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Ahmed Naït-El-Hocine, président du centre national de prévention de la sécurité routière

“L’informatisation rendra la coercition efficace”


Ahmed Naït-El-Hocine est président du Centre national de prévention de la sécurité routière. Depuis quelques semaines, il gère, par intérim, la Délégation nationale à la sécurité routière, rattachée au ministère de l’Intérieur. 

Liberté : Plusieurs accidents spectaculaires se sont produits ces derniers temps. Comment expliquez-vous cela ?

Ahmed Naït-El-Hocine : Les chiffres concernant les accidents de la circulation durant le mois de janvier ne sont pas encore consolidés. Mais il est vrai que c’est un mois exceptionnel. L’opinion publique réagit souvent sous le choc, sous l’effet de l’émotion.

Pourtant, selon les chiffres que nous enregistrons chaque année auprès des services de police et de gendarmerie, la tendance est heureusement à la baisse. Nous sommes, en effet, loin des 4 600 morts de 2015. L’année 2018 a été une étape charnière ; c’est la première fois que le nombre de décès repart à la baisse depuis 23 ans. Nous sommes descendus sous le chiffre de 1995, année durant laquelle, le nombre de véhicules était largement inférieur à celui de 2018. Mais cela ne doit pas nous faire oublier que les efforts doivent être soutenus.

Le travail doit se poursuivre pour réduire encore le nombre de morts et de blessés. Car, outre les dommages corporels, ces accidents coûtent au moins 100 milliards de dinars à la collectivité, selon une étude effectuée par le laboratoire des accidents de la route de l’Université de Batna. C’est un effort collectif qui doit être fait.

Nous constatons une grande implication des poids lourds dans les accidents. Des lois ont pourtant été prises pour limiter cela. Pourquoi cela continue-t-il ?

Selon les chiffres dont nous disposons, les poids lourds ne sont impliqués que dans 7,54% des accidents. Mais il est vrai qu’ils provoquent plus de victimes. Cela dit, les causes de ces accidents sont les mêmes partout. En premier lieu, on trouve l’excès de vitesse et la baisse de la vigilance des conducteurs.

Là aussi, nous pouvons faire des efforts. La seule solution est l’installation des chronotaquigraphes dans les bus et les camions. Cela nécessite la promulgation des textes d’application à la nouvelle loi sur la sécurité routière adoptée récemment. En revanche, il y a un indicateur qui ne baisse pas : les motocycles. Les accidents qu’ils provoquent est en constante progression. 

Pourquoi ?

Je pense qu’il y a plusieurs raisons à cela. Il y a d’abord le développement constant du parc national des deux-roues. C’est devenu un véritable phénomène à cause, notamment, de la densité de la circulation automobile et des prix plus moins abordables de ces engins. À côté de cela, Il y a une faiblesse des mesures coercitives contre le comportement de certains de ces conducteurs des deux-roues. Les amendes imposées et les peines encourues par les contrevenants ne sont pas dissuasives. Il faut changer les lois.

Plus globalement, les amendes, le retrait de permis et les campagnes de sensibilisation que vous menez ne parviennent pas à créer le déclic pour baisser le nombre de morts et de blessés sur nos routes. Que faut-il faire de plus ?

La création de la délégation nationale à la sécurité routière et la mise en place d’un comité intersectoriel chargé de gérer directement le phénomène est un début de réponse à la problématique. Cela permettra de centraliser la décision et de permettre un suivi rigoureux sur le terrain. En plus de cela, il faut informatiser tous les services entrant dans le cadre de la répression des contrevenants pour rendre la coercition efficace.

 

 

 

 

 

Entretien réalisé par : A. boukhlef



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