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Actualité Samedi, 07 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

CARACALLA A SURCHARGÉ LE RÈGNE DE BOUTEFLIKA

Le 5 Juillet en portrait du commandeur

Par : Sara Kharfi

Le spectacle, qui s’ouvre sur un poème dédié aux martyrs, nous place par la suite dans une salle de cours, dans une faculté où les étudiants, libres et heureux, jouissent pleinement de leurs droits. L’enseignant (Belkacem Zitout) entre dans la salle de cours et leur dispense une leçon d’histoire. Il leur rappelle les sacrifices des martyrs et moudjahidine pour que vive l’Algérie libre et indépendante.

“Les Héros du destin”, dans le spectacle d’Abdel-Halim Caracalla, se comptent sur les doigts d’une seule main. Ils sont représentés par les dirigeants du pays. Le peuple, ce personnage désincarné n’est rien d’autre qu’une entité abstraite qui sort dans les rues pour saluer les accomplissements de ceux qui ont déjà tout pensé pour lui. Une grande masse ! Les anniversaires se fêtent, et certains plus que d’autres. Ceux-là, en raison de leur charge historique et symbolique, imposent des choix cérémoniels. Ils exigent de montrer le caractère exceptionnel des dates qu’on honore et ne sont, par leur subjectivité ou qualité, rarement exempts de critiques.  Dans le cas de la soirée organisée, mercredi soir au Casif de Sidi-Fredj, pour saluer officiellement la journée du retour officiel de l’Algérie au monde après la douloureuse parenthèse coloniale, ces critiques ont été déclinées sous forme de question : “Fête-t-on le Président ou les cinquante ans d’Indépendance du pays ?” Produit par les ministères de la Culture et des Moudjahidine et l’ONCI, ce spectacle intitulé “Les Héros du destin”, montré mercredi soir devant le chef de l’État, a été conçu en totalité par le Libanais Abdel-Halim Caracalla.
Les quelque 800 personnes qui ont pris part à ce projet (40 comédiens, 40 chanteurs, 70 danseurs de ballet, 100 troupes folkloriques, 250 danseurs de hip-hop, 300 techniciens) devaient, pour la circonstance, restituer sous forme de fresque chorégraphique le combat des Algériens pendant la Révolution ainsi que les cinquante ans d’une Indépendance au cours de laquelle ils ont (re)construit leur État et leur pays.  
D’une durée d’une heure quarante minutes, le spectacle, qui s’ouvre sur un poème dédié aux martyrs, nous place par la suite dans une salle de cours, dans une faculté où les étudiants, libres et heureux, jouissent pleinement de leurs droits. L’enseignant (Belkacem Zitout) entre dans la salle de cours et leur dispense une leçon d’histoire. Il leur rappelle les sacrifices des martyrs et moudjahidine pour que vive l’Algérie libre et indépendante. Puis le temps remonte. Le décor change. Nous sommes dans l’année 1962, et l’OAS sème la terreur dans les rues d’Alger. Trois officiers méditent sur leur devenir car sachant pertinemment que l’Algérie, et suite à la signature des accords d’Évian, leur échappera… leur échappe déjà ! Le jour de l’Indépendance finit par arriver et la joie et l’exaltation du peuple algérien sont représentées sur scène par des danses, des chants ainsi que des images d’archives. Abdel-Halim Caracalla nous présente, de manière très scolaire, les présidents de l’Algérie indépendante (Ahmed Ben Bella, Houari Boumediene, Rabah Bitat (président par intérim), Chadli Bendjedid, Ali Kafi, Mohamed Boudiaf, Liamine Zeroual, Abdelaziz Bouteflika à qui une grande partie du spectacle a été consacrée).  Caracalla oublie d’évoquer l’assassinat de Boudiaf, consacre une poignée de secondes à Ahmed Ben Bella, s’attarde sur l’ère Boumediene (révolution agraire, accès gratuit à la santé et à l’enseignement, barrage vert, la construction du monument au Martyr) — le seul qui sera incarné sur scène — et consacre la deuxième partie de son spectacle à l’actuel chef de l’État qu’il présente comme “un sauveur” et “un guide éclairé”.

