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Actualité Dimanche, 23 Septembre 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

La commission nationale des œuvres sociales du secteur de l’éducation accuse et menace

“Nous ferons face au blocage délibéré de notre mission !”

Par : Malika Ben

Accusant des “parties occultes” qu’elle finira par nommer : tutelle et UGTA, la Commission nationale des œuvres sociales de l’éducation menace de durcir le ton pour mettre fin aux tergiversations et autres lenteurs visant l’entrave de ses activités.

Les travailleurs de l’éducation nationale ne sont décidément pas près de profiter des sommes faramineuses des œuvres sociales du secteur. Et pour cause ! La bataille autour de ce dossier délicat, qui a constitué le cheval de bataille de nombreux syndicats, n’est toujours pas finie. Après le long combat autour de la gestion des œuvres sociales, les travailleurs devront faire face désormais à un autre combat aussi rude que le premier. Il s’agit de celui de lever toutes les contraintes qui entravent le lancement des activités de la Commission nationale et des commissions de wilaya.
Il faut savoir que, pour l’heure, ces différentes structures “sont bloquées” et n’arrivent toujours pas à lancer officiellement leurs activités. Installés le 20 mai dernier, les membres de la Commission nationale n’ont pas encore commencé à activer officiellement pour diverses raisons, entre autres “entraves délibérées et voulues”. C’est, du moins, la précision de taille que le président de la CN a tenu à dévoiler lors d’un point de presse au siège de la structure “sans eau et sans électricité pour non-paiement de factures”.
Selon Abderrahmane Belmecheri, “des parties occultes bloquent délibérément les activités de la Commission nationale des œuvres sociales pour faire avorter le projet démocratique du président de la République”. Pointés du doigt par d’autres syndicats en raison de la lenteur dans leurs activités, les membres de la commission ont décidé de briser leur silence et “d’apporter des précisions via la presse”.
Au début de sa première rencontre avec la presse, le président de la CN a hésité à nommer clairement les choses et désigner par leur nom les “mains ou parties occultes qui bloquent” les œuvres sociales de l’éducation. Mais il a fini par confirmer si besoin est que c’est “le ministère de l’Éducation et l’UGTA” dont dépend la Fédération nationale des travailleurs de l’éducation nationale qui avait la mainmise des années durant sur les œuvres sociales, qui en sont derrière. “Sinon, comment expliquer le fait qu’avant, quand les membres de la commission étaient désignés, les passations se faisaient en à peine une semaine. C’est ce que nous attendons depuis cinq mois, alors que notre mandat est de trois ans uniquement”, soutient Belmecheri.
Et d’expliquer que les procédures permettant à la CN d’activer n’ont pas été finalisées en raison de la lenteur dans la mise en place de la structure de gestion centrale qui est en fait le vecteur principal de la commission. Les membres de cette structure : ordonnateur et exécuteur doivent être désignés par la tutelle. “C’est cette structure qui débloque l’argent nécessaire au financement de projets ou prestation sur la base de PV de délibération signés par la CN.” Sans cette structure, la commission ne peut rien faire car ne pouvant pas toucher aux fonds.
Pis, les commissions de wilaya sont bloquées à cause d’absence de sièges ou de décisions du wali. “Le blocage est total, même les membres élus n’ont toujours pas eu droit à leur détachement officiel et peuvent être considérés absents au sein de leur établissement.” Haussant le ton, le président de la commission avertit que cette rencontre avec la presse n’est que le premier pas dans le combat qui sera mené pour faire bouger les choses. “Si rien n’est fait par la tutelle qui a été interpellée pour une demande d’audience restée sans réponse à ce jour, nous allons durcir le ton.” Un appel est d’ailleurs lancé aux travailleurs du secteur et aux partenaires sociaux pour la mobilisation et le soutien.

Une commission gouvernementale pour examiner le passif
Le président de la CN se réjouira de n’avoir pas été contraint de “s’occuper du passif”. C’est-à-dire du bilan de gestion du syndicat UGTA qui avait la mainmise sur les œuvres sociales. “C’est une commission du gouvernement qui sera chargée de recenser et de faire l’inventaire de tous les biens et fonds des œuvres. Elle établira un rapport détaillé au bout de six mois.” Mais là, encore, c’est le blocage total ! La commission tarde à voir le jour ! “Nous comptons prendre des décisions par rapport au passif à la réception du rapport de cette commission gouvernementale.”  

Polémique autour du montant des fonds !
Selon Belmecheri, en dépit de la décision du gel des œuvres sociales de l’éducation prise en juin 2010, “certaines commissions ont poursuivi leurs activités et dépensé de l’argent des fonds des œuvres sociales jusqu’au 31 décembre 2010”. Il révélera que le chiffre de 2 000 milliards de centimes avancé n’est pas réel. “Nous ne connaissons pas le montant exact, mais nous savons qu’en 2010, le montant des œuvres était de plus de 661 milliards de centimes, dont 80% ont été dépensés. Et en 2011, il s’élevait à plus de 693 milliards de centimes.”


M B

 
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