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Le 4e mandat déchire l’Onec


Jamais une élection présidentielle n’aura été à l’origine d’autant de dissensions. Le 4e mandat crée la division au sein même des partisans du Président Bouteflika.
L’Organisation nationale des enfants de chouhada (Onec) s’est donnée en spectacle, hier après-midi, au Forum du journal El Moudjahid. Le lieu, habituellement dédié au débat, s’est transformé en véritable ring de boxe. En cause : une bataille intestine autour du secrétariat général de l’Onec.
Tayeb El-Houari, qui jusque-là occupait ce poste, avait contacté le journal pour y organiser une conférence afin de clarifier la position de l’Onec par rapport à la présidentielle du 17 avril prochain. Bouteflika ou Benflis ? Ce sera finalement pour Bouteflika qu’il prête allégeance.
Mais de toute évidence, en 2014 comme en 2004, Tayeb El-Houari a tardé à se prononcer pour le Président-candidat. Le temps de la réflexion a fait planer la suspicion sur l’orientation de Tayeb El-Houari qui est désormais désavoué par une partie de l’Onec.  En effet, des dissidents de l’Onec se sont présentés au siège du journal pour empêcher la tenue du forum.
À leur tête, Hadj Abdelkader Mokhtar, qui se présente comme étant le secrétaire général par intérim de l’Onec, et dont les partisans refusent d’être représentés par Tayeb El-Houari. Les dissidents sont postés à l’entrée du journal, tandis que Tayeb El-Houari se trouve à l’intérieur de la salle qui abrite le forum.
La conférence qui devait débuter à 14h ne commencera finalement qu’une heure après. Tayeb El-Houari, accompagné d’autres membres du secrétariat national de l’Onec, annonce son soutien au Président-candidat. “Par amour pour la patrie et croyant à la nécessité de protéger l’intérêt national, nous renouvelons notre confiance et notre soutien à Son Excellence le président de la République, le moudjahid Abdelaziz Bouteflika”, peut-on lire dans le communiqué signé par Tayeb El-Houari.
Mais la conférence tourne à la rixe. Les dissidents investissent la salle.
Les insultes fusent et les chaises volent. Les journalistes venus couvrir l’évènement et les membres de l’assistance se retrouvent coincés entre les conférenciers et les dissidents qui en viennent rapidement aux mains. Le personnel masculin du journal tente de séparer ces pugilistes. Mais la situation est telle que la police est appelée à la rescousse.
Après l’évacuation de la salle, on retrouve une Naâma Abbas désemparée et encore choquée par ce qui venait de se dérouler dans l’enceinte du journal qu’elle dirige. “Ils se sont battus ! Ils ont détérioré le mobilier de la salle ! C’est inacceptable”, dira la directrice de publication d’El Moudjahid. La journaliste qui assure la modération des débats a, elle aussi, eu très peur. C’est la confusion totale.
Pourtant, les deux clans, celui de Tayeb El-Houari comme celui de Hadj Abdelkader Mokhtar, soutiennent la candidature du président Bouteflika.
De même que Tayeb El-Houari, les dissidents de Hadj Abdelkader Mokhtar assurent, eux aussi, de “leur soutien indéfectible pour le Président-candidat”. Mais apparemment, il suffit d’une hésitation, d’un moment de réflexion, pour que le doute sur une potentielle trahison s’installe.
Cette bataille n’est pas celle du choix du candidat à soutenir à la présidentielle, mais plutôt celle du degré de soutien qu’on lui apporte. Le soutien du premier jour ne vaut pas celui de la dernière heure. Les enfants de chouhada livrent ainsi une belle leçon de politique à l’algérienne. Quid du débat ? Quid de l’échange d’idées et de convictions ? Place à la violence. Le mot indéfectible prend tout son sens.


A H