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SNC-Lavalin sur la liste noire de Sonelgaz

Aucun contrat ne sera désormais conclu avec cette entreprise tant que les résultats de l’enquête en cours ne sont pas connus.

Sonelgaz a décidé de suspendre ses relations d’affaires avec SNC-Lavalin. La Société nationale de l’électricité et du gaz vient de mettre la firme canadienne sur la black-list pour ses prochains projets de partenariat. Aucun contrat ne sera paraphé avec cette entreprise jusqu’à l’annonce des résultats de l’enquête de la justice. Cette décision est prise suite aux révélations de scandales de corruption dont est soupçonnée la société québécoise dans l’obtention de ses marchés en Algérie.
Le plus édifiant est la réalisation de la centrale de Hadjret Enouss à Tipasa. La presse avait publié, faut-il le rappeler, que l’octroi du projet n’avait pas respecté le code des marchés publics. Manquements qui ont coûté cher au Trésor public, retard dans la réalisation et autres largesses dans la gestion du projet… sont entre autres irrégularités reprochées au constructeur canadien. Suite à ces révélations, des enquêtes ont été aussitôt menées au sein de la filiale Algérie du géant de l’ingénierie. La mesure de suspension à laquelle a recouru Sonelgaz est prise, explique son P-DG, Nordine Bouterfa, “par précaution seulement car nous n’avons signé aucun contrat avec cette multinationale”. Pour lui, le marché est passé avec la société Kahraba Hadjret Enouss (SKH) et non pas le groupe qu’il préside. L’entreprise canadienne a été destinataire d’un courrier de la part de la direction de Sonelgaz dans le but de vérifier la véracité des informations révélées à propos de ce scandale. L’entreprise nationale voulait surtout rechercher si un intermédiaire est intervenu dans cette affaire. M. Bouterfa a obtenu une réponse négative concernant cette intermédiation sans toutefois donner plus de détails à ce sujet. La compagnie publique se défend ainsi contre tout soupçon de corruption et s’en lave les mains quant à ces accusations.
Cela étant, cette affaire n’a apparemment guère perturbé le groupe pour le maintien de ses projets et la poursuite de ses activités afin de répondre à une demande de plus en plus importante en énergie. En prévision de l’été, période des pics de consommation électrique par excellence, l’entreprise a préparé de ce fait un plan d’urgence. Elle va injecter des puissances additionnelles allant jusqu’à 2 800 mégawatts (MW) pour le nord du pays, opérationnelles durant le mois en cours et se poursuivront jusqu’au début juillet prochain. Les quatre sociétés de distribution (SD) relevant du groupe vont également s’appuyer, pour cette opération, sur l’offre qui émanera de la réhabilitation et de l’entretien de quelque 160 ouvrages entre cabines et postes électriques qui apporteront une puissance supplémentaire évaluée à près de 800 MW.

Des créances estimées à 41 milliards de dinars
“Durant cet été, la capacité de production additionnelle et celle à récupérer s’élèvent à environ 3 062 MW dont 2 800 MW pour le réseau interconnecté Nord et près de 262 MW au profit des réseaux isolés du Sud et le pôle In Salah-Adrar-Timimoun”, indique M. Bouterfa, lors d’une conférence de presse, qu’il a animée hier à l’issue de la présentation des bilans d’activité et comptes sociaux des sociétés du groupe.
Toutefois, nuance-t-il, l’on ne peut pas dire que le pays sera à l’abri d’incidents, de coupures, baisse de tension et autres perturbations qui surgiraient durant la période estivale où des pics de consommation atteignent des niveaux exceptionnels. En ce qui concerne les réseaux de distribution, les SD comptent réaliser près de 7 000 nouveaux postes de distribution publique ainsi que 7 878 km de lignes moyenne et basse tensions. Ce programme devra couvrir en principe la quasi-totalité des communes et notamment les cités urbaines et régions ayant enregistré des problèmes de baisse de tension et des coupures d’électricité durant l’été 2012. Par ailleurs, la situation financière et comptable de l'entreprise n’a pas connu une amélioration.
Le résultat net consolidé de 2012 est déficitaire de 8,8 milliards de DA. Le dernier exercice a été clôturé avec un déficit de trésorerie de 79 milliards de DA. Pour le financement du programme d’investissement réalisé en 2012, les ressources mobilisées, qui ont atteint 143 milliards de DA, se composaient, indique M. Bouterfa, de l’endettement à long terme à hauteur de 136 milliards de DA et des participations des clients estimées à 7 milliards de DA.
Le chiffre d'affaires global du groupe a progressé de 43 milliards de DA par rapport a l’exercice 2011, tiré par les sociétés métiers de base (production et distribution) dont les revenus ont augmenté de 35 milliards de DA. Ceci s’explique par la hausse du nombre de clients électricité de 326 377 dont
324 618 clients basse tension. Pour ce qui est de la clientèle alimentée en gaz, elle a, elle aussi, crû en 2012 de 322 416 clients, soit une hausse de 28,7% par rapport à 2011.  Quant à la lancinante question des créances, elles ont atteint à fin 2012  41,2 milliards de DA, en hausse de 3% par rapport à 2011, sans la facturation du Sud qui a avoisiné les 4,4 milliards de DA.


B K