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Congrès international féminin à Oran

La Tariqa Alawiya donne la parole aux femmes


Placé sous le slogan “Paroles aux femmes”, la Tariqa Alawiya ouvre dès aujourd’hui à Oran, et ce, jusqu’au 2 novembre, un congrès international spirituel. C’est un vrai débat, souvent difficile à mener sans passion, sans excès, qui va être au cœur de ce rendez-vous international, à  savoir la place de la femme en islam, dans les sociétés musulmanes de notre époque et son rôle dans la transmission des valeurs humaines  et des messages porteurs de paix.
Ainsi, le guide spirituel de la confrérie soufie Alawiya, Cheikh Khaled Bentounès, qui organise l’évènement, a récemment expliqué dans nos colonnes que ce congrès international, qui est une première mondiale, a lieu conformément “à la 18e recommandation du centenaire, en 2009, de la voie soufie Alawiya, pour promouvoir et encourager la réflexion à la création d’un mouvement féminin international, force vive qui porte l’islam de demain”. Dans le préambule du colloque, les organisateurs, dont la fondation Djanatu El-Arif, l’ONG internationale Aisa et la Tariqa Alawiya, annoncent que c’est sous l’éclairage de l’énergie féminine, porteuse de paix, que ce congrès ambitionne de mener la réflexion pour construire les fondements d’une culture de paix et du mieux vivre ensemble.
Dès lors, 3 000 participants issus de 25 nationalités se retrouveront dès aujourd’hui, certains venants d’Asie, d’Europe, d’Amérique du Nord, ou encore d’Afrique, du Maghreb et du Moyen-Orient. Des représentants des institutions musulmanes les plus connues assisteront comme ceux de l’université d’Al-Azhar (Égypte) et Zeïtouna (Tunisie). Cinq axes ont été dégagés par les organisateurs pour débattre et échanger, ainsi que des tables rondes thématiques.
Du côté des participants algériens, deux intellectuelles et universitaires algériennes, reconnues pour leur engagement pour la cause et les droits des femmes, nous ont confié leurs impressions à la veille de l’ouverture du congrès.  Pour Wassila Tazmali, “les mouvements féministes, dans les pays du Maghreb notamment, n’ont pas démérité, mais nous ne sommes pas parvenus à avoir un impact sur la population. Bien au contraire, celle-ci a plongé dans un conservatisme archaïque”. Et d’évoquer la nécessité de mettre de la raison dans la religion, ajoutant que l’absence de Mohamed Arkoun sera grande à ce congrès. Pour elle, sa présence à ce rendez-vous répond aussi à sa démarche, celle qui consiste à accepter les échanges et de voir si en tant que féministe au cœur de la pensée soufie, elle pourra garder sa liberté de penser et de parole, et dialoguer avec les organisateurs.
Selon la militante et juriste, Nadia Aït Zaï, sur le sujet du congrès, “reconnaître et associer les femmes à la construction et à la promotion de la culture de la paix est important. Cela répond à l’engagement des citoyennes que nous sommes, même si notre voix n’est pas souvent écoutée”. Et de poursuivre : “Quelles que soient les positions des uns et des autres, nous sommes et devons être partie prenante du débat politique existant en Algérie.” Quant à la réflexion à mener dans ce colloque et en dehors d’une réforme de l’islam, notre interlocutrice a déclaré : “La lettre d’orientation du colloque telle qu’énoncée est qu’on se dirige inévitablement vers une relecture des textes et de l’histoire en islam pour s’interroger sur la place de la femme dans cet espace. Peut-être en sortirons-nous avec une proposition d’aller vers l’esprit et non pas la lettre des textes religieux, droit musulman compris.” Le débat est bien lancé.

D. L.


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