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jean-yves le drian a effectué sa 3e visite À ALGER CETTE ANNÉE

“L’Algérie est un partenaire de premier plan”

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune recevant le MAE français Jean-Yves Le Drian. © D. R.

Le ministre français des  Affaires étrangères s’est montré prudent dans ses  déclarations.  Sur  des  questions  aussi  sensibles  que  la situation interne  en  Algérie,  la  crise  libyenne ou  le  Mali,  il  a  soigneusement choisi ses mots et gestes.

Après une rencontre avec le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, le chef de la diplomatie française, dont c’est la troisième visite en Algérie depuis janvier dernier, s’est exprimé sur un certain nombre de questions d’intérêt commun pour les deux pays. Pour cela, il a joué l’équilibriste pour ne froisser aucune partie.

Ainsi, après avoir affirmé que “le président Tebboune a affiché ses ambitions de réformes  des  institutions  pour renforcer  la  gouvernance, l'équilibre des pouvoirs et les libertés”, le ministre français, qui s’exprimait sur le perron du Palais présidentiel en prenant soin de lire son allocution préalablement écrite, a recadré son discours.

“Il appartient aux Algériens  et  à eux seuls de traduire  les aspirations qui se sont exprimées avec civisme  et  dignité  en  une  vision  politique  avec des institutions aptes à la  concrétiser”, a-t-il souligné. “Je suis venu à Alger pour marquer la solidité des liens d’amitié entre nos deux pays.

Pour la France, l’Algérie est un partenaire de premier plan en raison des liens humains multiples qui nous unissent par-delà la Méditerranée”, a-t-il encore précisé, ajoutant  que  “notre  relation  est  riche  et  multiple, notamment en matière  d'échanges  humains,  éducatifs,  scientifiques, de  coopération économique  et  d’enjeux  sécuritaires,  ainsi  que de questions  régionales”.

Parmi les questions qui plombent les relations algéro-françaises, celle liée à la mémoire  reste  l’une  des  plus  importantes. Le ministre français des Affaires étrangères ne pouvait donc ignorer le sujet.

Tout en rappelant la restitution des crânes de combattants  algériens exposés au Musée de l’Homme à Paris, Jean-Yves Le Drian  a  rappelé la décision du président français, Emmanuel Macron, de désigner l’historien Benjamin Stora pour  gérer  le  sujet. “(…)  Le  président  Macron  a  engagé  dès  2017  une démarche de lucidité sur l'histoire de la colonisation et la guerre d'Algérie.

Et l’a démontré par des actes forts comme la remise à l'Algérie de restes mortuaires de combattants algériens conservés au musée de l'Homme”, a-t-il affirmé dans ce sens. L’autre volet de la coopération algéro-française qui garde une place centrale dans la discussion entre les responsables des deux pays reste l’économie.

S’il n’a pas évoqué de manière claire la perte du terrain des entreprises françaises en Algérie, Jean-Yves Le Drian a indiqué que “les entreprises françaises implantées en Algérie sont nombreuses et contribuent au dynamisme de l’économie et à la création d’emplois”, saluant aussi les réformes initiées par le président Tebboune afin de “diversifier l’économie algérienne, d’assouplir les procédures et d’accompagner les entreprises innovantes”.  Mais il ne perd pas espoir.

“Nous saluons cette  volonté et  notre  dialogue  reste  important,  afin  que les entreprises françaises trouvent toute leur place dans le cadre de ces réformes et continuent de contribuer à la prospérité  de l’Algérie”,  a-t-il  indiqué dans ce sens. Au-delà des questions bilatérales, les deux pays semblent converger, du moins dans la forme, sur  la gestion  des crises  régionales  que  sont  la Libye et  le  Mali.  Sur  la  Libye,  la  France  souhaite  visiblement  réunir  les  pays  du voisinage pour tenter une solution diplomatique.

“Le rôle des pays voisins, en particulier l’Algérie, est essentiel car ils sont les premiers concernés par les risques que fait  poser cette crise  et  ils peuvent jouer  un  rôle  stabilisateur  auprès  des  acteurs  libyens,  à  l’inverse  des ingérences des puissances  extérieures”, a-t-il précisé, allusion  au  rôle que joue la Turquie qui soutient le gouvernement de Fayez al-Sarraj.

Sur le Mali, la déclaration du ministre  français  rejoint  la position de l’Algérie qui semble avoir mal pris la libération, par Bamako, de certains jihadistes en contrepartie  de  la  libération  de  certains  otages,  dont  une  humanitaire française.

“Au Mali, nous avons, comme l'Algérie, salué la mise en place d'une transition. Celle-ci doit conduire à la tenue d'élections ouvertes, libres et transparentes et au rétablissement de l'ordre constitutionnel. Comme l'Algérie, nous appelons à l'application d'ensemble de l'accord de paix d'Alger”, a simplement  indiqué le ministre  français  qui  ne  s’est  pas  exprimé  sur  la  question.  Les  autorités algériennes n’ont  pas, non  plus, communiqué  sur  la  visite  et  son  contenu.
 

Ali BOUKHLEF


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