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Tomate industrielle

La transformation, le maillon faible de la filière

La production en hausse de la tomate provoque le désarroi chez les agriculteurs. © D.R.

Le boom de la production qu’a connu le pays se voit pénalisé par le manque d’unités de transformation.

Contrairement à la région de Guelma, réputée fief de la production de la tomate industrielle (4 000 hectares), où le déficit en eau compromet la récolte, la filière de la tomate industrielle à Chlef a enregistré, durant cette saison, un bond considérable dans sa production avec l’augmentation de la surface exploitée qui est passée de 600 ha à 1 076 ha, conjuguée à un rendement à l’hectare estimé entre 850 et 900 quintaux. Ce bond de la production de cette wilaya, qui, en principe, ne pouvait que réjouir les agriculteurs, provoque plutôt leur désarroi. Et pour cause, une partie de la production est détruite, faute d’unités de transformation. Les agriculteurs ont exprimé leur mécontentement à l’égard de leurs pertes, estimant la tomate non récoltée à 60%.
En effet, face à cette production en hausse, la wilaya de Chlef ne compte qu'une seule unité de transformation privée, qui peine à gérer le surplus de production. L’attente dans les files devant l’unité de transformation peut aller jusqu’à 48 heures. Une durée suffisante au pourrissement de la tomate. De grandes quantités sont jetées dans les oueds au vu des chaleurs régnantes. Pour rappel, cette unité accueille en plus de la production de Chlef, celles d’Aïn Defla et de Relizane. Les grands perdants de cet énorme gâchis sont les fellahs et l’agriculture, puisque seuls 40% des producteurs ont pu placer, non sans difficulté, leur marchandise pour la transformation, le reste a dû, la mort dans l’âme, abandonner sa récolte sur les champs. Sérieusement mise à mal durant la décennie écoulée, la filière production-transformation de la tomate industrielle a connu, ces dernières années, une renaissance remarquable.
Les pouvoirs publics ont établi des mesures incitatives en faveur de la production allant jusqu’à l’octroi de subventions au profit des agriculteurs en plus des contributions octroyées pour chaque kilogramme de tomate livré aux unités de transformation industrielle. Ainsi, tout agriculteur qui s’engage dans la production de ce produit bénéficie d’une aide financière de l’État, visant à l’acquisition de nouvelles techniques (de production) plus modernes à même d’intensifier les rendements, fixée à 16 000 DA pour tout hectare cultivé ; une aide qui est renforcée par l’octroi d’une subvention supplémentaire de 4 DA pour tout kilogramme (de tomate industrielle) effectivement livré à une unité de transformation. Ces mesures ont permis une évolution rapide de la filiale.
La superficie globale destinée à la culture de la tomate industrielle était de 12 000 hectares en 2009 avant de passer à 23 000 hectares en 2015, et pour ce qui est de la production, elle était de plus de 8 millions de quintaux en 2012 avant de passer à un peu plus de 12 millions de quintaux durant l’année 2015, couvrant 80% des besoins du marché national. Ce qui a fait dire à Laïd Benamor, P-DG du groupe Amor Benamor, que “si cette cadence de croissance est maintenue, le pays parviendra, durant les deux prochaines années, à assurer son autosuffisance en tomate industrielle et pourra exporter ce produit agricole dès 2020”. Si le pari de la production de la tomate industrielle est pour ainsi dire réussi, en revanche, c’est en aval que la filière semble manquer de sérénité.
Certes, une vingtaine d’unités de transformation sont recensées à l’échelle nationale. Mais la majorité de ces unités de transformation se situent à l’est du pays, notamment dans les wilayas de Guelma, de Skikda, d’El-Tarf et d’Annaba. Le boom de la production de tomate industrielle qu’a connue le pays ces dernières années, notamment à l’ouest du pays, se voit ainsi pénalisé par le manque d’unités de transformation à proximité. Ce qui engendre des pertes de production comme, c’est le cas cette année à Chlef.


Saïd Smati   

 


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