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Après les émeutes de Béjaïa

Le pouvoir bat le rappel de ses notables

Scène d’émeutes dans la wilaya de Béjaïa, la semaine dernière. ©D. R.

Plutôt que d’inviter les jeunes à débattre de leurs préoccupations et des vraies raisons qui ont poussé certains d’entre eux à investir la rue, les pouvoirs publics préfèrent encore se réunir avec des personnes complètement en décalage avec la société et loin de la réalité pour décrypter la situation.
Les récents événements de Béjaïa l’attestent à plus d’un titre.

Après les récentes émeutes qui ont secoué la région de Béjaïa, les autorités locales ont cru bon d’inviter leurs fidèles et vieilles “notabilités” à discuter des préoccupations d’une jeunesse pour le moins “stigmatisée”. Le conseil fédéral du Front des forces socialistes (FFS) de Béjaïa, élargi aux P/APC, était le premier à dénoncer cet état de fait, lors d’une réunion tenue samedi dernier.
“Le recours de l’administration aux ‘sages’ et autres ‘notables’, sélectionnés sur une base totalement arbitraire et des critères connus du seul pouvoir, et l’exclusion des élus, à l’occasion de réunions organisées lors de ces événements, ne sont-ils pas une énième tentative de substituer à la représentation élue des populations une représentation factice, archaïque et parfois même mafieuse ?”, est-il noté dans le communiqué qui a sanctionné la rencontre. Et pourtant, pendant plusieurs jours, ils étaient essentiellement des jeunes à descendre dans la rue pour exprimer avec rage un ras-le-bol, un mal vivre et une situation de désespoir que les autorités ne semblent pas encore en mesure de comprendre. La preuve, plusieurs associations et acteurs locaux de la société civile, contactés par nos soins, affirment n’avoir, à aucun moment, été invités par les autorités compétentes à discuter de la situation et chercher ensemble à trouver des solutions. C’est le cas du responsable du bureau de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme à Béjaïa, Hocine Boumedjane, qui ne comprend pas “comment les pouvoirs publics font appel à des personnes qui n’ont aucune assise dans la société, alors que les premiers concernés sont la jeunesse”. Pendant les événements, le bureau de la Laddh de Béjaïa a eu à organiser, de sa propre initiative, deux réunions avec une vingtaine d’associations citoyennes de la région pour coordonner leurs actions et appeler au calme. La même initiative a été reprise à Akbou, Sidi Aïch et El-Kseur. Quant aux “vieilles notabilités” de la région auxquelles les autorités trouvent une si grande “sagesse” et une non moins grande “utilité” pour les inviter à discuter de l’avenir de la jeunesse, ce sont généralement des personnes à la retraite et qui vivent en marge de la société active. Il est vrai que ces personnes se distinguent surtout par leur proximité avec les relais locaux du pouvoir. Hocine Boumedjane ne voit d’ailleurs pas “comment ces personnes peuvent-elles se faire entendre parmi la société civile ?” Son collègue, Saïd Salhi, vice-président de la Laddh et citoyen de Béjaïa, relève sur un ton ironique que “le seul contact qui a été établi avec les jeunes était d’ordre policier”. Il regrette le fait que “la jeunesse ait toujours été stigmatisée” de la sorte. De son côté, Boualem Bacha, président de l’Association culturelle la Soummam, dans la daïra d’Akbou, et néanmoins membre et ex-président de l’association estudiantine AAI (Amazday Adlsan Inalmadhen) de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa, estime que “les autorités préfèrent se réunir avec leurs amis les sages pour éviter le vrai débat et les préoccupations véritables de la jeunesse”. Il regrette le fait que la société civile et la jeunesse en particulier soient exclues et que les autorités “n’arrivent toujours pas à communiquer” avec les segments représentatifs de la société et à se rapprocher d’eux. Une situation, conclut-il, qui engendre souvent de la violence.

Mehdi Mehenni


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5 réactions
meliani le 10/01/2017 à 13h02

Non Monsieur Mehdi Mehenni ! on ne discute pas avec des proscrits,des meneurs et organisateurs du banditisme,des voyous ! et que savez-vous des notables de notre pays ! contrairement à vos allusions il existe des sages qui appellent à la raison et qui savent faire la différence entre le bien et le mal!vous semblez l'ignorer ! et puis il y a des chefs des partis politiques légitimement élus ! pourquoi n'ont-ils rien fait pour éviter ces affrontements ? parce que c'est voulu n'est-ce-pas !!

boualembacha le 10/01/2017 à 21h18

(...) Savez vous monsieur meliani que les pays se construisent sur la base de la jeunesse intellectuelles ? je dis une chose: les formes de répression ont changées; il est temps de changer les formes de luttes.a propos de notables a mon sens ils ont faillis a leur mission fondamentale qui est de retracer l’histoire et veiller sur le patrimoine de la nation. aujourd'hui, c'est aux jeunes de prendre leur avenir en mains.

népourêtrelibre le 11/01/2017 à 1h48

Moi le premier j'aimerais assister à la fin de vie de ce régime. Le régime et les islamistes ce sont eux les microbes, ont causé beaucoup de torts au pays, l'Algérie. Je vois déjà les premiers prémices qui se dessinent à travers les derniers soulèvements à Bougie que je soutiens fermement ces actions. Des grèves ici et là se répandent partout. La pieuvre et ses tentacules ne s'en lassent pas quitte à piétiner sur les gens qui lui sont contraires.

meliani le 11/01/2017 à 13h07

A chacune de mes interventions (peut-être en avez-vous lu une !)Monsieur Boualembacha,je dénonce les dysfonctionnements de certains décisions du gouvernement en place ! les irrégularités,et l'immobilisme ou l’absence même de certaines infrastructures nécessaires au développement des régions déshéritées ! peut-être qu’a propos des notables de notre pays les empêche-t-on- d'agir ? mais il y en a encore! quand à notre jeunesse intellectuelle en marge c'est la relève imminente URGENTE !

boualembacha le 12/01/2017 à 0h50

l’éducation nationale est la faille majeure qui guette le citoyen, pour y remédier nous avons la conscientisation et la sensibilisation du peuple compte a ses droits civiques fondamentaux, les pratiques sociales et surtout les actes citoyen sont des piliers sur lesquels nous devons nous focaliser pour eviter le pire.et je suis d'accord sur le fait qu'il ya des notable mais les vraies sont en retrait.

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