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Actualité

Les cinq mois qui ont ébranlé la Kabylie

Avril 2001
Mercredi 18 :
Un jeune lycéen de 19 ans est arrêté à Béni Douala et gardé à vue à la brigade de gendarmerie. Il est grièvement blessé d’une rafale de kalachnikov par un gendarme à l’intérieur de la brigade. Il succombe à ses blessures le lendemain à l’hôpital Mustapha d’Alger.

Samedi 21 :
A Béjaïa : violents affrontements et scènes d’émeutes à Amizour suite à l’arrestation arbitraire de trois jeunes lycéens par des gendarmes alors qu’ils se dirigeaient avec leur professeur de sport vers le stade. La daïra est saccagée. Les dégâts matériels seraient très importants, notamment l’incendie d’un véhicule de gendarmerie.

Jeudi 26 :
Reprise des affrontements à Ighzer Amokrane : 2 blessés. Le bilan des émeutes depuis deux jours est de 5 morts (Chila Farid, Haddad Nadir, Saddek Brahim, Makhmoukh Kamal et Saïdi Akli) et 42 blessés.
Fréha : 2 morts dont le jeune Amghar Tahar 22 ans, tué à bout portant et deux grièvement blessés.
Béni Mohli (Sétif) : 1 mort, Hamoudi Yahia, 60 ans.
Maâtkas : 2 morts, Guendoud Amar (23 ans) et Ouahab Rachid (17 ans).
Les Ouadhias : reprise des affrontements avec les gendarmes après une brève accalmie. Cinq morts : Mokhtari Amar, Khorsi Hamza, Sennour Boudjema, Heddad Hamza et Feddi Bélaïd.
Azazga : violents affrontements entre manifestants et gendarmes : 7 morts parmi les manifestants.

Samedi 28 :
Mekla : les manifestants prennent d’assaut la brigade de gendarmerie. Des véhicules se trouvant dans la cour sont incendiés. Les gendarmes tirent sur les jeunes : 2 morts et 7 blessés.
Aïn El-Hammam : violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Ces derniers tirent sur la foule : 3 morts dont une femme (Aït Aba Nadia, 30 ans, enseignante).
Boudjima : les manifestants s’attaquent à la brigade de gendarmerie. Les gendarmes tirent sur la foule : 2 morts et 3 blessés.
Les Ouadhias : les jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie : 2 manifestants tués par balle, un gendarme tué par barre de fer et 8 blessés.
Larbaâ Nath-Irathen : violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Les gendarmes tirent sur la foule : 7 morts
Draâ El-Mizan : 2 morts et 10 blessés par balle suite aux manifestations de jeunes lycéens.
Boghni : des hommes armés tirent sur le commissariat : 1 blessé. Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 2 morts dont un policier écrasé par un camion lors d’une fausse manœuvre de ses collègues.

Dimanche 29 :
Azazga : le bilan s’élèverait à 9 morts depuis le début des émeutes. Des gendarmes tirent sur les manifestants : 2 blessés.

MAI 2001
Mardi 1er :
Bouzeguène : reprise des manifestations après l’enterrement de jeunes manifestants. Les brigades anti-émeutes répliquent par des grenades lacrymogènes. Les Ouacifs : reprise des affrontements durant l’après-midi : 2 blessés par balle.

Mercredi 2 :
Extension des émeutes vers la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. La mairie et la daïra de Djaâfria sont incendiées par les jeunes manifestants. L’école de Theniet Enasr est saccagée.

Jeudi 3 :
Des brigades anti-émeutes tentent de disperser une marche pacifique au centre-ville de Béjaïa, provoquant de violents affrontements avec les manifestants : 15 blessés.

Jeudi 11 :
Alger : à l’appel du MCB (coordination nationale), plusieurs milliers de personnes ont marché de la place du 1er-Mai à la place des Martyrs, à Alger, pour dénoncer la répression dont ont été victimes les jeunes de la Kabylie.

Lundi 21 :
500 000 personnes manifestent pacifiquement à Tizi Ouzou contre le régime et la répression. Des échauffourées sont signalées à la fin de la marche : 40 blessés. Reprise des manifestations à El-Kseur (Béjaïa). Violents affrontements entre les jeunes manifestants et les brigades anti-émeutes. Le commissariat de police de la ville est assiégé.

Mercredi 23 :
Aokas (Béjaïa) : affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 9 blessés.
Souk El-Thenine (Béjaïa) : des gendarmes arrosent les façades des maisons de rafales de kalachnikov. Ils auraient procédé au saccage de boutiques commerciales selon des témoignages rapportés par la presse.

Jeudi 24 :
Poursuite des émeutes dans les villes d’El-Kseur, Semaoune, Ighram, Kherrata, Amizour, Aokas et Souk El-Thenine : 119 blessés dont 57 policiers.
Scènes d’émeutes à Bouzeguène (Tizi Ouzou) suite à une manifestation de lycéens. Le siège de la brigade de gendarmerie est assiégé par les jeunes manifestants : 2 manifestants tués et 10 blessés.

