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Actualité Jeudi, 02 Mai 2013 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Quelle sera sa place dans la prochaine constitution ?

Liberté de la presse : le chemin de croix

Par : Karim Kebir

À la précarité sociale des journalistes s’ajoutent les problèmes de professionnalisme et des problèmes structurels des entreprises de presse, notamment en matière de management et de leurs relations avec les pouvoirs politiques et financiers.

C’est l’un des paradoxes algériens qui intriguent même les Occidentaux : alors que la vie politique est verrouillée, les droits de l’Homme malmenés au quotidien, les manifestations publiques interdites, la presse, en revanche, jouit d’une relative liberté de ton que semblent nous envier même certains pays arabes. S’agit-il alors d’une simple concession des autorités pour lesquelles elle constitue un faire-valoir devant l’opinion internationale ? Ou parce que son influence dans la société est circonscrite ?
Pourtant, en interne, le constat est unanime : à la veille de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse et à la veille de la révision constitutionnelle, la presse algérienne ne s’est jamais portée aussi mal. À la précarité sociale des journalistes (salaires dérisoires, absence de couverture sociale pour certains, problèmes de logement, etc.), s’ajoutent les problèmes de professionnalisme et des problèmes structurels des entreprises de presse, notamment en matière de management et de leurs relations avec les pouvoirs politiques et financiers.
Autre contrainte et non des moindres : le carcan juridique. Alors que la liberté d’expression et d’opinion — qui va de pair avec la liberté d’information et plus spécifiquement la liberté de la presse — est garantie par la Constitution (articles 41 et 36) et par l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’Homme, celle-ci est paradoxalement remise en cause par certaines dispositions contenues dans la loi organique sur l’information de janvier 2012. Même si l’article 83, à titre d’exemple, somme “toutes les instances, les administrations et les institutions à fournir au journaliste toutes les informations et les données qu’il demande de manière à garantir au citoyen le droit à l’information dans le cadre de la loi organique et de la législation en vigueur”, l’article suivant (84) dresse des balises qui, de l’avis des juristes et des professionnels et même des politiques, ouvrent la voie aux restrictions et même à l’arbitraire.
En effet, il est stipulé explicitement que “le droit d’accès aux sources d’information est reconnu au journaliste professionnel, excepté lorsque l’information concerne le secret de défense nationale tel que défini par la législation en vigueur, l’information porte atteinte à la sûreté de l’État et/ou à la souveraineté nationale de façon manifeste, l’information porte sur le secret de l’enquête et de l’instruction judiciaire, l’information concerne le secret économique stratégique, l’information est de nature à porter atteinte à la politique étrangère et aux intérêts économiques du pays”. Ainsi, les institutions et, de façon générale, les autorités ont toute latitude de refuser de donner l’information sous prétexte qu’elle touche à l’un des cas cités ci-dessus.
Et si l’on ajoute le maintien du monopole sur la publicité, le diktat des annonceurs, les tergiversations autour de l’ouverture de l’audiovisuel, le cahier des charges dissuasif imposé aux postulants ou encore les structures de régularisation qui apparaissent comme des satellites de l’administration, autant dire que le chemin est encore long pour une liberté de la presse effective, dans son acception universellement admis. La future Constitution saura-t-elle lever les hypothèques ?
Il est sans doute trop tôt de se prononcer. Mais une chose demeure certaine : la liberté d’expression et son corollaire la liberté de la presse est une donnée démocratique qui ne peut s’accommoder que d’une démocratisation générale de la vie nationale.


K K

 

Commentaires 

 
#1 Méditerranéen 02-05-2013 19:39
Merci à tous les journalistes pour le travail que vous faites, votre labeur est reconnue en dehors de nos frontières y compris par les pays démocratiques et sans vous, nous serions une république salafiste et oublier des autres nations bien que vous le payez chèrement parfois de votre vie. Je m'incline devant vous pour tous ce que vous nous apporter.
Je souhaite une vie éternelle à notre presse écrite, radiophonique et audiovisuelle bien qu'elle n'existe pas encore. Bon courage et merci infiniment et je sais que ce que vous vivez est malheureusement à l'image du pays.
 
DIlem
DILEM DU 23 OCTOBRE  2014
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