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Les nouveaux engagements de Baba Ahmed


Après presque six heures de concertation, le Cnapest a refusé de lever le débrayage au motif que son conseil national est seul habilité à évaluer les résultats de la rencontre et prendre des décisions. 


La rencontre entre le ministre de l’Éducation nationale et la délégation du Cnapest-élargi, qui s’est déroulée hier au siège de la tutelle, s’est transformée en un véritable procès. C’est du moins le cas pendant la première heure de la réunion qui s’est tenue pour la première fois en présence de la presse. Les deux parties en conflit voulaient profiter de la présence en force des médias pour tenter d’imposer chacun sa vision et surtout dévoiler des vérités jusque-là cachées. Invité par le chef de cabinet à présenter ses demandes, le coordinateur national du Cnapest-élargi a d’emblée reproché à la tutelle “sa lenteur et son indifférence” dans le traitement des dossiers en suspens. Preuve en est le retard accusé dans l’invitation du syndicat pour une séance de travail. “La grève aurait pu être évitée si le ministère avait ouvert le dialogue dès la réception du préavis de grève mais il a préféré le blocage et la lenteur”, soutient Nouar Larbi. Et de poursuivre par d’autres reproches et critiques qui ne laisseront pas de marbre le chef de cabinet. M. Hedouas réplique en lui rappelant que le Cnapest a décliné l’invitation du 6 octobre dernier et que le ministre s’est engagé lors de la conférence nationale du 31 août de tenir des rencontres bilatérales avec les partenaires sociaux. Et c’est à partir de là que les participants ont eu droit non pas à des interventions mais de simples réquisitoires. Le linge sale a été déballé au point où un coordinateur de wilaya du Cnapest a nié son entrevue avec le chef de cabinet qui, de son côté, a insisté sur le fait de l’avoir reçu dans son bureau. Il aura fallu que Baba Ahmed intervienne à plusieurs reprises en demandant à ses hôtes de revenir à l’ordre du jour de la séance à savoir les doléances en suspens pour que la rencontre débute enfin. C’est du moins ce que les participants pensaient. Il s’est avéré, malheureusement, que c’était loin d’être le cas puisqu’une autre surprise a été réservée à l’assistance. Le dossier de l’enseignant de Bouira et du membre du syndicat s’est taillé la part du lion du début des débats. Nouar Larbi a demandé au ministre de le réhabiliter dans ses fonctions au motif qu’il a été injustement sanctionné. Baba Ahmed a beau remettre les pendules à l’heure et insister sur le fait qu’“un cas particulier ne doit pas passer avant l’intérêt des élèves” mais l’orateur et d’autres membres du syndicat revenaient à la charge à chaque prise de parole. C’est à croire que le Cnapest n’a fait grève que pour défendre un seul enseignant, chuchotent les présents à la rencontre. Ceci deviendra une simple conviction au fil de la réunion qui a commencé à 9h30 et ne s’est achevée qu’à 15h car les syndicalistes revenaient à la charge à chaque fois. Le forcing était tel que le ministre s’est vu contraint de s’engager à “rouvrir le dossier du syndicaliste licencié et le réhabiliter dans le cas où il aurait été sanctionné injustement”. Le Cnapest ne s’arrête pas là et insiste pour que la décision soit prise pendant la réunion. Ce que Baba Ahmed refusera en promettant de rendre “son verdict” lundi après-midi. La délégation syndicale abordera  par la suite le reste des doléances non encore satisfaites notamment le cas des PTLT, des instituteurs et des professeurs du fondamental ainsi que la prime et les logements du Sud, la médecine du travail et les postes aménagés. Le DRH du MEN qui a pris part à la rencontre est allé dans le détail pour rendre compte de l’état d’avancement de tous les dossiers sus-cités. Il s’avère que certains sont en cours de finalisation notamment les concours pour la promotion des PTLT prévu en novembre et les postes institués dans le nouveau statut. Pour le reste des dossiers non encore résolus, le ministre a tranché sur place. C’est le cas pour la mise en place de commission mixte (tutelle-Cnapest et Fonction publique) pour réexaminer les cas des enseignants dont le poste est en voie d’extinction, examen de l’arrêté relatif aux conditions et modalités d’attribution des logements du Sud, prise en charge des cas d’enseignants atteints de troubles psychologiques après délivrance de certificats médicaux, mise en place d’une commission mixte (éducation- travail) chargée de la révision de la nomenclature des maladies professionnelles du secteur et trouver des solutions pour les enseignants qui sont réellement malades. La seule revendication sur laquelle le ministre n’a pu faire grand-chose porte sur la généralisation des primes du Sud. Reconnaissant que le secteur a eu plus qu’il ne fallait et que le DG de la FP y a fortement contribué, Baba Ahmed dira que “le Premier ministre nous a instruit d’arrêter d’accorder toute indemnité ou avantages qui induiraient de nouvelles dépenses jusqu’à nouvel ordre”. Et comme pour lancer un message en direction des syndicats, le ministre a demandé à ses hôtes de faire des propositions pour mettre fin au phénomène de la violence scolaire et réduire les cours particuliers. Insistant sur le fait que le conseil national est seul habilité à évaluer les résultats de la rencontre, le syndicat a annoncé le maintien du débrayage. “Vous êtes élus vous pouvez donc lancer un appel à la reprise”, suggère Baba Ahmed. Mais rien n’y fit. Le syndicat a refusé de revoir sa position.


M B