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Sécurité alimentaire : qui veut créer la tension sociale ?

Les gendarmes-enquêteurs soupçonnent un important réseau national, d’autant que la quantité saisie relève d’un crime, voire d’une affaire d’État, aux graves répercussions sociales. C'est-à-dire la pénurie. Pire, l’émeute.

C’est une première en Algérie : près de 800 tonnes de blé tendre et d’aliments pour bétail et autres produits destinés à la transformation ont été saisis par les gendarmes relevant du groupement de M’sila. Détournées à partir des silos et des moulins, ces quantités astronomiques ont fait l’objet de fausses factures, de fausses déclarations fiscales et de faux documents d’acheminement par des individus qui travaillent, sans doute, pour des lobbies occultes.
D’où viennent ces quantités de blé et d’aliments ? Où seront-elles acheminées par ces conducteurs indélicats ? Et qui a intérêt à détourner un produit chèrement payé par l’État algérien, de surcroît subventionné par le Trésor public ? Mais aussi, quelle est l’incidence financière et quelles sont les répercussions sociales que pourraient générer un trafic qui touche un produit stratégique et de première nécessité ? Autant de questions que posent actuellement les enquêteurs et que se pose le commun des mortels. Lors d’un point de presse, Mohamed Boussaïd, le patron de la GN de M’sila, a révélé que le wali a été saisi de cette affaire. Mieux, le comité de sécurité se réunira dimanche prochain et associera tous les acteurs qui interviennent dans ce secteur, à savoir le wali, les services de sécurité et les gros producteurs nationaux pour prendre des mesures d’urgence pour que de pareilles pratiques ne se reproduisent plus. En parallèle, les enquêteurs se penchent sur l’identification des fournisseurs de cette matière première destinée à la transformation et de grande consommation. Relevant d’un crime économique qualifié, M. Boussaïd a précisé que ces produits étaient vendus au marché noir à double prix par ces trafiquants.

Les lobbies voulaient perturber  les éleveurs

Le conférencier fera savoir que 56 affaires similaires ont été séparément traitées à ce sujet. Ce qui fait douter davantage les gendarmes-enquêteurs sur l’existence d’un important réseau national. Et pour cause, cette affaire vient se greffer aux récentes saisies de farine, de blé, de semoules, de pâtes alimentaires dans plusieurs wilayas du pays. Et si le trafic de blé tendre vise essentiellement à créer une tension sociale, voire l’émeute, il est évident que le détournement d’aliments dérivés va également créer une menace sur le prix des viandes blanches. Cet acte prémédité influera sans doute sur les éleveurs. Ainsi, et malgré les dispositions prises par le gouvernement de Sellal à rendre disponible les produits de première nécessité, des lobbies s’affairent à détourner ces quantités de blé et d’aliments au grand dam de la stabilité de la région et des populations. Le conférencier n’en dira pas plus à ce sujet, certes, mais une chose est sûre, des têtes vont tomber. Car, ce lourd dossier intervient également au moment où l’État cède des concessions sur les moulins et la transformation au niveau des Eriad. Constituant un couloir important de transit entre les wilayas du Centre, du Sud et des Hauts-Plateaux, M’sila connaît une intense activité de contrebande ces dernières années. Notamment après que les GGF eurent resserré l’étau au niveau des frontières terrestres. Adaptant leur mode opératoire, les gendarmes de M’sila ont multiplié les points de contrôle. Ainsi, révèlera M. Boussaïd, pas moins de 139 326 pétards, 10 980 litres de mazout, 100 bombes lacrymogènes, 3 312 cartouches de cigarettes ont été saisies en un temps record. Pour le moment, 30 individus ont été interpellés, alors que la valeur marchande des saisies n’est pas encore évaluée. Idem pour le trafic de cheptel, avec la saisie de 2 489 têtes. Ce qui constitue également une menace sur la sécurité alimentaire dans la région, mais aussi dans les wilayas limitrophes. D’ailleurs, au chapitre de la police économique, le conférencier a indiqué que 1 658 dossiers ont été instruits, ce qui équivaut 3,5 milliards de marchandise convoyée sans documents administratifs. Entre autres il citera le trafic de sable à partir des oueds, avec en sus la saisie de 366 tonnes de sable, de 28 camions et l’arrestation de 42 individus. Mais le danger est là, la nappe phréatique a pris un sérieux coup.

10 000 moutons marocains  s’invitent en Algérie !
M’sila, c’est aussi le recel du cheptel acheminé à partir de l’ouest du pays. Ainsi, après l’interception d’un camion qui transportait 116 moutons malades, les gendarmes-enquêteurs ont découvert que ce bétail provenait du Maroc. À la suite de quoi, des mesures ont été prises par les GGF de Tlemcen et de Maghnia. En moins de 45 jours avant la fête de l’Aïd, plus de 10 000 moutons ont été saisis sur la bande frontalière. Le mode opératoire étant le même, les éleveurs de l’Est marocain largue les bêtes en nocturne, avant que les contrebandiers ne les glanent en petites quantités. Selon le lieutenant-colonel Abdelhamid Keroud, chargé de communication à la GN, “ces moutons sont atteints de graves maladies, d’autant que des tâches noirâtres ont été décelées au niveau de la nuque de ces bêtes. Il s’agit, selon nos renseignements, de tâches dénommées sounia, c'est-à-dire de race marocaine. Mieux, nous avons eu la confirmation par les médecins vétérinaires que ces moutons ne sont même pas vaccinés et sont de mauvaise qualité”. Développant le sujet, il révélera aussi que ces agneaux sont cédés entre 5 000 et 8 000 DA dans certains marchés des Hauts-Plateaux. Constituant un danger pour la santé publique, ce bétail fera l’objet d’abattage. Autrement dit, tout est fait pour déstabiliser le marché, que ce soit de l’intérieur ou de l’extérieur. Signalons, enfin, que M. Boussaïd se réjouit de la stabilité du climat sécuritaire à M’sila, notamment avec le renforcement des dispositifs et la réception prochaine d’une unité spéciale (SSI) à Magra.


F. B.