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A la une / Actualité

Réconciliation nationale

Le énième appel de l’État aux terroristes

Des terroristes subsistent encore dans les maquis. ©D. R.

Le terrorisme est encore là avec sa menace donnant ainsi un argument aux autorités de poursuivre leur politique restrictive des libertés.

Pour clôturer son oral à la chambre haute du Parlement, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a profité pour lancer un appel aux terroristes leur demandant de se rendre. Il s’appuie sur la loi portant charte pour la paix et la réconciliation nationale dont la porte reste encore entrouverte devant les terroristes qui voudraient bénéficier de ses dispositions. Il emboîte le pas au général Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la Défense, qui avait lancé un appel aux terroristes pour leur demander de descendre des maquis, d’abandonner leur activité criminelle et de bénéficier de la charte.
Ces appels en chœur interviennent à quelques jours de l’anniversaire du référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale, le 29 septembre 2005, dont la validité a été rendue extensible volontairement. Une reconduction tacite depuis sa mise en œuvre, en 2006, sans qu’on ait, jusque-là, fait un bilan exhaustif de son application. Cela d’autant plus qu’elle devait être limitée dans le temps afin d’éviter qu’elle ne se transforme en loi élastique. Ce qui produit des effets pervers, notamment le retour de nombreux repentis dans les maquis alors que les terroristes se rendent au compte-goutte.
À une question sur la date d’expiration de l’application de cette loi, feu Rezag Bara, alors président de la Commission de protection et de promotion des droits de l’Homme, avait déclaré ne pas trouver d’inconvénient à ce que le délai soit prolongé pour convaincre les plus réticents des terroristes.
Mais, avait-il précisé, elle ne peut pas rester indéfiniment ouverte. Il faudra bien que l’effet de cette loi prenne fin un jour.
Dans les faits, cependant, on a laissé, contre toute logique, la porte ouverte dans l’espoir de faire descendre davantage de terroristes. Mais le résultat n’est pas venu puisqu’à peine quelques éléments se sont rendus aux services de sécurité. Peut-être autant ou moins que ces repentis qui ont repris le chemin des maquis dont certains ont rejoint le groupe qui a prêté allégeance à l’EI.
Il n’y a pas que ce résultat, pour le moins mitigé, qui pose la problématique fondamentale des raisons objectives de la prorogation indéterminée du délai d’expiration de la charte. Son application n’a pas respecté scrupuleusement certaines de ses dispositions, notamment celle liée à l’interdiction faite aux bénéficiaires de cette loi d’exercer une quelconque activité politique. Le cas de Madani Mezrag, émir de l’AIS, qui avait déposé les armes, est édifiant. Non seulement, il assume publiquement ses crimes, intervient sur la scène politique, mais est aussi consulté en tant que personnalité politique nationale.
La véritable raison de l’entretien de ce flou autour du délai de validité de la charte se trouverait ailleurs, à l’international.
D’ailleurs, le gouvernement fait de la réconciliation nationale un fonds de commerce. Les diplomates algériens l’étalent dans tous les forums comme un exemple et un modèle à suivre pour les pays en crise sécuritaire. Une image qui se vend bien et dont le régime tire les dividendes ; la communauté internationale fermant les yeux sur ses pratiques répressives.
Parce que, parallèlement, le terrorisme est encore là avec sa menace même si ses activités sont de moindre intensité donnant ainsi un argument pour les autorités de poursuivre, à la fois, sa politique restrictive des libertés et de prolonger sans cesse la loi portant paix et réconciliation nationale.

Djilali B.


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1 réactions
Brahms le 30/09/2017 à 14h59

Dormir dans la montagne, le froid, la pluie et la boue pour créer quoi ? Un Etat. Ces personnes ont été financés par l'Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweït juste avant les émeutes de 1988 à Alger car ils savaient pertinemment qu'ils allaient attaquer l'Irak en 1990. Vous avez donc un lien de connexité entre la guerre du Golfe et le début des attentats en Algérie en 1990. Puis, le bédouin rigole dans son fauteuil en regardant ce qui se passe à la télévision et fait comme si de rien n'était.

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