Et le peuple dans tout ça !
La douloureuse période de la décennie noire (la meilleure partie du spectacle) est représentée par des danseurs vêtus de capes. L’accent est mis sur la paranoïa qui s’installe, et la fracture sociale que cette difficile période a engendrée. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, vient à la rescousse du pays lui permettant de retrouver sa stabilité, grâce à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.  La dernière partie du spectacle s’est articulée autour de danses folkloriques, une manière de rallonger le spectacle qui n’avait pas beaucoup de consistance, ni sur le plan thématique, ni sur le plan visuel. Le décor était parfois contraignant pour les comédiens-danseurs, limitant ainsi leurs déplacements sur scène.  Les tenues que portaient les participants à ce spectacle n’avaient rien d’algérien, et encore moins la musique, même si l’on a reconnu de célèbres morceaux, comme “Ya Mohamed mabrouk aâlik” de Abderrahmane Aziz, “Ayemma aâzizen ouretsrou” de Farid Ali, la musique de “Rym el aâchoua” (sur laquelle de nouvelles paroles ont été greffées), ou encore “Qum Tara”.  On entend également un petit extrait de “Ilyadat el-djazaïr” du poète de la Révolution Moufdi Zakaria. Des artistes comme Mohamed Lamine, Massi et une pléiade de chanteurs issus de “Alhane wa chabab” ont animé ce show.
Au final, il semble qu’Abdel-Halim Caracalla ait souhaité raconter les cinquante dernières années de l’Algérie indépendante, mais la manière dont il l’a fait, le temps court, s’est révélée expéditive et trop scolaire.  Sans surprises, sans nuances, “les Héros du destin” sont en fin de compte, les chefs d’État et leurs accomplissements. Caracalla, qui semble ignorer beaucoup de choses de notre histoire nationale, a omis bien des  personnalités qui ont également bâti l’Algérie et qui auraient dû figurer dans son spectacle. Du moins, d’après la façon dont il l’a conçu.  Le peuple, quant à lui, est un personnage désincarné. Il est une masse, une foule indistincte qui ne fait que défiler dans les rues et saluer ce qu’on a fait et pensé pour elle. Il n’y a, dans le spectacle, ni artistes, ni intellectuels qui ont fait également cette Algérie indépendante. Les spectateurs invités ont affiché une certaine “déception” quant à ce spectacle qui a oublié les évènements les plus marquants de l’Algérie indépendante, comme “les évènements du 5 Octobre 1988”. D’autres encore, notamment des confrères se sont demandés pourquoi il a fallu “faire appel à un chorégraphe libanais qui a écrit en un temps record un spectacle qui laisse planer beaucoup d’ombres”. En cinquante années d’Indépendance, n’avons-nous pas formé de chorégraphes ?
Des personnes sont allées encore plus loin en commentant : “Le spectacle est signé d’un Libanais, le Casif a été agrandi sous la direction d’Italiens, et le feu d’artifice est l’œuvre de Chinois ! Où sont les Algériens ?” ; et d’autres se sont demandés “pourquoi Caracalla a réduit les cinquante dernières années à une seule personne ?” Suite à cette représentation qui a laissé comme un goût d’inachevé, M. Bouteflika a reçu un cadeau de la part du chorégraphe : une cape tissée au Liban. Il s’est, ensuite, dirigé avec le Premier ministre, les membres du gouvernement et les invités au port de Sidi-Fredj pour écouter l’hymne national algérien, interprété par la Garde républicaine, et admirer le magnifique feu d’artifice.


S. K.

 

Commentaires 

 
#21 NAJMAWAHILAL 08-07-2012 21:06
Citation en provenance du commentaire précédent de Mouloudeen:
C'est a se tirer une balle sur ses pattes avec ces commentaires haineux. C'est a se demander s'ils emanent d'algeriens. Ceci n'est pas pour epargner le pourvoir d'Alger qui doit plus penser a partir et laisser le pays a ses vrais enfants

est ce que "ces enfants" ont les compétences pour gouverner et diriger un grand Pays comme l'Algérie?
n'est pas gouvernant qui veut il faut aussi avoir de l'instruction, du savoir, de la diplomatie, savoir siéger à l'ONU, rencontrer des chefs d'Etat très compétents, voyez ce que ça nous a coûté "le coup d'éventail" du dey ottoman, 132 ans de barbarie coloniale, s'il avait été plus diplomate et s'il avait réagi avec intelligence on n'aurait pas perdu 6millions d'êtres humain, et ils n'auraient pas volé les finances du pays

le pouvoir ne s'improvise pas il s'apprend
à chacun sa place
un âne ne peut pas être un lion
 
 
#20 FENNEC BLANC 08-07-2012 17:59
[quote name="Il était une fois"]A Najmawahilal

, si chèrement payée, confisquée par une horde de crâpules qui a plongé le pays dans un gouffre sans fond

cette horde crapule dont tu deteste,elle a ecarté beaucoup de vermines et de fraudeurs ,la horde continue le travail jusqu'a eliminer ces lobbies qui saignent l'Etat Algerien et on voit tres bien avec quelle haine et rancune les commentateurs se font un plaisir d'insulter et de se prendre pour des bons samaritains;On voit tres bien avec quelle ferveur l'Etat Algerien est attaquer et cela explique que les mecontents comme les lobbies, la Mafia economique et financiere sentent qu'ils vont tomber ,ainsi que les fraudeurs (cadre et responables a tout les niveaux qui sont en prison ne lache pas le morceau et feront tout pour noircir le pouvoir en esperant soulager leur misere amplement meriter ,il ya beaucoup de gens qui veulent l'Anarchie et l'opacité pour continuer leur magouilles sur le dos du pauvre peuple
 
