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A la une / Actualité

Mikail Barah, chercheur et directeur de Stractegia Consulting

“Le bras de fer est inscrit dans la durée”

Liberté : Les autorités espagnoles sont intervenues pour empêcher le déroulement du référendum d'indépendance de la Catalogne. Le scrutin sera-t-il validé ?
Mikail Barah : Devant la violence de la situation en ce jour de référendum, et avec la contradiction des interprétations au niveau légal, le bras de fer va continuer à prévaloir à l’avenir. À mon avis, Madrid arguera de ce que ce référendum était illégal, car notamment mises à défaut par la justice espagnole, les autorités catalanes insisteront pour leur part sur sa légitimité et sa légalité tout en dénonçant les agissements des forces de l’ordre espagnoles et en les accusant d’avoir brisé un élan démocratique. L’avenir de la question catalane dépend d’un rapport de force qui est aujourd’hui du côté de Madrid, politiquement, diplomatiquement, économiquement, militairement et aussi légalement. Donc, outre que le scrutin est d’ores et déjà invalidé par Madrid, les Catalans auront bien du mal, à ce stade, à engager les pas concrets vers leur indépendance.

Quels en seront justement les prolongements à l'avenir ?
Le bras de fer se poursuivra entre Madrid et le gouvernement régional catalan, et les tensions continueront à prévaloir dans leurs relations. Mais l’un des principaux problèmes que l’on a pour l’heure, c’est le fait que les suspicions mutuelles ont atteint un niveau sans précédent, surtout après l’intervention des forces de l’ordre espagnoles pour empêcher le scrutin de se dérouler et qui a donné lieu à des violences filmées et répertoriées, qui ne manqueront pas d'être exploitées par les pro-référendum — ou les anti-gouvernement espagnol — à l’avenir. Et cela ne résoudra en rien l’un des problèmes de fond : le fait que, malheureusement, la question catalane n’a été précédée d’aucun dialogue sérieux, d’aucun débat réel entre parties opposées. Les positions paraissent réellement irréconciliables à la fois, et je suis assez sidéré — même si pas étonné — de voir comment chercheurs et journalistes espagnols, généralement les plus engagés sur la défense de la démocratie et des référendums dans le reste du monde, déploient des réflexes nationalistes extrêmes devant la question catalane. Cela ne contribue en rien à apaiser la situation, au contraire, cela alimente les postures radicales et antithétiques. Et sur ce plan, clairement, les relations entre autorités politiques, mais aussi celles entre populations, risquent d’être sévèrement tendues dans les prochains mois et années.

N'y a-t-il pas un risque de “contagion” chez les autres communautés en Espagne ?
Il est difficile de prévoir ce qui pourra suivre à l’avenir. Pour autant, on peut être assez confiant en avançant le fait que, pour l’heure, la question indépendantiste catalane restera confinée à la Catalogne. Évidemment, d’autres revendications de ce type resteront vives et existantes, à l’instar de la question basque. Néanmoins, tant que la Catalogne n’aura pas atteint le stade de l’indépendance, le plus probable est que les effets de contagion resteront minimaux sur le reste du territoire espagnol. La Catalogne atteindra très probablement le stade de son indépendance à terme, et ce, en dépit des divisions sur la question qu’entretiennent les Catalans eux-mêmes, mais cela devra encore attendre quelque temps, et je doute que cela puisse intervenir sous la législature actuelle. Mais, quand ce jour viendra, ce sera pour beaucoup soit devant la déliquescence du gouvernement central, soit devant le pragmatisme de dirigeants nationaux à venir. Dans les deux cas, évidemment, un tel déclic entraînera d’autres vocations dans son sillage, en Espagne comme hors de l’Espagne.


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