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Nazim Zouiouèche, ancien P-DG de Sonatrach

“Les populations du Sud sont marginalisées”

Contacté par Liberté, Nazim Zouiouèche, l’ancien P-DG de Sonatrach, estime que la contestation à In-Salah est le fruit de l’absence d’un effort d’explication de Sonatrach et du ministère de l’Énergie sur l’exploitation du gaz de schiste, en direction des populations du Sud. “On aurait dû organiser le récent séminaire de Sonatrach sur le gaz de schiste à In-Salah et non pas à Oran”, a ajouté ce spécialiste pétrolier qui a une longue expérience dans l’activité hydrocarbures au sud du pays.
Sonatrach aurait dû discuter avec la population d’In-Salah avant de forer le puits de gaz de schiste dans cette région.
Au demeurant, l’ébullition sociale à In-Salah qui s’est étendue à Tamanrasset n’est pas propre à cette ville. “Elle s’est déjà produite notamment  à Ouargla, Laghouat et Ghardaïa. Elle est le résultat de la précarité de la situation de ces populations, de la marginalisation du sud du pays. Les populations du Sud ont été pendant longtemps marginalisées. Elles sont toujours marginalisées”, a-t-il ajouté.

“Pourquoi n’a-t-on pas installé
le siège de Sonatrach au sud
du pays ?”
La paupérisation, le chômage des jeunes, l’isolement sont le lot de ces populations, en particulier celles qui sont à proximité des gisements de gaz et de pétrole qu’exploite Sonatrach. En somme, on se trouve devant des îlots de richesses dans un océan de misère. En tout cas, ces richesses ne profitent pas suffisamment aux régions du Sud. On est là en plein dans un risque de division du pays.
Ce qui fait dire à Nazim Zouiouèche : “Le Sud doit être vu comme le Nord, le Sud, c’est le Nord, c’est l’Algérie.” Pour briser cette marginalisation du Sud  imposée depuis des décennies par le pouvoir central, l’ancien responsable de Sonatrach suggère des solutions. “On aurait dû fixer le siège de Sonatrach au sud du pays, par exemple à Touggourt ou Ouargla. Cela aurait servi d’exemple. D’autres sociétés vont imiter Sonatrach. Cela va créer de l’activité : des hôtels, des restaurants, des hôpitaux. On aurait pu également créer une université des hydrocarbures au sud du pays. L’IAP de Boumerdès aurait dû être implanté au Sud pour former les jeunes de la région aux métiers du pétrole (ingénieurs, techniciens dans le forage, la maintenance des équipements, le réservoir engineering). Enfin, les actions sociales par Sonatrach et les compagnies étrangères présentes au Sud en direction des populations du Sud proches des gisements (dons de panneaux solaires, équipements pour les hôpitaux, adduction d’eau à In-Salah), c’est de la cosmétique”, souligne-t-il.
Sonatrach, l’État, aurait dû faire davantage en direction de ces populations.

K. R.


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