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Des collaborateurs de l’ex-chef d’état major devant le tribunal militaire

Le procès des félons

L’ex-adjudant-chef Guermit Bounouira. © D.R

C’est sans aucun doute une des pièces maîtresses du “système” du défunt Ahmed Gaïd Salah, qui tombe désormais dans les filets de la justice militaire.

L’ancien adjudant-chef de l’ANP, Guermit Bounouira, livré à l’Algérie jeudi dernier par la Turquie où il s’était réfugié depuis quelques mois,  devait être auditionné hier par le juge d’instruction du tribunal militaire de Blida. “Sur ordre du président de la République, chef suprême des forces armées, ministre de la Défense nationale, et après coordination entre nos services de sécurité et les services de sécurité turcs, l’adjudant-chef Guermit Bounouira a été livré jeudi dernier et sera présenté devant le juge d’instruction militaire lundi (hier, ndlr)”, avait indiqué dimanche un communiqué des services de sécurité repris par l’agence officielle APS. 

Aucune autre précision n’a été fournie, mais selon certains journaux, cet ancien secrétaire particulier d’Ahmed Gaïd Salah devrait répondre à de graves accusations dont, notamment, le détournement et la fuite de documents et d’informations confidentielles du ministère de la Défense nationale. Il serait également soupçonné d’avoir alimenté certains activistes recherchés par la justice et établis à l’étrangers en informations classées “top-secret”. 

À cela s’ajoute, selon les mêmes sources, l’acquisition, grâce à la position privilégiée qu’il occupait dans la hiérarchie, de biens en Algérie et à l’étranger. Même si son grade ne lui conférait théoriquement aucun pouvoir particulier, sa proximité avec le défunt chef d’état-major, de par le poste qu’il occupait, lui aurait permis probablement, de l’avis de nombreux observateurs, d’avoir glané de précieuses informations, d’avoir eu accès à certains dossiers et d’avoir été probablement témoin de faits importants  concernant la prise de décision ou de rapports d’importance capitale. Par bien des égards, il incarne pour ainsi dire la “boîte noire” du défunt chef d’état-major. 

C’est cette position privilégiée qu’il occupait du temps où Ahmed Gaïd Salah était le véritable détenteur du pouvoir et les liens qu’il entretenait avec le général-major Ouassini Bouâaza, ex-chef de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), sous les verrous depuis juin dernier, qui lui auraient permis de s’exfiltrer, d’où sans doute la mobilisation de l’establishment politico-militaire pour le récupérer des mains des Turcs. D’après les mêmes journaux, il entretenait également des liens privilégiés avec l’ancien patron de la gendarmerie, aujourd’hui en fuite à l’étranger, Ghali Belksir. Selon l’agence de presse britannique Reuters, l’extradition de Guermit Bounouira a été au cœur de la communication téléphonique entre le président Abdelmadjid Tebboune et son homologue turc, Recip Tayyip Erdogan, la semaine dernière. 

Rien n’a filtré pour l’heure sur la “contrepartie”, même s’il est établi qu’entre Alger et Ankara, les relations sont “fortes et empruntes de confiance mutuelle”. Il n’est pas exclu également que les Turcs aient accédé facilement à la demande algérienne en raison du rôle que les deux capitales sont appelées à jouer dans le règlement de la crise libyenne. Restent maintenant les questions de fond : pourquoi Guermit a fui le pays ? Comment a-t-il pu sortir du territoire national ? Quelle est la nature des documents qu’il aurait subtilisés ? Des questions auxquelles nous n’aurons probablement pas de réponse de sitôt, du moins pour deux raisons : l’extrême sensibilité du dossier et l’opacité qui entoure souvent les jugements des officiers de l’armée. Avec la chute de Guermit Bounouira, c’est certainement une autre pièce importante du “puzzle” constitué par Ahmed Gaïd Salah qui trouve sa place.

Elle intervient quelques jours avant le procès en appel d’Ouassini Bouâaza condamné en juin dernier à une peine de huit ans de prison ferme assortie d’une amende de 500 000 DA avec la confiscation des objets saisis dans le cadre de l’enquête, pour les chefs d’inculpation d’“outrage verbal à corps constitué”, “humiliation d’un subordonné”, “faux et usage de faux” et “détention d’une arme et de munitions de guerre”. 

Des chefs d’inculpation liés aux circonstances de son arrestation en avril dernier par des agents de la DCSA au MDN, alors qu’il devait participer à une réunion en présence de l’actuel homme fort, Saïd Chanegriha. Il ferait l’objet actuellement d’une instruction pour des faits qui relèvent du tribunal criminel.

 

 


Karim Kebir


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