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La migration des militants d’un parti vers un autre est observée à chaque élection

Le mercato électoral : un rituel consacré

© D.R.

Le cas le plus édifiant est celui d’un président d’APC de la capitale qui a adhéré et démissionné de deux partis, échappé à une troisième tentative à la veille de la confection des listes, pour finir tête de liste indépendant.  

C’est désormais dans les mœurs de la pratique politique en Algérie. Plutôt un rituel auquel se livrent les candidats aux différentes échéances électorales. Le nomadisme politique, aujourd’hui admis et reconnu, ressemble, dans certains cas, à de la transhumance.
Ce phénomène a été dénoncé, au début, particulièrement par le Parti des travailleurs, qui a connu une saignée à l’Assemblée nationale allant jusqu’à réclamer l’interdiction de “migrer” d’un parti à un autre.
Cela a été démontré lors des législatives du 5 mai passé et a pris à l’occasion de la confection des listes de candidature pour les élections locales du 23 novembre des proportions alarmantes. On change d’étiquette partisane au gré de sa position sur la liste. Si des candidats ont dû quitter leur formation politique pour n’avoir pas été placés en “pole position”, donc incertains d’être élus, pour s’inscrire sur les listes d’autres formations ou se présenter carrément sur une liste indépendante, des partis politiques peinent à trouver des candidats pour confectionner des listes et couvrir le plus de circonscriptions possible.
Pour cette dernière situation, la raison est que les potentiels candidats ne sont pas intéressés par un mandat “mineur” où les prérogatives et les avantages sont très limités.
Parce que la course aux avantages a fait bien des émules surtout que les partis ne s’encombrent plus de la rigueur des critères, notamment le seuil d’années de militantisme pour prétendre à la candidature, dans le tri des candidats. On y a introduit même d’autres paramètres liés, entre autres, à l’argent, à la famille ou à la tribu. D’où cette autre forme de concurrence… déloyale, de l’achat des signatures, des positions sur les listes de candidature. Il est de notoriété publique que les places sur les listes s’achètent. Une autre raison qui pousse les prétendants à la désertion et à la “migration” vers des listes plus accueillantes avec disponibilité de places. On assiste d’ailleurs à des flux et reflux de candidats dans plusieurs formations politiques qui ne se gênent pas de cette pêche miraculeuse qui, pourtant, leur porte atteinte et porte atteinte à la pratique politique dans sa globalité.
Une situation qui ressemble aux périodes du mercato où pour certains partis, des militants transitent comme des vacataires ou des intérimaires. Une sorte de recrues de la vingt-cinquième heure dans la politique. Ainsi, le FLN peut recruter des candidats issus du RND et vice-versa. Le processus inverse, retour au bercail, est valable, un mandat plus tard. Au point que certains “militants” sont devenus des professionnels du nomadisme politique.
L’exemple est donné par des transfuges du FFS, un parti réputé pour ses convictions, sa constance et ses positions, qui se parachutent, au hasard, dans des formations politiques avec lesquelles ils n’ont aucun lien idéologique. Le temps d’un mandat. Avant d’aller chercher refuge dans une autre liste.
Le cas le plus édifiant, est celui d’un président d’APC de la capitale qui a adhéré et démissionné de deux partis, échappé à une troisième tentative à la veille de la confection des listes, pour finir tête de liste indépendant.  
Les cas sont innombrables et sont recensés dans toutes les régions du pays. Ce qui a provoqué la colère des militants et toutes ces scènes de contestation et de violence dans certains partis politiques. Parce que les directions bafouent leurs propres règles d’éligibilité à la candidature en cooptant des candidats “extramuros”. Ainsi par glissements successifs, les partis et les militants s’éloignent progressivement de leurs principes et convictions pour transformer leur rôle politique en fonction avantageuse et bien rémunérée. Avec ses dividendes et ses saisons de migrations. Et il se trouve encore qui s’étonne du désintérêt grandissant de la population, notamment les jeunes, à la chose politique qui s’exprime par le taux d’abstention.


Djilali B.


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