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Actualité Samedi, 13 Avril 2013 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

À l’ouverture hier de son conseil consultatif

Le MSP s’oppose à la révision de la Constitution

Par : Mohamed-Chérif LACHICHI

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui a soutenu, sans ciller, en 2008, la révision de la Constitution qui avait permis à Bouteflika de briguer son troisième mandat semble, cette fois, se rétracter. Trop, c’est trop…

À l'ouverture de la session extraordinaire du conseil consultatif (majliss echoura) du MSP avant la tenue de son 5e congrès, prévu le 1er mai prochain, Abou Djerra Soltani s'est d’emblée accordé, devant ses ouailles, un véritable satisfecit quant à la gestion de sa formation politique durant les cinq dernières années. “Nous avons nagé dans une mer tourmentée et nous avons réussi à tenir le cap en pleine tempête”, a-t-il déclaré devant ses cadres qu'il a longuement remerciés pour leur respect de “la discipline partisane”, notamment après le retrait du MSP de l'Alliance présidentielle et du gouvernement. “Des décisions souveraines parfaitement assumées”, a-t-il indiqué.  Soltani s'est attaqué à l’actualité politique dominée par la révision constitutionnelle qu’il considère comme “un jeu politicien” auquel le MSP ne veut pas s’adonner. Et les raisons de ce refus sont fort nombreuses. D’abord, Soltani soupçonne le pouvoir ou plus précisément l'entourage du président Bouteflika de vouloir “jouer les prolongations”. Ce changement de la Constitution, qui intervient à moins d'une année de la prochaine élection présidentielle, va se dérouler, selon lui, durant “le temps mort”, ce qui lui ôte déjà tout “fair-play”. Il croit même savoir que certaines parties cherchent à convaincre le président Bouteflika sur la nécessité de “sortir avec des résultats positifs” et donc de redorer, en quelque sorte, son blason après un parcours “chaotique” de 15 années à la tête de l'État algérien. Comme si les scandales politico-financiers actuels risquaient de ternir ad vitam aeternam son passage par le palais d'El-Mouradia. Enfin, rompu aux sombres arcanes du pouvoir algérien, le leader islamiste croit même savoir que le président Bouteflika s'adressera le 15 avril à la nation pour réitérer, une nouvelle fois, son annonce d'une énième révision de la Constitution en Algérie, après celle proposée à Sétif, il y a exactement deux années, en l’occurrence la dernière en date. “Déjà en 2011, on avait insisté sur cette nécessité de fixer des délais”, se lamente Soltani, qui ne comprend pas qu’après la commission Bensalah, constituée spécialement à cet effet, et les contacts du Premier ministre, Abdelamlek Sellal, un comité d’experts puisse être installé à la fin. Et de rappeler, enfin, que la majorité des 28 partis politiques représentés à l'APN ainsi que les 250 personnalités nationales consultées par la commission Bensalah étaient tous favorables à “un régime parlementaire”. “Où est passé ce document ? Où sont ses recommandations ? Qu’on les rende publiques !” exige-t-il. D’après Soltani, les réformes initiées, destinées à anticiper, selon lui, les contestations nées à la suite du Printemps arabe étaient “dévoyées” dès le départ. “Non seulement, ces réformes ont péché par absence de méthodologie, mais elles ont manqué aussi d'ancrages et de racines profondes…”. S’agissant des gros dossiers de corruption qui secouent actuellement la scène politique nationale, Soltani s’est dit effaré à l’idée que des lampistes puissent payer à la place des puissants. “Au lieu de chasser la pieuvre, ils mettent en prison des boucs émissaires”, regrette-t-il, avant d’insinuer que tous les secteurs d’activité sont, aujourd’hui, en proie à des appétits voraces. “On utilise le sceau du roi pour voler”, s’inquiète-t-il. Revenant sur les émeutes qui ont agité durant tout le week-end la ville d’Ouargla à la suite de la publication d’une liste de bénéficiaires de logements sociaux, Soltani a dénoncé non seulement la “violence” comme moyen de revendication mais aussi “les disparités régionales”. Il s’en prendra, ainsi, au “régionalisme”, une plaie qui, selon lui, a des connotations politiques en Algérie. “Il est temps de sortir de l’opacité et de réhabiliter l’autorité de l’État.” Concernant la fraude, le numéro un du MSP l’étaye par l’abstention record. “Le peuple n’est pas dupe”, reconnaît-il. En égrenant, un à un, ces maux qui rongent la société algérienne, Soltani considère que le changement de Constitution n’arrangera strictement rien…


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