rare de croiser des jeunes vêtus de gilets jaunes ou orange portant des boîtes et des badges, en train de collecter des fonds au profit de malades. On les retrouve plus souvent dans les carrefours, les cafés, devant les mosquées ou aux abords des importants axes routiers. Ils consacrent parfois des heures, voire des journées entières, à solliciter la charité des passants en les invitant à glisser une pièce dans la boîte.

Des boîtes qui toutes portent un numéro, la fiche de présentation du malade et de sa pathologie, ainsi que le cachet du comité de village initiateur de la campagne de collecte. En ces temps de vaches maigres, il est, certes, très difficile de prétendre amasser beaucoup d’argent, mais la solidarité étant toujours une valeur présente en Kabylie, et aussi grâce à la persévérance de ces groupes de bénévoles, bien des malades ont pu être sauvés d’une mort certaine. C’est le cas d’une jeune fille de Boghni, au profit de laquelle, une somme de deux milliards de centimes a été récemment collectée, selon des habitants de la région. 

C’est le cas aussi à Timizart, dans la daïra d’Ath Ouaguenoun, où une campagne de collecte a été lancée par les comités de villages d’Ibazizène et d’Izarazen en collaboration avec l’APC de Timizart.  Ces derniers se sont fixé comme objectif de collecter une somme de 7 millions de dinars, afin de sauver Hand Oudjebour, âgé de 52 ans, un père de deux enfants souffrant d’une insuffisance rénale et nécessitant une greffe rénale, et de Mohammed Bonsiar, âgé de 64 ans, nécessitant une intervention au niveau des veines du pied droit pour un montant de 2 500 000 DA. 

Au bout de plusieurs semaines de mobilisation, les montants en question ont fini par être collectés et les deux malades ont pu, enfin, être soignés, a-t-on appris auprès des membres des comités concernés.  Depuis quelques semaines encore, ce sont des jeunes de Maâtkas qui sont quotidiennement mobilisés pour sauver Djamila Khermous, âgée de 36 ans, une mère de deux enfants nécessitant une intervention rénale en France pour un montant de 9 millions de dinars. “Depuis près d’un mois, nous sommes mobilisés pour sauver cette femme. 

L’opération de collecte avance lentement, mais sûrement. En tout cas, Djamila sera opérée en France et retrouvera une vie normale. On s’arrêtera quand toute la somme requise sera réunie”, nous confie un jeune volontaire croisé, une boîte dans les mains, sous un soleil de plomb, à Draâ Ben Khedda. À Aït Yahia Moussa, dans la daïra de Draâ El-Mizan, une des localités les plus pauvres de la wilaya, des jeunes sillonnent villes et villages de la wilaya depuis plus d’un mois pour venir en aide à Karim Seddiki, une jeune de 24 ans nécessitant une intervention en Turquie dont le coût s’élève à 23 500 euros. “Il est impossible pour sa famille de le soigner.

Il a besoin de la pose d’un système modulaire de reconstruction”, nous explique un membre du comité de soutien au malade. Pour ces jeunes, la somme est loin d’être réunie, mais ils ne se découragent pas pour autant. “La mobilisation finit toujours par payer car les habitants de la région ont un sens élevé de la solidarité”, nous explique, convaincu, l’un d’eux. Solidaires, les habitants se demandent souvent où sont passés l’État et son système de santé ? “Où sont passés les milliards de dollars du pétrole ?” s’interroge un passant invité par un bénévole à mettre une pièce dans la boîte.

“À qui profitent les prises en charge à l’étranger ?” se demande un autre avant que son compagnon ne déplore : “On a fait de la construction de la Grande mosquée d’Alger, qui est un gouffre financier, une priorité, alors que des malades meurent en silence un peu partout.” Un autre ne manque pas, pour sa part, de se réjouir de voir ceux qui sont derrière ce malheur du peuple finir derrière les barreaux.        
 

O. Ghilès

 

 


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