Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Actualité

Le retour prudent de Statoil en Algérie


Statoil, le géant pétrolier norvégien, va reprendre ses activités sur le site gazier de Tiguentourine, près d’In Amenas, à 1 300 km au sud-est d’Alger, plus de 20 mois après l’attaque terroriste perpétrée sur cette plateforme gazière.
Le retour des Norvégiens, la compagnie l’a annoncé dans un communiqué diffusé hier. Elle y explique que son comité exécutif a décidé que les rotations “ordinaires” de personnel qu’elle  avait suspendues, dans l’attente de la mise en place de mesures de sécurité, reprennent. L’entreprise grossit le trait sur les questions d’ordre sécuritaire, dans le communiqué. “C’est une région troublée et nous évaluons la situation en permanence pour être prêts à réagir au cas où la situation le demanderait”, a déclaré le porte-parole du groupe, Knut Rostad.
En juin dernier, le comité exécutif a approuvé le retour d’une partie des équipes norvégiennes, en attendant de finaliser la mise en place de mesures de sécurité exigées par la direction de Statoil. La compagnie note qu’elle se préparait à une reprise de fonctionnement normal à In Amenas. Et elle affirme que la décision de reprendre ses activités dans la région est le résultat d’un processus “rigoureux”, établi par étapes : identification de mesures de sécurité nécessaires, leur mise en œuvre et leur validation.
Depuis l’attaque de Tiguentourine, Statoil travaillait systématiquement avec ses partenaires en Algérie dans le but de reprendre ses activités dans le pays. La compagnie norvégienne relève, également, que la sécurité a été améliorée, à la lumière de recommandations qu’elle a formulées sur la base d’une enquête menée après l’attaque terroriste. L’enquête commandée par Statoil avait conclu l’année dernière que la sécurité sur le complexe gazier était “trop tributaire” de l’armée algérienne. Depuis, selon l’entreprise, des mesures de sécurité concrètes ont été mises en place, l’organisation entre partenaires remodelée et la coordination avec les autorités algériennes améliorée.
Au total, 40 personnes travaillant sur le site, dont cinq Norvégiens salariés de Statoil, de même que 29 ravisseurs avaient péri dans cette attaque. Trois autres assaillants avaient été capturés. Statoil est partenaire, dans le complexe de Tiguentourine, de Sonatrach et de BP.
L’usine d’une capacité globale de neuf milliards de m3/an a été mise à l’arrêt pendant plus d’un mois. La production a repris ces derniers mois, mais le complexe ne fonctionne toujours pas à plein régime, car il a été très endommagé par l’attaque, et un des trois trains de production, encore en cours de réparation, ne devrait pas fonctionner avant quelques mois.
Le premier train a redémarré en février 2013. Le deuxième allait être relancé en avril 2013, tandis que le troisième devait l’être avant la fin de l’année. Le complexe assure 12% de la production gazière dans le pays. Mais dans cette reprise, fût-elle graduelle, de la production, un troisième partenaire, en l’occurrence BP, manque à l’appel. La compagnie britannique va-t-elle faire de même que Statoil ? Fort possible. Si la remise en service du complexe de Tiguentourine était accomplie, le pays devrait doper ses volumes de production et d’exportation gazière. Et, par conséquent, il aura de la marge pour honorer ses contrats gaziers et les renouveler.
Pour le moment, la conjoncture internationale lui est favorable. Avec la crise en Ukraine, l’Algérie pourrait dégager de nouvelles pistes de débouchés pour son GNL. L’Espagne, partenaire traditionnel de l’Algérie en énergie, a proposé récemment à l’UE de remplacer le gaz russe par le gaz algérien. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, s’est rendu, il y a quelques mois, en Algérie pour aborder cette question avec son homologue Ramtane Lamamra. D’après le ministre espagnol, l’Algérie serait en mesure de fournir à l’Europe entre 50 et 60 milliards de mètres cubes de gaz par an via l’Espagne. L’Espagne espère un retour d’écoute favorable, autour de cette initiative.
À l’évidence, les Russes ne se laisseront pas faire. Ils ne veulent pas se faire distancer sur le marché gazier européen.

Y. S.