 
#19 Mouloudeen 08-07-2012 15:41
C'est a se tirer une balle sur ses pattes avec ces commentaires haineux. C'est a se demander s'ils emanent d'algeriens. Ceci n'est pas pour epargner le pourvoir d'Alger qui doit plus penser a partir et laisser le pays a ses vrais enfants
 
 
#18 Boumediene Vaillant 08-07-2012 09:24
Citation en provenance du commentaire précédent de NAJMAWAHILAL:

la Liberté n'a pas de prix et elle passe avant tout bonne fête et vive l'Algérie libre et indépendante

Fausse piste et faux raisonnement ! POur acquériri sa liberté, on donne tout sans compter: d'où n'a pas de prix. Mais fêter sa liberté 50 ans après tout en étant libre, là il faut compter combien je dépenserai pour cet anniversaire. C'est élémentaire et basique. Je ne sais pas si vous fêter votre anniversaire avec toutes vos économies annuelles chaque année? si oui, il est temps de consulter un psychiatre.
 
 
#17 dupont 08-07-2012 09:24
50 années nous séparent de 1962. le résultat aucun changement dans l e comportement des dirigeants algériens. Ils font comme si ce peuple a été bel et bien enterré depuis que les français ont remis les clefs. pourtant on disait des algériens ; révolutionnaire s; intelligents,......or, ce qui navrant c'est qu'une seule personne remplace(37 millions) ce peuple inexistant. Parler de Napoléon (hacha) de Bokassa le mangeur de bébés (peu être). de Kadafi et de Assad.(SUREMENT) Le peuple n'existe pas et ne risque pas de comprendre à quoi il sert et quel est son rôle dans la construction d'un Etat. ?
 
 
#16 Chacha 08-07-2012 06:39
Buvons du thé,fêtons ou pas,les 50ans de "l'indépendance" le massacre continuepour les algériens.
 
 
#15 Il était une fois 08-07-2012 00:56
A Najmawahilal

Oui, la liberté n'a pas de prix. Et c'est pour cette raison que cela donne envie de vomir de voir cette liberté, si chèrement payée, confisquée par une horde de crâpules qui a plongé le pays dans un gouffre sans fond. Quant au peuple, il est passé de colonisé à ôtage. Alors, la fête, la liberté, il ne sait ce que c'est.
 
 
#14 islamobecassine 07-07-2012 20:26
Djaballah propose " la construction d’un État démocratique et social dans le cadre des principes de l’islam".
L'islam est il démocratique. La notion de démocratie est elle abordée dans le coran. Le prophète est il pour ou contre la démocratie. qu'est ce que la démocratie dans le tête d'un individu qui n'a au cours de sa vie lu et relu qu'un seul livre à savoir le coran. Peut on légitimement confier la gestion d'un pays de 35 millions d'habitants à un individu qu n'a lu qu'un seul livre. Que propose le coran en matière des droits de l'homme, en matière des gestion de la SAU en matière d'IDH, et dans le domaine de la génétique et des programmes nucléaires
Le nucléaire existait il au 7 ième siècle. Que disent les hadith en matière de gestion des déchets nucléaires. Elle ne disent rien car l'islam et toutes les religions sont à à la science ce que l"âne est à l'intelligence.
 
 
#13 taxibleu 07-07-2012 16:41
Citation en provenance du commentaire précédent de NAJMAWAHILAL:
Citation en provenance du commentaire précédent de Boumediene Vaillant:
Complètement démesurées, ces fêtes d'anniversaire nationales. Que l'on utilise des pétards ou feu d'artifices ou même des coups de canon c'est une chose, mais que l'on invite du caracalla pour amuser la galerie qu'on est du moyen orient c'est du pipo voire du khoroto. Trop c'est trop ce gaspillage. Au même moment, le monde entier cherche des économies pour le futur proche. Le peuple certes fétard n'a pas toujours acquis tout ce dont il a besoin de nécessité indiscutable à commencer par la santé et l'éducation, l'emploi et le logement.

la Liberté n'a pas de prix et elle passe avant tout
bonne fête et vive l'Algérie libre et indépendante

ELLE EST OU LA LIBERTE TOUJOURS VOUS REVENDIQUEZ UN NOUVEAU POUVOIR POUR LA LIBERTE
 
 
#12 taxibleu 07-07-2012 16:39
a moham : faut dire le peuple anarchique pas le pouvoir car ni au pouvoir ni dans les ctoyen on trouve pas l honnetete. tu trouves normal des milliardaires commercants qui occupe une place de chauffeur ou gardien a la place d un vrai chomeur tu trouves ca normal ? ET SI L AUTORITE INTERVIENT VOUS DITES C LA HOGRA .DONC ARRETONS DE JOUER LES VICTIMES DU POUVOIR LE MAL ESR AU NIVEAU DE L ALGERIEN DE TOUT NIVEAU.
 
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