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Des organisations patronales se démarquent de la déclaration contre le premier ministre

Le front anti-Tebboune se disloque

Ali Haddad, président du FCE, en réunion avec Sidi-Saïd (UGTA) et des organisations patronales. © D. R.

Cet effet boomerang de l’initiative du président du FCE et du SG de l’UGTA s’annonce dévastateur.

Coup dur. Moins de vingt-quatre heures après sa constitution, la ligue des mécontents initiée par le patron du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et le secrétaire général de la Centrale syndicale (UGTA) se fissure. Des organisations patronales, signataires, la veille, du communiqué formalisant la révolte contre le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, se démarquent de l’initiative et crient à l’usurpation de signatures. La plus nette des démarcations est incontestablement celle signée par le secrétaire général de l’Union nationale des investisseurs (UNI), le Dr Farid Mellak. Ce dernier, dans une lettre adressée, mardi après-midi, au Premier ministre, se dit surpris de découvrir que son organisation est signataire de la déclaration des signataires du pacte national économique et sociale de croissance. “Nous tenons à vous informer — semble-t-il et selon la déclaration portée dans la presse électronique, que lors d’une réunion de l’UGTA-FCE avec les associations patronales tenue ce jour, le 18 juillet 2017 à l’hôtel El-Aurassi — que, nous concernant, nous n’y avons nullement participé ni signé aucune déclaration”, écrit à l’intention de Tebboune, précisant qu’“aucun membre de l’Union nationale des investisseurs n’a assisté à cette réunion ni souscrit à la déclaration. Nous regrettons vivement l’usurpation de notre signature portée sur la déclaration”. Grave, cette accusation décrédibilise, pour le moins, l’entreprise du duo Haddad - Sidi-Saïd. Dans la déclaration rendue publique à l’issue du conclave de l’hôtel El-Aurassi, une signature est apposée sous les initiales UNI. Ce qui signifie que, soit c’est une signature usurpée, soit celle d’un membre de l’organisation qui ne serait pas habilité à le faire. Dans les deux cas, cette dénonciation indisposera grandement le patron de l’ETRHB et ses “amis” qui, visiblement, se seraient rendus coupables non pas d’une seule usurpation, mais de plusieurs. La Confédération algérienne du patronat (CAP) a dégainé la même accusation à l’encontre de Haddad et consorts. Dans un communiqué rendu public hier, signé par le président de l’organisation, Hamoud Bensadouk, a démenti avoir signé la déclaration des signataires du pacte national économique et social de croissance. “La confédération algérienne du patronat, représentée par son nouveau président Hamouda Bensadouk et soutenue par tout le bureau exécutif national, n’a jamais pris part à la réunion tenue hier (mardi, ndlr) à l’hôtel El-Aurassi entre Ali Haddad, les organisations patronales et le secrétaire général de l’UGTA et dégage sa responsabilité de toute action ou déclaration faites en son nom, ces dernières n’engagent que la responsabilité de M. M’rakech”. On comprend que la signature de M’rakech n’engage pas l’ensemble de la CAP. Une partie, dissidente visiblement, se démarque. D’ailleurs, même M’rakech, pourtant signataire de la déclaration des signataires du pacte économique et social, revient sur son engagement avec le groupe formé autour de Haddad et Sidi-Saïd. Dans une déclaration rendue publique, hier, il s’est évertué à expliquer que, lui, ne se ligue pas contre le Premier ministre. “Nous avons assisté à l’initiative du partenaire social à une rencontre entre les organisations signataires du pacte économique de croissance et pour lequel, la CAP a participé grandement, comme nous avons eu à le faire déjà en 2006, d’une manière forte en exigeant qu’il soit légiféré, aux fins de trouver des solutions aux problèmes posés à l’entreprise et à l’économie nationale”, écrit-il, ajoutant que “la Confédération algérienne du patronat (CAP) ne fait partie d’aucune chapelle, d’aucun groupe ou d’un quelconque schisme” et qu’“elle n’a jamais eu à bénéficier directement ou indirectement d’un quelconque privilège ou passe-droit”. Pourtant, M’rakech a bien signé la déclaration où il est exprimé “la vive préoccupation après le traitement réservé au président du FCE”. Donc, en deux jours, il a adopté deux positions contradictoires. Il en a eu même une troisième la veille du conclave. Le lundi 17 juillet, Boualem M’rakech adressait une lettre à Tebboune, dont nous détenons une copie, et dans laquelle il souligne que “devant les défis à relever, nous nous félicitons de l’annonce faite pour l’engagement par le dialogue des parties concernées du développement économique et social, ainsi que des mesures prises permettant d’insérer notre pays à la place qui lui échoit en alliant les éléments appropriés pour un résultat probant.” L’autre mauvaise nouvelle pour Ali Haddad est la réaction de désolidarisation exprimée par la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA). L’organisation de Habib Yousfi a, dans une déclaration parvenue à notre rédaction, apporté son soutien au Premier ministre. “Nous avons appris avec une grande satisfaction votre décision de ne pas rencontrer le représentant du FCE lors de la rencontre organisée par le ministre du Travail. Cette décision conforte notre analyse concernant le défaut de crédibilité des représentants de cette structure dont l’organisation apparaît uniquement comme un forum et ne dispose pas d’un agrément lui conférant la qualité de structure syndicale lui permettant de participer à tout dialogue.” Cet effet boomerang de l’initiative du président du FCE et du SG de l’UGTA s’annonce dévastateur. Le conclave d’El-Aurassi est en passe déjà de produire le contraire de l’effet escompté. Le mécontentement couverait également au sein du FCE même. Ali Haddad, qui a échappé étrangement à la “sanction” lors du fâcheux incident du forum africain, risque sa place de patron des patrons. Il la risque d’autant plus que la machine gouvernementale est mise en branle. En tant que chef d’entreprise, ses ennuis ont commencé avec cette pluie de mises en demeure pour le parachèvement des chantiers publics qui accusent un retard.


Sofiane Aït Iflis



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