Les réformes dans l’Europe de l’Est
Le modèle géorgien
Par : Khaled R.Au cours de cette rencontre, le secrétaire général du think tank, Smaïl Seghir, a présenté une communication intitulée : “Quelques indications sur la Géorgie dans le classement Doing Business”. En 2003, la Géorgie a connu une révolution rose. En 2004, le nouveau régime est à l’origine des transformations. Il avait hérité d’une situation catastrophique : une stagnation très forte de l’économie, une administration faible et désorganisée, très peu de coordination entre institutions publiques et une corruption généralisée.
Le nouveau régime a commencé par procéder à une délimitation nette entre le rôle de l’état et celui de l’entreprise et à s’attaquer à la qualité de l’administration pour la rendre plus efficace. Il s’agissait de la faire mieux travailler, d’améliorer le management de la Fonction publique et d’opérer une réforme profonde de la réglementation.
Les objectifs de ces changements étaient de renforcer les capacités de l’administration afin d’offrir des services qui répondent aux attentes de la population. En un mot, arriver à une administration très professionnelle. La lutte contre la corruption était le cheval de bataille des nouveaux gouvernants. Elle s’est traduite par la réduction de la taille des effectifs de la Fonction publique. Des mécanismes ont été mis en œuvre pour faire participer les administrés à ces réformes.
90% des douaniers et 85% des policiers licenciés !
L’orateur a cité, en outre, les actions entreprises pour améliorer la situation : système de comptabilité transparent, lutte contre le clientélisme, code éthique dans l’administration, utilisation beaucoup plus large des technologies de l’information pour améliorer le fonctionnement des services publics. En ce sens, ont été créés deux organismes nouveaux, deux comités ad hoc : le conseil des services publics présidé par le chef de l’état, le bureau des services publics chargé de mettre en œuvre les réformes publiques. Les mesures décidées dans ces instances sont approuvées par le parlement et validées par le président de la République.
Les quelques résultats de cette politique sont édifiants. La Géorgie est classée première dans le monde dans la perception par la population de la réduction de la corruption. Une plupart des citoyens sont satisfaits de cette politique de lutte contre la corruption.
Autres exemples : le nombre des ministères est passé de 18 à 14, celui des fonctionnaires a été divisé par deux. Les nouveaux gouvernants ont licencié 90% des douaniers et 85% des policiers. Les salaires des fonctionnaires ont été multipliés par 15. Les guichets uniques ont été généralisés. Le délai de création d’une entreprise est passé de 30 jours à 1 heure. Le nombre de documents requis est passé de 7 à 2. Et le coût de la création d’une entreprise a baissé de 10 fois.
Au final, la croissance économique a connu un boom trop rapide à la faveur de la réforme. La Géorgie est le pays de l’Europe de l’Est qui attire le plus d’IDE. Avant la réforme, l’informel représentait 65% de l’économie géorgienne. Il est devenu minoritaire aujourd’hui.
Tout cela explique pourquoi la Géorgie est passée de la 128e place en 2005 à la 16e place dans le Doing Business 2012.
K. R.



