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A la une / Actualité

Mise à niveau : les prestations de 156 entreprises ne sont pas payées depuis 2015

Les bureaux conseil accusent le ministère de l’Industrie

©Louiza/Archives Liberté

Ayant appris la tenue d’une conférence de presse, le DG de l’Agence nationale de développement de la PME (Andpme) a reçu les membres de la cellule de crise. À l’issue de la rencontre, il a affirmé que cette agence est prête à régler ce contentieux dans un délai d’un mois.

La mise en œuvre par l’Agence nationale de développement de la PME (Andpme) du programme de mise à niveau de 20 000 petites et moyennes entreprises dotées d’une enveloppe de plus de 3 milliards de dollars, suscite la colère de plusieurs bureaux conseil qui se plaignent depuis plus d’un an de ne pas être payés pour leurs prestations. Réunis hier matin  à Alger, ils dénoncent la bureaucratie de l’Andpme et du ministère de l’Industrie. En effet, ces bureaux d’études ont adressé des dizaines de lettres à ces deux entités. En vain, a indiqué un représentant d’un bureau conseil.
Ni le ministère de l’Industrie ni cette agence sous tutelle de ce département n’ont daigné répondre à ces doléances. Un silence de marbre qu’ils interprètent comme du mépris. Un autre représentant dénonce dans la même veine l’esprit hautain de l’État. Las d’attendre, ces patrons  ont décidé hier de passer à l’action : constituer une cellule de crise pour gérer leur action, demander une rencontre avec le ministre de l’Industrie pour dénouer ce contentieux. En cas de réponse négative, ces bureaux conseil envisagent d’ester en justice l’Andpme.
Précisément, ces bureaux conseil au nombre de 156 ont réalisé des diagnostics dans le cadre du programme de mise à niveau des petites et moyennes entreprises, piloté par l’Andpme. Le dispositif prévoit que l’agence paie 80% du coût du diagnostic au bureau conseil au terme de 45 jours. Plus d’une année  après, ces bureaux n’ont pas encore reçu leur dû. Pourtant, ils détiennent des documents de l’Andpme prouvant que leur étude a été validée par l’agence et des factures pour service fait. Ils réclament à l’agence le paiement d’une dette qui varie, pour chaque bureau conseil, entre 5 millions de dinars et 40 millions de dinars. L’essentiel de cette dette a été contractée en 2015.  
Rebondissement dans l’après midi : ayant appris la tenue de cette réunion, le DG de l’Andpme, M. Moussaoui, a reçu, hier aprèsmidi, les représentants de ces bureaux conseil  et s’est engagé à procéder au paiement de ces prestations dans un délai d’un mois, selon le porte-parole de cette cellule de crise. Pour les dettes antérieures, celles de 2008 (490 bureaux d’étude ou conseil concernés), l’Andpme est en train de les régler. “L’argent est disponible”, a-t-il ajouté, rapporte le membre de cette cellule de crise.  
En attendant, cette situation n’a pas été sans conséquence sur la vie de ces entreprises. Beaucoup de bureaux conseil rencontrent de graves difficultés financières. En raison de ces impayés, ils éprouvent des difficultés à payer la Cnas et le fisc. Du coup, ils ont accusé des retards de paiement des cotisations sociales et de leurs impôts. Ce qui a engendré des pénalités de retard.
Conséquence, certains n’arrivent pas à payer leur personnel, d’autres risquent de licencier leurs collaborateurs, d’autres encore risquent de disparaître si l’Andpme ne tient pas ses engagements. “On tue ainsi l’entreprise, on tue l’intelligence”, s’indigne Mohamed Saïd Belacel, manager de BEG Consulting Group.
Contrairement aux déclarations récentes du DG de la PME à la Chaîne III, l’échec du programme de mise à niveau en fait n’est pas dû  uniquement à une approche qui ne répondait pas aux besoins spécifiques des petites et moyennes entreprises. “L’échec de la mise à niveau, c’est l’échec de l’Andpme”, a observé plutôt Slimani Abderrahmane, consultant, président de l’association pour la promotion du métier de consulting en entreprise, présent à la réunion.
Sur les 20 000 PME programmés, seulement 1 400 ont commencé la mise à niveau et seulement 17 ont achevé ce chantier. Alors que ce programme a été lancé en 2009.
Dans la foulée, Gérard Lambret, patron d’une société de consulting de droit algérien, a pointé du doigt les failles de ce dispositif qui ont conduit à cet échec : les effets d’annonce, prétendre mettre à niveau 20 000 entreprises alors que sept années après 6 000 seulement ont été déclarées éligibles ; les modifications dans les textes sans informer au préalable les bureaux conseil ; le refus des procurations après les avoir acceptées auparavant ; les lenteurs  dans les paiements ; un  personnel administratif ou interlocuteurs et/ou experts de l’Andpme incompétents ; la décentralisation de l’Andpme ayant compliqué les choses ; les privilèges accordés à certains bureaux d’études ; l’absence d’informations sur le dispositif de mise à niveau. Tout cela a entraîné un climat de méfiance qui est à l’origine du peu d’engouement d’un grand nombre de PME pour ce processus de mise à niveau.

K. Remouche


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