Vendredi 25 :
Tazmalt (Béjaïa) : poursuite des émeutes. Les forces de sécurité tirent sur les manifestants : 2 morts et 7 blessés.  Des gendarmes tirent sur des manifestants à Takriets (Béjaïa). Un enfant de 13 ans (Hafid Messalti) est tué d’une balle dans la tête, alors qu’il se trouvait devant la porte du domicile familial.  Reprise des affrontements à Béni Douala (Tizi Ouzou). Le siège de la garde communale est saccagé.
Azazga : les manifestants assiègent et brûlent la brigade de gendarmerie.
Boghni (Tizi Ouzou) : des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes font 14 blessés dont 2 par balle. Quatre manifestants arrêtés, tabassés à la brigade de gendarmerie puis libérés… nus.

Samedi 26 :
Chorfa (Bouira) : des manifestants attaquent la brigade de gendarmerie à coups de pierres. Les gendarmes tirent sur la foule : 1 mort (Benhamida El-Hadj, 31 ans) et 7 blessés.
Poursuite des émeutes à Béni Douala. Le siège de la sécurité sociale est incendié.
Tizi Ghenif (Tizi Ouzou) : une manifestation pacifique dégénère. Les manifestants incendient la daïra.

Dimanche 27 :
Béjaïa : une imposante marche de plusieurs dizaines de milliers de personnes a eu lieu à l’appel des comités de village. A la fin de la manifestation, un groupe de manifestants saccage puis brûle une partie des locaux de la radio locale (radio Soummam).
Bouira : affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 2 blessés par balle.

Lundi 28 :
Draâ Ben-Khedda (Tizi Ouzou) : violents affrontements. La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants. Les gendarmes tirent sur la foule: 1 mort et plusieurs blessés. Un autre citoyen décède par asphyxie, suite à l’inhalation de gaz lacrymogènes.
Issers (Boumerdès) : les manifestants bloquent la route menant vers Alger.
Bouira : violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 1 blessé par balle. Le bilan provisoire des dernières émeutes serait d’un mort et de 13 blessés.
Tadmaït : violents affrontements. Des manifestants foncent sur le siège de la gendarmerie avec un poids lourd. Les routes sont bloquées à l’aide de barricades. Les gendarmes tirent sur les manifestants : 2 morts (Akkouche Abderrahmane et Hamidechi Mohamed) et 4 blessés.

Mardi 29 :
Alger : 2 000 étudiants organisent une marche à partir de l’Université de Bouzaréah vers le Palais du gouvernement.
Béjaïa : manifestation des professionnels de la santé dans la ville de Béjaïa pour dénoncer la répression.
Sidi-Aïch (Béjaïa) : poursuite des manifestations et des affrontements entre jeunes citoyens et brigades anti-émeutes : 11 blessés. Le tribunal est saccagé.

Jeudi 31 :
Alger : près de 200 000 manifestants participent à la marche organisée par le FFS. A leur arrivée à la place des Martyrs, ils sont accueillis à coups de pierres par des jeunes de La Casbah et de Bab El-Oued. Les brigades anti-émeutes n’interviennent qu’une heure après. Près de l’Amirauté, un militaire blesse grièvement par balle un jeune manifestant (Hanniche) qui mourra quelques jours plus tard.
Un communiqué du Commandement de la gendarmerie annonce l’arrestation de deux gendarmes à Draâ Ben-Khedda et d’un militaire de l’Amirauté d’Alger pour “usage abusif de leurs armes”.

Juin 2001
Dimanche 3 :
Près de 10 000 personnes manifestent pacifiquement à Souk El-Thenine (Béjaïa).

Lundi 4 :
Marche pacifique de plusieurs milliers de femmes dans les rues de Béjaïa.
Près de 3 000 femmes manifestent pacifiquement à Azazga.
10 000 personnes manifestent pacifiquement aux Ouadhias.
Poursuite des affrontements à Azazga entre manifestants et brigades antiémeutes.

Mardi 5 :
Poursuite des affrontements à Azazga. Les routes sont barricadées par les jeunes manifestants. Echanges de pierres et de grenades lacrymogènes.

Mercredi 6 :
Imposante marche de citoyens de la ville d'Akbou avec dépôt de plaintes des familles des victimes de la répression au niveau du tribunal de la ville.
Affrontements entre manifestants et brigades antiémeutes à Azazga (Tizi Ouzou).

Jeudi 7 :
Réunion de l'interwilayas à l'université de Béjaïa où une plate-forme de 26 points est adoptée pour la remettre au président de la République lors de la marche du 14 juin, rendez-vous est pris à El-Kseur pour finaliser le document.
Répondant à l'appel d'une “coordination nationale pour la défense des libertés démocratiques”, quelques centaines de manifestants sont réprimés au niveau de la place du 1er-Mai d'Alger par les brigades antiémeutes.

Lundi 11 :
Réunion de l'interwilayas pour la finalisation du document à remettre au Président ; après plusieurs interventions et un débat profond le document est ramené de 26 revendications à 15 et qui porte désormais le nom de la plate forme d'El-Kseur.