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A la une / Actualité

Fonds d’aide à la presse

Quelles sont les motivations d’Ouyahia ?

©D. R.

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, multiplie les clins d’œil à l’endroit de la presse. Il a promis l’installation de l’instance de régulation, sans délai et incidemment a surpris tout le monde en déterrant le dossier du fonds d’aide à la presse. Une annonce qui laisse la porte ouverte à des questions sur l’opportunité de venir en aide à la presse qui est en crise depuis des années alors que le fonds alimenté a été mis sous le coude depuis plus d’une décennie. Et cet organe de contrôle qu’aucun ministre de la Communication n’a réussi à installer.
Formellement, Ahmed Ouyahia n’a fait que mettre en pratique l’appel du président de la République à “un effort de communication” pour expliquer le plan de sortie de crise. Un effort qui doit, sans aucun doute, passer par l’astreinte du gouvernement à lâcher du lest. Sans pour autant renoncer à sa politique étouffoir comme le démontrent ces journaux qui s’éteignent dans une terrible  indifférence. Parce qu’aussi, Ahmed Ouyahia, tout comme ses prédécesseurs, évite, par le subterfuge du fonds d’aide, de répondre à la vraie préoccupation de la presse ; outre les organes d’arbitrage, la loi sur la publicité afin d’éclaircir le rôle de l’Anep et mettre fin au chantage à la publicité qu’exercent les pouvoirs publics sur certains titres. Et tout porte à croire qu’il ne lâchera pas ce levier avec lequel il exerce un contrôle “illégal” sur la presse. Des titres aux tirages insignifiants, mais dociles, sont régulièrement arrosés avec de la publicité publique alors que les grands tirages, pour un soupçon de critique, sont catalogués “adversaires”. Et c’est là que l’argument économique, ce pragmatisme cher à Ouyahia, vole en éclats.
Par ailleurs, Ahmed Ouyahia s’est contenté de faire l’annonce sans en donner le moindre détail sur le financement de ce fonds et le mode de distribution de l’aide. Est-ce l’ancien fonds qui va être ressuscité ? S’il s’agit d’un nouveau fonds, avec quoi sera-t-il financé, en ces temps d’austérité ? Servira-t-il à éponger les dettes faramineuses de certains titres ? Sur quels critères se basera-t-on pour déterminer les titres éligibles à cette aide ? Autant de questions auxquelles le Premier ministre n’avait pas répondu dans son discours qui était plus proche d’un épanchement à l’égard de la presse qu’il a louée. Est-il ainsi allé jusqu’à solliciter son aide en cette période difficile. ? Le doute quant à ses véritables intentions est donc permis.
Parce que le pouvoir nous a habitués au lancement de nouveaux titres de presse à l’approche des grandes échéances électorales polluant ainsi la scène médiatique contre des encarts publicitaires “délivrés” par l’Anep. La recette s’est avérée contre-productive. Et avec la crise qui s’est bien installée, le gouvernement ne peut pas se permettre de rééditer sa coûteuse recette, qui en termes de crédibilité n’apporte rien. Il a alors opté pour la reprise du fonds d’aide que les journaux ne vont évidemment pas refuser. La contre-partie est facile à deviner même si Ouyahia l’a bien emballée dans cet appel à aider son gouvernement dans sa délicate mission. Pas seulement. Il y a les deux prochaines échéances électorales, les élections locales du 23 novembre prochain dont la préparation a montré le poids de l’argent, et la présidentielle de 2019, devenue une équation à plusieurs inconnues.
Et la presse qui a toujours été impliquée dans ces joutes, devrait, suivant cette optique, se contenter cette fois du rôle “d’accompagnateur”, si l’invitation d’Ouyahia n’est pas carrément à s’aligner sur les options du pouvoir. Autrement dit, se positionner derrière le candidat qu’il a choisi.

Djilali B.


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