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Impactées par les crises économique et sanitaire

Les PME au bord de l’asphyxie

© D. R.

Le taux de mortalité des PME en Algérie reste anormalement élevé par rapport à d’autres pays.

Les  PME  algériennes  ont  été  fortement  impactées  par  deux  années difficiles  (2019 et 2020)  qui  n’ont  fait, en  réalité, qu’accentuer  la  crise économique due  à  la  chute  des  cours  des  hydrocarbures, à  la faible diversification et à la forte dépendance à la commande publique. Ce constat établi par Adel Bensaci, président du Conseil national consultatif de la PME (CNCDPME), résume clairement la situation peu enviable qui prévaut dans le secteur de la PME en Algérie.

Les factures impayées et la baisse de la demande cumulées ont causé un déséquilibre financier aux PME qui font appel aux banques pour tenter de financer l’exploitation au lieu d’investir. “La rentabilité économique est en baisse et le risque de défaillance augmente. Les partenaires directs que sont les fournisseurs et les salariés ne sont plus payés et c’est l’asphyxie de tout un écosystème”, déplore M. Bensaci.

À cela il y a lieu d’ajouter l’instabilité juridique qui demeure à jamais la première menace qui freine le développement des PME dans notre pays. Le taux de mortalité reste anormalement élevé par rapport à d’autres pays, estime Adel Bensaci, qui avoue que dans le monde 80% de la mortalité des PME est due à un problème de trésorerie. “Nous avons soumis au sein de la Cipa au Premier ministre au cours du premier trimestre des propositions pour financer nos PME”, indique-t-il.

La Confédération des industriels propose, entre autres, un allègement par rééchelonnement (et non-report) des dettes fiscales et parafiscales pour une période de 12 mois, un rééchelonnement avec rallonge des crédits bancaires en cours à partir de 2021 suivant l’instruction 05-2020 de la Banque d’Algérie, une amélioration de la trésorerie des PME par l’octroi de crédits d’exploitation garantis par l’État à hauteur de 3 mois de chiffre d’affaires. Il faut dire que les PME n’ont, selon lui, pas eu la chance de tourner à plein régime car elles ont été privées de leur marché naturel qu’est l’Algérie.

De plus, la politique fiscale du pays a poussé beaucoup d’opérateurs à travailler dans le marché parallèle. “Au lieu d’augmenter la pression fiscale sur ceux qui payent, il est urgent d’élargir cette assiette et implémenter un cadre plus souple, un flat-tax ou taxe unique (10%) qui inciterait les entreprises du secteur informel à adhérer à la démarche”, affirme Adel Bensaci qui insiste pour ne pas confondre politique sociale de l’État et soutien aux entreprises.

Le développement de la PME constitue l’un des grands axes de la stratégie industrielle du gouvernement fondée sur une politique de substitution à l’importation et un développement d’une production à haute intensité technologique. Or, force est de constater que cet objectif tant recherché par les différents Exécutifs qui se sont succédé des décennies durant n’a jamais été atteint… Les expériences précédentes n’ont pas abouti, reconnaît le président du CNCDPME. Il était aussi plus facile d’importer puisque l’argent coulait à flots et s’installer dans un système rentier.

Certains pensent que l’on risque de se retrouver dans la même situation que dans les années 90, avec l’injonction du FMI… Pour les opérateurs économiques de l’époque, ce fut une aubaine car les usines tournaient à plein régime du fait que l’on devait produire le maximum localement. “Imaginez ce que cela pourrait être maintenant avec les outils de production dont disposent nos PME qui sont x fois plus nombreuses et qui n’attendent qu’une orientation et un accompagnement (financier et une mise à niveau) pour relever le défi du made in Algeria”, explique M. Bensaci.

Pour que les PME investissent davantage le secteur de l’industrie et assurent une meilleure densité à travers tout le territoire national, il faut, suggère notre interlocuteur, une “réorganisation par filières est une bonne approche. Ensuite, il faut revoir le cadre législatif d’accès aux marchés de secteurs stratégiques tels que l’énergie, les hydrocarbures qui sont les plus gros donneurs d’ordre pour qu’ils consomment enfin en local et servent de locomotive pour la création de PME spécialisées de différentes spécialités”.

Cela permettra, avoue-t-il, l’émergence de champions nationaux à encourager à l’export pour qu’ils atteignent une taille critique et rejoignent les chaînes de valeur internationales. D’où l’impératif de définir une stratégie de développement claire, afin d’avoir une meilleure visibilité et de cibler et développer les secteurs à fort potentiel. 
 

Badreddine KHRIS

 

 


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