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Révision de la Constitution : les silences et les contradictions de Saâdani

Depuis qu’il a annoncé, fin octobre 2013, et avant tout le monde, la candidature de Bouteflika pour un 4e mandat, les observateurs ont appris à accorder davantage de crédit au secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Amar Saâdani. Et surtout à lire entre les lignes de tout ce qu’il dit, on ne peut que reconnaître que, par la force des choses, il a fini par s’imposer comme porte-voix — caisse de résonance, diront ses détracteurs — du clan présidentiel, pour reprendre la formule de Chakib Khelil. Mardi, au siège de l’Assemblée nationale, à l’occasion d’une réunion des députés FLN pour désigner les représentants du parti aux structures de l’APN, Amar Saâdani s’est, à nouveau, laissé aller à quelques prédictions. Sûr de lui, l’ancien président de l’APN a assuré que la nouvelle Constitution, encore en gestation, ne sera pas soumise à référendum populaire. “La nouvelle Constitution sera adoptée par voie parlementaire et non pas par référendum. C’est une revendication du FLN et elle sera satisfaite comme ce fut le cas auparavant pour les autres revendications du parti”, a-t-il lancé. Sauf celle ayant trait à la chefferie du gouvernement mais qui n’a pas trouvé une attention particulière auprès du Président qui a préféré renouveler sa confiance à Abdelmalek Sellal, un technocrate sans attache partisane. Mais globalement, l’enfant d’El-Oued a toujours tapé dans le mille, en effet. Porté, peut-être, par l’euphorie de la victoire sur son adversaire au sein du parti, Abdelaziz Belkhadem qui s’est fait débarquer de la Présidence, le patron du FLN a livré quelques détails  sur le contenu de la future Constitution que veut se donner Bouteflika. “La prochaine révision de la Constitution introduira un nouveau style dans la gestion des affaires de l’État”, a-t-il dit. Se faisant plus explicite, M. Saâdani a ajouté que “la prochaine Constitution connaîtra des amendements importants. Certaines prérogatives du président de la République seront cédées au gouvernement, au Parlement et à l’opposition”. Comment l’opposition qui, dans sa majorité, a boudé les consultations d’Ouyahia autour de la révision constitutionnelle, pourra-t-elle hériter d’une parcelle, aussi infime soit-elle, du pouvoir du chef de l’État ? M. Saâdani ne le dit pas.
Il s’est aussi tu volontairement sur un grand nombre de questions qui, de l’avis de beaucoup,  ont gagné l’assentiment des convives du directeur de cabinet de Bouteflika, comme le rétablissement du verrou constitutionnel limitant à deux les mandats présidentiels, le statut de langue officielle pour tamazight, le rétablissement de la fonction de chef du gouvernement  ou encore le régime dit semi-présidentiel. Autre point éludé par Amar Saâdani : le lancement d’un nouveau round de dialogue autour de la nouvelle Constitution, comme l’a laissé entendre le président de l’APN, dans l’espoir de faire revenir la CNLTD et ses partenaires à de meilleurs sentiments.  Au-delà de ses confidences et de ses omissions, le patron du plus vieux parti du pays ne s’est pas empêché de tomber dans la contradiction. Comment une Constitution qui prévoit des amendements aussi profonds à même de toucher aux équilibres des pouvoirs ne serait-elle pas soumise à référendum comme exigé par certaines dispositions de la loi fondamentale en vigueur ? S’il est prêt à commettre une pareille entorse, au risque d’entacher la légitimité de l’opération, c’est que le pouvoir a une bonne “raison” de le faire : il ne peut pas aller à un référendum populaire qui, à l’évidence, sera massivement boycotté, la quasi-totalité de l’opposition ayant refusé de prendre part aux discussions autour de la révision de la Constitution.